Les opportunités reviennent dans la santé

Accès au marché, déremboursements de médicaments, innovations... En 2014, le secteur de la santé poursuit sa recomposition et offre un visage plus dynamique, qui profite aux experts, aux profils très techniques et aux médecins. Certaines fonctions affichent de véritables pénuries de candidats.

Le XXe siècle fut celui de l'atome, le XXIe siècle pourrait être celui du gène et du vivant. Au cours de cette dernière décennie, le paysage de l'industrie pharmaceutique s'est radicalement transformé. L'assèchement des pipe-lines des Big Pharma couplé à la « générification » de leurs blockbusters les a forcées à changer de modèle économique. Confrontées à des marchés saturés, des entreprises comme GSK, UCB, Pfizer, Baxter, Novartis et autres Johnson & Johnson cherchent aujourd'hui l'innovation ou une diversification censée leur permettre de conquérir de nouveaux marchés. Toutes les sociétés ont pris le tournant de la biopharmacie, avec un repositionnement sur la R&D, l'amélioration des process, l'innovation produit, observe Raphaël Simon, Senior Consultant Healthcare & Life Sciences chez Michael Page.

Effet sur l'emploi : industrie, sociétés de matériel médical, entreprises biotechnologiques... Toutes maintiennent un taux d’embauches régulier cette année. Mais avec une diminution des forces de vente, au profit de profils à vocation technique, voire très spécialisés. Le secteur cible ses offres sur des métiers très pointus, comme les médecins, les pharmaciens d'industrie ou les responsables en assurance qualité, indique Raphaël Simon. Les profils en médicomarketing restent toutefois sollicités dans les medical devices ; les commerciaux recherchés pour développer des sites de ventes complexes et les fonctions support aux commerciaux y sont très appréciés. Avec un intérêt marqué pour les infirmières qui ont eu un parcours en hôpital.

Médecins et stratèges

Les recruteurs relèvent aussi une vraie pénurie de médecins pour des fonctions de Medical Advisor, de responsables en affaires réglementaires et de market access. Le nerf de la guerre reste la mise sur le marché des nouveaux médicaments. D’une part, le contrôle sur son efficacité ou sa toxicité est davantage régulé. D’autre part, sa mise sur le marché et son remboursement prennent plus de temps. Et dans ce contexte, ce sont les médecins, pas forcément praticiens, qui sont les plus recherchés, pointe Raphaël Simon. Dans le biopharma, les profils gagnants pour 2014 sont donc les diplômés en médecine et en sciences pharmaceutiques, avec un MBA ou un diplôme en business, un trilinguisme affirmé et une expérience dans l'industrie ou les affaires réglementaires. Avec deux tendances : d’une part, des profils spécialisés en affaires internationales et, d’autre part, des affiliates belges, capables d’interagir localement avec les autorités compétentes.

Enfin, plus que les années précédentes, l'industrie recrute à nouveau des cadres, des Senior Managers, ainsi que des Associate Directors. Pour ces fonctions, les employeurs sont très demandeurs de stratèges, bien plus que de People Managers. Des experts capables d'interagir avec les autres départements et pouvant endosser des fonctions opérationnelles pointues, précise Karin Opdekamp, experte en recrutement pour le secteur Life Sciences chez Hays Belgium. Des places sont à prendre. Avec des salaires souvent très attractifs.

Sur les pratiques de recrutement, par contre, les employeurs favorisent une politique de risque minimal. Les employeurs se montrent excessivement prudents : ils recherchent avant tout l’expertise et ont tendance à rallonger les processus de recrutement, observe Karin Opdekamp. Dans la production et la recherche clinique, les sociétés n’engagent presque plus de CDI. Elles préfèrent externaliser et s’adjoindre les services de consultants (des experts en qualité ou en validation), recrutés en « mode projet ». Pour autant, la rareté du personnel ultraspécialisé ne ferme pas la porte aux jeunes. Les jeunes diplômés trouveront plus facilement leur premier emploi à travers des postes de consultance, souligne Karin Opdekamp. Ils sont très demandés pour exercer des fonctions juniors en assurance qualité, en transfert de technologies, en affaires réglementaires. Et même pour des postes de laboratoire.

 

90 000 € à 120 000 €

La rémunération d'un spécialiste en affaires réglementaires ou en affaires médicales junior (PhD avec plus de cinq ans d'expérience) peut atteindre jusqu’à 9 000 € brut par mois. Avec une voiture de société et un package extrasalarial complet.

200

Pas moins de 200 entreprises biotechnologiques et pharmaceutiques sont implantées dans notre pays. Ce secteur est responsable pour environ 10 % des exportations belges.

3 à 4 mois

Pour les postes d'experts, les sociétés ne veulent pas prendre de risque et n’hésitent pas à attendre 3 à 4 mois avant d’embaucher définitivement le candidat.

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