Les jeunes femmes moins promues que les hommes

Rédigé par: Pauline Martial
Date de publication: 18 janv. 2021
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Les jeunes femmes moins promues que les hommes

Selon une enquête de Randstad Research, près d’un travailleur sur quatre aurait bénéficié d’une promotion au cours de ces cinq dernières années. Les jeunes femmes seraient cependant moins souvent promues que les hommes.

Les femmes bénéficient moins fréquemment de promotions que les hommes, c’est ce qui ressort d’une étude menée par Randstad Research auprès de 12.000 répondants. Bien que les femmes soient aujourd’hui mieux qualifiées que les hommes et qu’elles accèdent plus aisément au marché du travail, seule une d’entre elles sur cinq parvient à décrocher une promotion, contre un homme sur trois. Ce qui est plus surprenant, en revanche, c’est que cette disparité hommes-femmes se confirme même dans la tranche d’âge des 19-24 ans. A peine 14% de ces jeunes femmes affirment avoir reçu une promotion au cours des cinq dernières années, contre 25% des hommes. «Plusieurs éléments devraient pourtant jouer en faveur de ces jeunes femmes. Elles ont généralement un niveau de diplôme plus élevé, elles sont dans une situation où souvent il n’est pas encore question des freins liés à la maternité ou à la gestion familiale. L’âge moyen auquel les femmes quittent le foyer parental est de 24 ans alors que l’âge moyen auquel elles ont leur premier enfant est de 29 ans. Ce n’est donc pas un moment où les tâches ménagères s’imposent et où les femmes pourraient accuser du retard par rapport aux hommes suite à l’arrivée des enfants. Mais rien n’y fait, ce fossé semble déjà présent en début de carrière, et il ne fera sans doute que s’accentuer par la suite», explique Sébastien Cosentino, porte-parole de Randstad.

Une disparité complexe à analyser

Des nombreux prismes entrant en ligne de compte, il est difficile d’expliquer la manifestation d’une telle différence à cet âge. «Il n’est pas à exclure que certaines femmes anticipent dès leur début de carrière un futur rôle mêlant foyer et travail rémunéré. Autre explication possible: les femmes continueraient à opter pour des professions dans des carrières plates. Le comportement de la direction peut aussi jouer un rôle. Enfin, la cause pourrait aussi être recherchée dans la sphère des investissements dans les réseaux et les aptitudes à la négociation», précise Sébastien Cosentino.

Plus de promotions en début de carrière

Les disparités sont loin d’être uniquement liées aux genres. Des écarts importants sont observés d’un groupe à l’autre. A titre d’exemple, les managers sont les profils qui ont le plus de chances de décrocher une promotion. 60% d’entre eux ont intégré une fonction dotée de responsabilités plus nombreuses et d’un salaire et/ou d’avantages plus importants, contre à peine 17% parmi les métiers élémentaires. Les chances de promotion sont également décuplées en fonction du niveau de formation d’un talent. Quoique moins prononcé, il existe un écart entre les diplômés du supérieur et du primaire (34 contre 22%). Celui-ci est en revanche carrément nul entre titulaires d’un diplôme du secondaire et du primaire.

La plupart des opportunités de promotions s’observent toujours relativement tôt dans une carrière. Avec 38%, c’est en effet la tranche des 25-34 ans qui enregistre la plus grande propension à bénéficier d’une promotion, pour ensuite redescendre à 29%. «Il n’y a pas un âge auquel il n’est plus possible de recevoir une promotion», insiste le porte-parole. «Preuve en est que 19% des travailleurs de plus 55 ans en fin de carrière affirment encore avoir gravi les échelons au cours des cinq dernières années. Dans un même ordre d’idées, bénéficier d’une promotion en début de carrière ne signifie pas qu’il ne sera plus possible d’en décrocher d’autres par la suite.» Bien que la promotion soit clairement liée à l’âge et à l’ancienneté, la promotion serait donc bien loin d’être un fait marginal. «Même si un pic se manifeste clairement en première moitié de carrière, les promotions s’étalent tout au long de la vie professionnelle des travailleurs. Passé l’âge de 35 ans, il est vrai que l’on observe une tendance à la baisse. Mais les carrières se rallongent, nous pourrions nous attendre à un glissement de cet âge pic», conclut Sébastien Cosentino.

Pauline Martial

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