Les jeunes parlent de l'avenir du travail

Et les jeunes dans tout cela ? Parler de l’avenir du travail, c’est avant tout parler   de ceux qui en seront le moteur : les jeunes.  

Au détour d’une conférence dédiée à la question organisée par l’OIT, nous avons croisé Clémentine Moyart et Thiébaut Weber. Respectivement policy officer au «European Youth Forum » et secrétaire confédéral du syndicat européen Etuc. Durant deux heures, ils ont détaillé les différentes problématiques gravitant autour des jeunes et du travail.

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L’occasion d’approfondir certaines idées. Parmi celles-ci, l’importance de la formation. « Il y a une incantation contradictoire vis-à-vis des jeunes travailleurs, et même vis-à-vis de l’ensemble des travailleurs dans leur lien avec la formation, explique Thiébaut Weber. D’un côté, il y a une demande forte pour des profils flexibles, qui peuvent s’adapter. Et puis, dans les faits, on réalise que les budgets dédiés à la formation, à l’éducation sont de moins en moins importants. » Selon Clémentine Moyart, l’une des raisons vient du manque d’information. « On observe que beaucoup de mesures au niveau européen, dont la garantie jeunesse par exemple, sont inconnues du secteur de l’éducation en Wallonie et à Bruxelles. » Et ces services jeunesse ont eux-mêmes du mal à se faire entendre des plus jeunes. «On remarque que beaucoup n’ont plus confiance dans ces services publics car ils ne fonctionnent plus d’une manière qui les attire. Pourtant ils sont fondamentaux pour leur orientation. »

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Toujours sur le chapitre de la formation, Thiébaut Weber ajoute qu’ « il faut que notre approche de la formation permette de mettre en valeur chaque individu selon ses richesses personnelles. Lorsque l’on pense à l’après-guerre, la demande en main-d’œuvre était telle que les entreprises étaient prêtes à investir en masse pour former leur personnel, même le moins qualifié. C’est cet esprit qu’il faut retrouver. La formation doit permettre à chacun d’exercer un métier selon ses envies, ses talents. Mais la réflexion ne doit pas se limiter aux entreprises. Au-delà de ça, il faut que chacun puisse, à un moment de sa carrière, pouvoir se réorienter sans en subir les conséquences en termes de bien-être. Pour que cette réorientation soit possible, à l’avenir, nous aurons toujours besoin de sécurité sociale. »

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Les deux acteurs s’inquiètent également des investissements consentis dans le secteur de la jeunesse. « On se rend compte que les budgets dégagés pour les jeunes sont trop souvent en baisse. On a cette impression que le secteur de la jeunesse est celui dans lequel on peut réduire les coûts avec le moins de conséquence. Les jeunes sont trop souvent la variable d’ajustement des politiques budgétaires. Il y a cette idée que de toute façon un jeune qui n’est plus aidé peut retourner chez ses parents. Ce qui est loin d’être toujours le cas », explique Thiébaut Weber.

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