Les e-jobs prennent le pouvoir

Publié :

Auréolé par le cloud, le Big Data et la cybersécurité, le secteur des nouvelles technologies reprend des couleurs. Le numérique suscite partout de nouveaux besoins. Mais les compétences se métamorphosent à  la vitesse grand V. Quels sont les profils les plus cotés ?

Dans le monde numérique, l'homme ferait presque figure d'intrus. Pourtant, ce sont bien des compétences humaines que s'arrachent les entreprises du secteur. Si l’on peut redouter les effets d’annonces, les déclarations d’embauches pour 2015 se succèdent. Les raisons de cette reprise : les nombreux projets portés par les concepts en vogue que sont le cloud (stockage à  distance des données), le Big Data et la mobilité. Ces pratiques transforment les métiers traditionnels de l'informatique et recomposent les connaissances et les compétences requises.

Premier vecteur de cette transformation, le Big Data. La forte croissance du volume de données disponibles dans le marketing, la finance, mais aussi la génétique, les neurosciences ou la climatologie créent de nouveaux emplois pour les jeunes diplômés formés à  analyser ou à  faire parler les données informatiques. Toutes les entreprises travaillant de près ou de loin avec le web sont à  la recherche de data scientists, c'est-à -dire des spécialistes de l'analyse de données, observe-t-on chez Agoria. Signe des temps : le nombre d'offres pour des postes liés au Big Data a doublé ces six derniers mois. Et ce n'est qu'un début. Le cabinet d'études de marché Gartner estime que le besoin de tels spécialistes atteindra 4,4 millions de personnes dans le monde d'ici à  la fin de l'année et qu'il ne sera couvert qu'à  hauteur de 40 %. Le spectre des métiers liés au Big Data est très large : si un niveau bac +5 permet de travailler dans le secteur tertiaire - gestion clients, marketing, e-commerce -, les Big Data industriels - ceux qui sont utilisés dans l'aéronautique, l'industrie pharmaceutique, etc. - nécessitent un doctorat, car les structures de données à  manipuler sont beaucoup plus complexes. Et pour cela, les entreprises sont prêtes à  payer cher.

Deuxième levier de recrutement : le cloud. Nous allons avoir des besoins grandissants d'ingénieurs et de consultants spécialisés dans les plateformes numériques de stockage, explique Anne Brosens, HR Manager chez Sogeti, qui, en parallèle, continue d'embaucher les métiers du test et de la qualité de logicielle. Parmi les profils les plus prisés : des administrateurs système, des architectes réseaux, des ingénieurs spécialisés en Citrix. Des postes ouverts aux masters issus d’écoles d’ingénieurs ou d’un cursus universitaire à  dominante informatique. Mais les recruteurs mettront surtout l’accent sur l’expérience. Nous cherchons des architectes, des ingénieurs média, des développeurs capables de mettre en place des infrastructures techniques de haut niveau. Mais aussi des consultants en business intelligence avec une vision à  la fois stratégique et technique, confie Lara Beauguerlange, coordinatrice du recrutement chez Altran Benelux. Le fin du fin : des experts qui ont cinq à  dix ans d’expérience pour des postes de managers de projet, ainsi que des spécialistes de certaines technologies très pointues (Python, Java, .NET, Sharepoint ou encore les OS mobiles…).

Enfin, la cybersécurité est devenue un enjeu de première importance pour les entreprises. Pour preuve ? Au niveau mondial, les cyberattaques pourraient engendrer des pertes économiques allant jusqu'à  plus de 2 000 milliards d'euros d'ici 2020 si les entreprises et les gouvernements tardent à  agir, selon un récent rapport publié par McKinsey & Company et le World Economic Forum. Résultat : les entreprises accélèrent leurs stratégies de cyberdéfense. C'est un marché qui est sur la création de postes, approuve un chasseur de têtes spécialisé. Il y a très clairement une pénurie de spécialistes. Dans les grands groupes, ce sont des recrutements de plusieurs dizaines de postes, surtout des ingénieurs. Ensuite, les PME qui gravitent autour, et dont on parle moins malheureusement, recrutent également, sur des postes plus polyvalents. Les intégrateurs et les éditeurs de solutions de sécurité, les consultants en sécurité et en cybercriminalité devraient donc monter en puissance dans les prochains mois.

Rafal Naczyk

100 000 €

C'est le salaire annuel brut d'un data scientist, assorti de stock-options et d'avantages extralégaux. À la fois informaticien et statisticien, le data scientist est l'ingénieur le plus recherché du moment.

900 000

Le nombre de postes à  pouvoir d'ici à  2015 dans le secteur du numérique en Europe. Mais face au manque de profils qualifiés, les entreprises peinent à  recruter.

Une Silicon Valley européenne

Neelie Kroes, la commissaire européenne responsable de l'agenda numérique, a annoncé à  Davos le lancement de Startup Europe, une initiative pour tenter de reproduire en Europe « le bouillonnement de la Silicon Valley ».

 

Retour à la liste