Les MOOCs vont-ils supplanter les MBA ?

Harvard. Un établissement, un nom, une réputation. Grâce aux MOOCs, plus besoin de se déplacer. Harvard vient à nous. Harvard et d’autres établissements de prestige comme Berkeley ou le MIT. MOOCs ? C’est le nouvel acronyme à la mode dans le monde de la formation. MOOC pour Massive Online Open Course ou Cours en ligne ouvert et massif. En clair, des cursus numériques, développés par les écoles ou les universités, mais mis en ligne gratuitement au bénéfice de tous les internautes. Peu importe leur zone géographique.

Pour leurs partisans les plus enthousiastes, ces « e-cours » vont finir par se substituer aux amphis universitaires. Les universités américaines se sont ruées sur le phénomène, ouvrant leurs cursus à des milliers de personnes situées un peu partout sur la planète. Car le terme de massive renvoie à la vocation des MOOCs de toucher plusieurs milliers, voire plusieurs centaines de milliers d’étudiants en même temps, connectés au même moment pour suivre en vidéoconférence le cours magistral d’un professeur. MIT OpenCourseware, le module mis en place par le MIT, revendique ainsi 125 millions de visiteurs depuis sa création en 2001 et la mise en ligne de quelque 2 150 cours sur des thèmes divers et variés. Stanford, Harvard et Yale n’ont pas tardé à suivre le mouvement et des plateformes regroupant du contenu universitaire ont vu le jour, telles que Coursera, Udacity ou encore edX, qu'a intégré l'UCL.

Il ne s’agit pas de simples cours filmés, mais bien de cursus créés pour le web, intégrant une pédagogie spécifique à l’apprentissage, à distance, indique Vincent Blondel, coordinateur de la plateforme edX à l’UCL. Si certaines universités jouent la carte de la gratuité, d’autres ont adopté le modèle économique du payant. Coursera avance le chiffre de 3,5 millions d’inscrits tandis qu’Udacity varie entre 700 000 et 800 000 participants.

Côté européen, les initiatives ont un peu tardé à se mettre en place. En avril 2013, toutefois, la Commission européenne a annoncé le lancement du premier MOOC paneuropéen – OpenUpEd – regroupant douze pays, dont la France, l’Italie, les Pays-Bas, la Slovaquie, l’Espagne, mais aussi la Russie et la Turquie. Parmi les thèmes mis en avant dans ces enseignements : les mathématiques, l’apprentissage des langues, les compétences numériques et le commerce électronique. Comment valoriser ces cours sur un CV ? Après une évaluation en ligne, un certificat est délivré. Gratuitement, dans le cas de l’UCL. Sur OpenUpEd, des crédits peuvent être pris en compte pour l’obtention d’un diplôme. Mais les étudiants devront verser entre 25 € et 400 € pour le certificat, en fonction du volume du cours et de l’établissement.

Retour à la liste