Les MOOCs, futur canal de recrutement des entreprises ?

C'est un petit clic pour l'homme, mais un grand pas pour la démocratisation du savoir. L'UCL a lancé, récemment, ses premiers MOOCs (Massive Online Open Course) sur edX, une plateforme de cours en ligne gratuits qui réunit trente et une universités. Parmi elles, des pointures comme Harvard, le MIT ou Berkeley.

Vidéos, infographies, questionnaires interactifs... Dans cette nouvelle forme d’apprentissage, tous les outils pédagogiques sont adaptés aux usages connectés. Pour l'heure, l'UCL est la seule université belge présente sur la plateforme. En quelques semaines seulement, l'Alma Mater a vu près de 50 000 personnes s'inscrire à  ses cours, en provenance de 170 pays. Une goutte d'eau... tant le phénomène est devenu « massif » et international.

Parmi les plateformes les plus connues, Coursera affiche actuellement 21 millions d’inscriptions à  près de 600 cours, edX (consortium auquel participe l’UCL) compte près de 2,4 millions d’inscriptions et Udacity, 1,6 million d’inscriptions. Cette audience pousse certains analystes à  considérer les MOOCs comme futur Eldorado des employeurs. Les plateformes pourraient, par exemple, dresser un profil précis des compétences des étudiants et le vendre aux entreprises.

De quoi améliorer le recrutement ou la formation en entreprise ? Alors qu'en Belgique, l'idée fait sourire, aux États-Unis, la question est prise très au sérieux. Google, Facebook ou LinkedIn travaillent d'ores et déjà  sur la question avec des plateformes de MOOCs comme Udacity ou Coursera. Seul bémol : faute de pouvoir prouver l'identité des candidats, rares sont les plateformes qui délivrent une validation certifiée au terme des cursus. Qu'à  cela ne tienne. Des entreprises comme ProctorU se spécialisent dans la certification à  distance, tandis que Pearson VUE utilise ses milliers de centres à  travers le monde pour les examens en présentiel. Aux dernières nouvelles, la vente de certificats authentifiés est d'ailleurs la principale source de revenus de Coursera.

Mais leur prix freine la plupart des étudiants. Difficile de descendre sous les cent dollars pour les examens en présentiel. Seule Coursera propose des certificats un peu moins chers, entre 30 et 100 dollars, car l'entreprise est parvenue à  internaliser le service. En moyenne, 10 % des participants obtiennent un certificat, et seule une fraction infime de ces 10 % paie pour être authentifiée. Enfin, la valeur du certificat sur le marché du travail reste un point névralgique.

L'intérêt principal pour les recruteurs, c'est de pouvoir identifier très précisément les compétences associées au certificat, à  condition d'avoir directement accès aux productions des participants si ceux-ci les stockent dans un e-portfolio. Maintenant, on veut avoir du concret, voir ce que le candidat potentiel sait faire. Et le numérique pourrait s'avérer parfait pour cela. 

 

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