Les emplois du futur à Bruxelles

Bruxelles, une ville d'innovation intelligente ? À travers des clusters spécialisés dans la santé, les technologies vertes, les sciences du vivant, l'alimentation et la mobilité, des dizaines d'entreprises construisent déjà  la ville et la vie des Bruxellois de demain. Cap sur ces pionniers qui recrutent et innovent déjà maintenant.

> L’emploi reprend du poil de la bête à Bruxelles

Une ville intelligente équipée de panneaux solaires, de batteries et de piles à combustible domestiques avec un modèle économique vertueux, des smartphones qui guident nos déplacements, un téléphérique qui permet de franchir le canal, des transports collectifs autonomes, des livraisons de marchandises par des drones, des contrôles médicaux à  distance, une e-administration... À la demande de Bruno de Lille, secrétaire d'État à  la Mobilité et de Bruxelles Mobilité, le bureau Technum et Espaces-Mobilités ont élaboré une vision d'avenir de Bruxelles. En 2040, Bruxelles sera tellement attrayante que les gens ne déménageront pas de la ville vers la campagne, mais de la campagne vers la ville. Une utopie plus grosse que le ventre ? Pas si sûr. En sept ans, la Région bruxelloise a doublé le budget consacré à  la recherche et au développement. Et entend devancer d'autres « cités intelligentes ». Certains pays créent de toutes pièces des villes intelligentes, à  l'image des Émirats arabes unis (Masdar, construite en plein désert, sera achevée à  l'horizon 2025) et de la Corée du Sud (Songdo, quartier d'affaires bâti sur un terrain gagné sur la mer Jaune). Le plus souvent, il s'agit plutôt de rendre les villes « smart » par le biais d’une redéfinition de l'existant. Et à Bruxelles ? Dans un contexte de concurrence acharnée entre les territoires, la ville de demain devra savoir optimiser ses dépenses, se préoccuper de la cohésion sociale, fournir les informations et les services adaptés à  sa population (numérique, sécurité, santé...), proposer un système de transports à  la fois efficace et respectueux de l'environnement... et lier tous ces paramètres les uns avec les autres. Il faut penser les villes comme des métabolismes vivants. Des systèmes arthroveineux d'individus, d'espaces et de flux qu'il faut connecter entre eux, illustre Frédéric Fontaine, DG de Bruxelles Environnement. Mais pour quels emplois ?

> Voir aussi : Des emplois à Bruxelles autour de la "smart mobilité"

Des services pensés en « cycles de vie »

Cela fait plus de dix ans que Bruxelles Environnement rêvait de s’installer dans un immeuble « passif », correspondant à  la volonté régionale d'opter pour la durabilité. Niché en bordure du canal, à  côté de Tour & Taxis, ce nouvel écrin sera l'un des plus grands ensembles de bureaux passifs en Europe, une référence en matière de construction durable. Pour Frédéric Fontaine, il marque aussi l'ancrage d'une nouvelle approche des métiers de l'ex-IBGE. « Dans une journée type, nos agents ont une multitude d'activités. Or, dans la configuration actuelle de notre bureau, ils n'ont le choix qu'entre un poste statique ou une salle de réunion. Cette nouvelle infrastructure permettra d'optimiser les échanges, tout en utilisant rationnellement l'énergie ». Et d'insister : « Nos métiers et nos missions vont évoluer vers davantage de pluridisciplinarité. Nos agents devront interconnecter les compétences environnementales avec l'économie et l'urbanisme. » Pour construire la ville du futur, il faut décloisonnant ces disciplines : il faut que des biologistes s'occupent d'économie. Mais l'immeuble de Bruxelles Environnement n'est que la première structure d'un nouveau quartier durable en pleine ville. Baptisé « Tivoli », il concentrera quatre cent cinquante logements, abritera deux crèches, auxquelles s'ajouteront des commerces, des équipements collectifs, un grand parc de 20 ha et une pépinière d'entreprises. Son nom : Greenbizz. Sa particularité ? Elle accueillera uniquement des startups, spin-off et entreprises spécialisées dans la performance énergétique des bâtiments, l'écoconstruction, et les technologies de l’environnement dont font partie les écoproduits et les matériaux biochimiques. Dès son lancement, Greenbizz devrait générer quelque deux cents emplois, qualifiés ou manufacturiers. Cette infrastructure sera connectée à  une série de réseaux déjà  en activité, comme le cluster Ecobuild, le réseau GreenTech et d’autres à  mettre sur pied, explique Marion Courtois, responsable du service Green Economy chez Bruxelles Environnement. Car dans la foulée de l'Alliance Emploi-Environnement, Bruxelles aimerait se parer d'un véritable Pôle environnement urbain. Cette nouvelle dynamique sectorielle mise en place en Région de Bruxelles-Capitale depuis 2010 est focalisée sur quatre secteurs : la construction durable, le cycle de l'eau, la gestion durable des déchets et l'alimentation durable. Plusieurs projets sont déjà  à  l’œuvre dans le cadre de l'Alliance Emploi-Environnement. « Par exemple, la gestion du réseau hydrographique de surface, le « maillage bleu », présente de nombreuses opportunités pour améliorer la présence de l’eau dans la ville et en favoriser les services écosystémiques », explique Marion Courtois. La Région évolue aussi vers une économie circulaire où les déchets ne sont plus éliminés mais réintégrés comme matières dans les cycles de production. D'ici l’horizon 2020, l’ensemble des actions et politiques en cours devraient générer 10 100 emplois. En attendant, 500 emplois ont déjà  été créés pour l’axe Construction Durable, conclut l'économiste de Bruxelles Environnement.

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