Les candidats en situation de handicap ont autant de potentiel: Interview de Christiane Dethier

Publié : lundi 5 mars 2018

Trouver un emploi est rarement simple. Pour les personnes  qui doivent, en plus, composer avec un handicap, cela ressemble parfois  à un parcours du combattant. Pourtant, intégrer dans ses équipes des collaborateurs souffrant d’un handicap peut également avoir de l’intérêt.  

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Sodexo, l’entreprise spécialisée dans le service, en sait quelque chose. Parmi ses 4.000 travailleurs actifs au sein de l’entreprise en Belgique, l’entreprise compte plusieurs personnes qui souffrent d’un handicap et accueille chaque année des dizaines de stagiaires. Un investissement qui va de soi pour Christiane Dethier, responsable RH chez Sodexo.

Aujourd’hui combien de personnes handicapées travaillent chez vous ?

Nous comptons actuellement 14 personnes en contrat à durée indéterminée qui souffrent d’un handicap physique, mental ou sensoriel. Nous accueillons également plus de 50 stagiaires sur nos sites dans le cadre de conventions de stages en partenariat avec un grand nombre de centres de formations, d’écoles et d’organismes spécialisés comme le Phare à Bruxelles et l’Aviq en Wallonie ou le VDAB en Flandre. Certaines viennent seulement pour quelques jours mais nous avons des collaborations qui s’étendent sur toute l’année scolaire.

Pourquoi engager ce type de profil ?

En réalité, cela coule de source chez nous. Nous avons toujours considéré que les candidats à l’emploi en situation de handicap ont du potentiel comme n’importe quel autre profil et qu’ils représentent souvent une source de talents inexploités. Nous sommes aussi convaincus que la diversité de nos collaborateurs au sein de nos équipes est réellement un avantage. Notre pâtissière au siège de Sodexo est sourde et son intégration a vraiment apporté un plus au sein de l’équipe.

Réalisez-vous des campagnes de recrutement spécifiques pour les personnes handicapées ?

Non, nous n’y avons jamais pensé. Tout simplement car cela n’aurait pas vraiment d’intérêt. Par les contacts que nous avons avec les divers centres de formations et les stagiaires que nous accueillons, il n’est pas nécessaire de faire plus de démarches pour entrer en contact avec eux. Chaque année, ces jeunes sont à la recherche de stages, ils sont intégrés et formés dans et par nos équipes et certains finissent par être engagés. Les professeurs nous demandent également de participer aux jurys de fin d’année. Au fil du temps, nous sommes devenus de réels partenaires.

Les personnes handicapées ont-elles des qualités spécifiques qui vous intéressent ?

Oui, notamment la reconnaissance et l’engagement une fois qu’ils sont recrutés. Certains nous ont déjà fait part du parcours du combattant par lequel ils sont passés avant de décrocher un travail. Ils sont donc très motivés. Mais pour le reste, tout recrutement démarre par la description d’une fonction et la description d’un profil. Nous serons toujours attentifs à recruter « la bonne personne, à la bonne place », qu’elle soit porteuse d’un handicap ou pas. Et chaque candidat arrive avec ses qualités personnelles.

Certaines craintes subsistent chez une partie des employeurs comme la peur d’un absentéisme plus important. Est-ce une réalité ?

Nous avons dû, pour certains cas, prévoir un horaire aménagé pour des travailleurs ayant besoin de soins réguliers ou qui devaient s’occuper de leurs enfants souffrant du même handicap qu’eux. Mais c’est une adaptation mise en place dès le début et qui ne pose donc pas de problème. De manière générale, on ne constate d’ailleurs pas de différence avec les autres collaborateurs.

Quels autres aménagements avez-vous dû mettre en place ?

Ils se font évidemment au cas par cas et en accord avec les organismes spécialisés comme le Phare, l’Aviq ou le VDAB mais ne sont pas vraiment contraignants. Ce sont souvent des adaptations minimes comme investir dans une caisse enregistreuse plus grande pour une personne malvoyante qui lui permettra ensuite d’effectuer son travail comme n’importe quelle caissière.

Actuellement, la Belgique impose des quotas dans la fonction publique mais pas au niveau privé. Certains de nos voisins ont élargi la mesure au secteur privé. Qu’en pensez-vous ?

Imposer des quotas n’est pas une solution, à mon avis. Par contre, je pense qu’il serait utile de faciliter les collaborations entre les organismes officiels (Phare, Aviq) pour augmenter les engagements. Il y a un manque d’informations des employeurs. Mettre en place des lieux de rencontre pour partager les expériences peut, par exemple, être une piste.

 

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