Les entreprises présentes à Talentum Charleroi témoignent de la reprise du bassin carolo

La réputation d’une région se construit au fil d’images qu’elle suscite dans l’imaginaire collectif. Et la réputation du bassin économique carolo est peuplée d’images plutôt négatives. La plus fréquemment évoquée étant celle de la délocalisation des activités de Caterpillar de son site de Gosselies qui a entraîné la suppression de milliers d’emplois. Mais pourtant, si cette image reste accrochée à la réputation de la région, d’autres images tendent à redorer son blason.

L’image qui se dégage du salon Talentum qui se tiendra le 19  octobre au Spiroudôme de Charleroi en fait partie. Ce jour-là, une quinzaine d’entreprises seront présentes pour renforcer leurs équipes et ce afin de porter leur développement économique dans la région. Un développement que les exposants prenant part à ce salon observent au quotidien : « Il y a beaucoup de choses positihates dans le bassin de Charleroi et dans le Hainaut de façon générale, explique Sophie De Coninck, responsable du recrutement pour la Wallonie chez Engie. On l’observe auprès de nos clients, il y a de grosses sociétés qui investissent dans le domaine de la transition énergétique. Au niveau du marché de l’emploi, on sent que ça va dans le bon sens. Il y a une spirale positive qui redémarre alors qu’il y a quelques années, c’était plus difficile. » Un point de vue que partage Sonia Thibaut, directrice de la communication d’Alstom pour le Benelux : « Alstom s’inscrit dans ce renouveau de la région de Charleroi avec un savoir-faire qui s’exporte largement. Nous sommes fortement impliqués dans des opérations menées que ce soit au niveau de la politique communale, par les acteurs sectoriels, par la région… Derrière les décisions lourdes, comme celle de Caterpillar, il y a beaucoup d’autres initiatives qui marchent bien dans la région. » Quelques exemples parmi d’autres, l’investissement de 18 millions réalisé par Industeel dans une nouvelle ligne de coulée continue inaugurée en avril ou la récente annonce d’Aperam qui a investi 15 millions pour pérenniser son site de Châtelet.

Des profils en pénurie

Et le résultat le plus visible de cette réalité figure dans l’emploi : les postes vacants seront nombreux pour les candidats intéressés au salon Talentum. Par exemple, Alstom recherche des ingénieurs en électronique, en électricité, en éléctromécanique, en IT et en automatique. Mais aussi des techniciens qualifiés, bachelier ou issus du secondaire technique afin de remplir des postes de technicien de maintenance ferroviaire, de responsable de dépôt et de maintenance… Du côté de chez Industeel, ce sont également des profils de techniciens de maintenance, des électriciens et surtout des mécaniciens qui sont recherchés. Enfin, Engie recrute également puisque le groupe compte actuellement 200 postes ouverts en Wallonie.

Mais si les sociétés veulent engager, il faut encore qu’elles trouvent les bons profils pour porter leur développement. Des talents qui ne sont pas simples à dénicher comme en témoigne Sophie De Coninck : « Je pense qu’il y a des talents dans la région de Charleroi mais nous faisons souvent face à un problème de formation. Et je ne suis pas la première à le dire. On le voit pour les profils techniques comme ceux d’électriciens, par exemple. L’enseignement technique n’est pas spécialement le premier choix – pour de bonnes ou de mauvaises raisons, je ne veux pas juger – mais il faudrait faire un effort supplémentaire de promotion de cet enseignement quel que soit le niveau, secondaire ou supérieur, ce sont clairement des métiers d’avenir dans lesquels il est tout à fait possible de faire carrière et de grandir. » Cette difficulté liée au recrutement de profils techniques se ressent également du côté d’Industeel, comme l’explique Sophie De Coninck, responsable recrutement et formation : « Il y a un créneau qui reste très difficile, c’est celui des profils aux compétences purement techniques. C’est connu, mais cela reste une réalité. (…) Pour moi, il y a un cruel manque de bons techniciens. Il y a très peu de bacheliers en électromécanique qui sont sur le marché de l’emploi, par rapport à la demande, par exemple. »

Quelles solutions ?

Mais si cette problématique a été soulevée par plusieurs recruteurs, les solutions existent. Selon ces derniers, la formation en alternance en est une, comme l’explique Sophie De Coninck : « Elle est moins développée en Belgique qu’en France. Pourtant, c’est une belle expérience pour un jeune, qui lui permet d’avoir une vraie vue du métier, et c’est également intéressant pour l’entreprise puisque cette pratique lui permet d’avoir de la main-d’oeuvre à disposition une semaine sur deux durant la formation, et cela permet de bien connaître la personne. » Du côté d’Engie, Sophie De Coninck tient à rappeler que la force d’un diplôme réside aussi dans le processus d’apprentissage dans lequel s’inscrit l’étudiant : « Ce qui compte dans une formation, c’est avant tout de pouvoir se développer et apprendre à apprendre. Cette capacité est souvent plus importante que l’apprentissage du métier en lui-même. »

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