Les métiers verts de la construction également concernés par la pénurie

Rédigé par: Pauline Martial
Date de publication: 4 mars 2019
Catégorie:

Construction

Le manque de main-d’œuvre frappe toujours le secteur de la construction et concerne aussi les métiers verts, liés à la rénovation énergétique.  La pénurie de ces métiers est aujourd’hui élevée mais gérable.  Elle pourrait toutefois s’accroître dans les années à venir.

Le besoin de main-d’œuvre dans le secteur de la construction se fait toujours sentir. En décembre dernier, le secteur recherchait pas moins de 16.530 nouveaux travailleurs. La pénurie concernerait principalement les métiers des travaux publics et des travaux de voiries au sens large. On recrute ainsi en masse maçons, menuisiers et couvreurs, mais aussi de plus en plus des métiers dits verts, liés à la rénovation énergétique. «On fait de moins en moins de distinction entre les métiers traditionnels et les métiers verts dans le secteur de la construction. Aujourd’hui, la dimension énergétique est transversale à tous les métiers du secteur», explique Francis Carnoy, directeur général de la Confédération construction wallonne (CCW). Une évolution du secteur qui s’inscrit dans le contexte de recherche de solutions face à l’urgence climatique. «Les bâtiments sont responsables de près de 40% de la consommation énergétique en Wallonie et, en ce sens font partie du problème en matière d’émissions de CO2. Mais le secteur de la construction fait aussi partie de la solution: il constitue en effet le principal levier de réduction d’émission de CO2, principalement en agissant sur la rénovation des bâtiments les moins performants», affirme la CCW.

Les métiers verts demandés

Selon les experts, il serait nécessaire de rénover chaque année 2,5% du parc de bâtiments existants, contre 0,7% actuellement, si l’on souhaite remplir les objectifs européens en matière de réduction de CO2. «On s’attend à ce que le rythme de renouvellement du bâti s’accélère dans les prochaines années. Le niveau d’activité de rénovation énergétique devrait doubler voire tripler», assure Francis Carnoy. Et pour accélérer mais surtout assurer cette transition écologique, une main-d’œuvre formée et qualifiée est indispensable. Le Bureau du Plan prévoit d’ailleurs un besoin de 6.000 travailleurs supplémentaires dans la construction wallonne d’ici 2024. Des profils variés sont ainsi recherchés. Il s’agit autant de personnes formées à la ventilation mécanique des bâtiments, à l’isolation ou à la pose d’équipements de production d’énergies renouvelables (pompe à chaleur, panneaux photovoltaïques ou solaires…), que des métiers liés à l’assainissement des sols et des eaux. Les travailleurs spécialisés dans la construction bois ainsi que dans les matériaux biosourcés et naturels sont également fortement demandés.

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«Pour le moment, la pénurie de ces métiers est élevée, mais elle reste gérable, estime Francis Carnoy. Cependant, il faut absolument qu’on anticipe les besoins futurs dans ce secteur.» Selon le directeur général de la Confédération construction wallonne, la clé de cette anticipation réside dans la formation continue des patrons et des entreprises. «Des discussions sont aussi en cours entre le Forem, l’Ifapme et le ministre Jeholet (NDLR: ministre wallon de l’Emploi et la Formation) pour accélérer la formation des demandeurs d’emploi vers les métiers en pénurie et notamment les métiers verts de la construction», confie Francis Carnoy.

Susciter des vocations chez les jeunes

L’impératif serait également d’attirer les jeunes vers ces métiers. Et c’est justement là que le bât blesse, à en croire le directeur général de la CCW. Car les filières de formation dans les écoles et les centres de formation professionnelle sont désertés par les jeunes et les demandeurs d’emploi, au plus grand désespoir du secteur. «Je pense que ce manque de vocation s’explique en partie par une sorte de contrainte sociale qui pousse encore la majorité des jeunes vers les filières de l’enseignement général, alors qu’ils ne sont pas tous faits pour cela. Beaucoup de jeunes n’arrivent pas à faire leur choix et arrivent à 16, 17, ou 18ans sans avoir pu choisir positivement et de manière délibérée les métiers techniques.» Pourtant Francis Carnoy en est persuadé: «Ce sont des métiers d’avenir, en particulier ceux liés à la rénovation énergétique. Les jeunes qui se forment à ces métiers peuvent quasiment être certains de trouver du boulot, surtout ceux qui optent pour la formation en alternance qui est la plus plébiscitée par les patrons.»

Le CCW lancera le 31 mars prochain une campagne de valorisation de ces métiers techniques pour que ces derniers fassent l’objet d’un choix positif de la part des jeunes. «Il faut aussi se sortir de la tête l’image erronée selon laquelle le secteur de la construction exige force et endurance physique. Avec l’évolution continue des techniques et des outils, les réalités du métier ont aujourd’hui bien changées», insiste enfin Francis Carnoy.

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