Chloé Mikolajczak : « C’est une fierté d’être activiste »

Bertrand Piccard, Ilham Kadri et Per Agrell ont été confrontés aux interrogations, voire aux exigences d'activistes du climat et d'étudiants en gestion.

Activiste pour la justice sociale et climatique, du haut de ses 28 ans, Chloé Mikolajczak se bat pour un monde radicalement différent. Portrait d’une militante aguerrie.

Chloé Mikolajczak

Chloé Mikolajczak : « Je pense qu’aujourd’hui, être activiste, c’est un devoir moral. » © AURORE DELSOIR​

On peut vous définir par le terme activiste, cela ne vous dérange pas ?

Absolument pas. Je pense qu’aujourd’hui, être activiste, c’est un devoir moral. Si on ne l’est pas tous un petit peu, cela va générer pas mal de problèmes, notamment au niveau écologique. C’est même carrément une fierté d’être activiste.

L’impossible est possible, changer de paradigme… La vision de Bertrand Piccard est utopique selon vous ?

Non, je pense qu’on n’a pas le choix. Si on reste dans notre schéma de pensée actuel, les choses ne changeront jamais. Aujourd’hui, on a besoin de présenter aux citoyens une vision des choses différente. Le mouvement écologiste – dont je fais partie – s’est surtout focalisé pendant beaucoup d’années sur ce qui n’allait pas. A l’heure actuelle, il faut dire aux gens ce qu’ils ont à gagner à se soucier de l’environnement. Evidemment qu’on va perdre des choses, qu’on va moins consommer de viandes, d’énergies, qu’on va devoir faire attention à nos déplacements. En revanche, il faut aussi exprimer tout ce qu’on va pouvoir atteindre avec ce combat : gain en termes de qualité de vie, de qualité de l’air… On va pouvoir être aussi des citoyens bien plus engagés dans la vie démocratique et avoir accès à des services publics qui seront de meilleure qualité. Tout ça, c’est primordial de le communiquer.

Ilham Kadri et Bertrand Piccard, ce sont des parcours inspirants ?

On a besoin d’acteurs qui viennent de tous les côtés et qui agissent. On n’a pas besoin que d’activistes. Il faut des entrepreneurs, des politiciens, c’est évident. Par contre, il faut faire la distinction entre ceux qui font de réels efforts, comme Solvay et les solutions de Solar Impulse, et le greenwashing. La frontière est parfois extrêmement fine, et il faut toujours rester très vigilant. En tant qu’activiste, on essaye d’y faire attention et de saluer les réels engagements.

Justement, à la fin de la conférence, Bertrand Piccard a souhaité adresser un message aux activistes : « On a un besoin impératif de vous. Jusqu’à maintenant, vous avez crié problèmes, problèmes, problèmes et c’était important, parce qu’il n’y avait pas de solutions. Mais maintenant qu’il y en a, il faut crier solutions, solutions, solutions. Vous aurez plus de soutien. »

C’est sûr qu’il faut parler des solutions. Mais le fait qu’en tant qu’activiste on ait crié « problèmes, problèmes, problèmes» ces dernières années a permis de voir un soubresaut dans la prise de conscience par rapport au réchauffement climatique et à la crise de la biodiversité. Sans passer par cette phase, aujourd’hui, on ne serait pas dans la situation dans laquelle on est. Je pointe quand même du doigt qu’avant les mouvements des jeunes pour le climat, notamment, il y avait certes des ONG qui effectuaient un travail formidable, mais on était très loin du niveau de conscience de la société et des politiques qu’on a maintenant. Donc, finalement, en criant « problèmes », on a quand même pas mal attiré l’attention.

Le climat, c’est l’affaire des jeunes ?

Non, le changement, je pense qu’il faut qu’il vienne de partout. Il ne faut pas envisager la cause comme une opposition générationnelle. Tout le monde a sa part à jouer : jeunes et anciens, mais aussi, et surtout, les personnes qui sont au pouvoir actuellement.

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