Les PME, ces employeurs discrets qui ont beaucoup de points forts à faire valoir

Publié : lundi 9 octobre 2017

Pour les PME, il peut parfois être difficile de se faire une place à côté des grandes sociétés, surtout lorsqu’il s’agit de trouver de nouveaux collaborateurs. Les PME ont néanmoins plus d’un atout pour attirer les nouveaux candidats.  

Les entreprises de moins de cinquante travailleurs sont essentielles pour l’économie du royaume. Mais avec une structure étroite, il n’est pas toujours simple de recruter. Un défi qui est parfois encore plus compliqué dans les domaines où les profils sont très prisés, comme la consultance. « Il est certains qu’on ne dispose pas du tout de la même visibilité car on n’a pas les mêmes moyens. C’est donc parfois plus difficile de trouver certains profils » , confirme Joana Schmitz, operations manager chez dFakto, une société de conseil outillée en data-driven management.

Mais le manque de visibilité n’est pas la seule contrainte pour les PME, qui doivent aussi parfois faire face à des craintes liées à leur petite taille. « Il faut souvent rassurer. Pour quelqu’un qui cherche du travail, c’est plus confortable d’intégrer une grande boîte qui a pu déjà prouver sa valeur. Il faut donc faire sortir les gens de leur zone de confort pour venir tenter leur chance chez nous. Il y a un vrai challenge » , explique Nicolas Finet, cofondateur de Sortlist, une jeune société spécialisée dans la mise en relation d’entreprises et d’agences de communication.

Une vraie responsabilité

Et une fois les précieux collaborateurs trouvés, les difficultés ne s’arrêtent pas là car la concurrence ne disparaît pas une fois le contrat signé. « Il faut de plus en plus faire face à l’intérêt des grandes entreprises qui tentent d’attirer nos collaborateurs» , explique Gilles Bazelaire, le CEO de Dogstudio, une PME active dans le numérique, qui compte trente-deux travailleurs. Récemment encore, il a dû faire face au départ d’un de ses travailleurs chez EVS. « Ils sont évidemment très attractifs. On essaie donc de mettre tout en œuvre pour leur donner envie de rester, mais, parfois, ça ne suffit pas. On doit du coup aussi chercher des travailleurs chez nos concurrents pour remplacer les départs. Je n’aime pas faire ça mais je n’ai pas vraiment le choix » , continue le responsable.

Les difficultés sont donc bien réelles pour les petites entreprises. Elles redoublent dès lors d’efforts pour attirer les candidats. « On consacre beaucoup de temps et d’argent à avoir un environnement de travail vraiment agréable. Les gens sont parfois étonnés de voir qu’on dépense autant, mais on considère que c’est essentiel. On part par exemple deux fois par an à l’étranger avec tout le monde pour souder l’équipe. C’est très important pour des sociétés de notre taille » , explique le responsable de Sortlist. L’ambiance et l’environnement de travail sont d’ailleurs régulièrement des atouts revendiqués par les PME. « On met en avant la taille de notre équipe, où on a su installer un climat très convivial. On joue aussi sur notre localisation à Namur. On est dans un milieu urbain mais moins dense que d’autres grandes villes, où sont la plupart de nos concurrents. Cela a des avantages en termes de mobilité, d’environnement mais aussi de manière plus indirecte, comme les prix pour se loger » , explique encore Gilles Bazelaire, de Dogstudio.

Pour attirer les talents, les PME s’appuient sur le rôle de leurs travailleurs, souvent fort différent de celui qu’ils auraient dans une société plus grande. « Chez nous, il n’y a pas une voie tracée avec sept niveaux hiérarchiques et où l’objectif est de grimper. Dans une petite structure, plutôt qu’une évolution en interne, c’est toute la société qui grandit. Il y a donc une véritable responsabilité et implication des travailleurs » , explique Patrick Esselinckx, de chez dFakto.

Pour compléter leurs équipes, les grandes entreprises recrutent très souvent dès la fin des études. Elles ne sont néanmoins pas les seules à venir chercher les perles rares sur les bancs de l’école. « On a la chance d’être très jeunes. D’ailleurs, quand on s’est lancé en 2014, trois des quatre fondateurs sortaient de l’université. On a donc encore pas mal de contacts avec le monde universitaire par des amis, les associations d’étudiants ou encore des présentations que l’on réalise à l’occasion. Cela nous permet de garder un réseau utile lorsque l’on recherche de nouveaux employés » , continue Nicolas Finet.

« Un engagement en 24 heures »

Lorsque la concurrence est trop rude au niveau du recrutement des jeunes diplômés, il suffit alors parfois de réorienter légèrement son public cible. « Le roulement est très important dans le big four ; après deux-trois ans, beaucoup souhaitent autre chose. On peut ainsi souvent trouver des candidats parmi eux » , explique Joana Schmitz, de dFakto.

La société de consultance, ainsi que Dogstudio et Sortlist, cherchent actuellement différents profils. Si le chemin vers le recrutement sera sans doute un peu plus compliqué que pour les sociétés de grande taille, pas de doute que nos intervenants trouveront leur bonheur rapidement. « On a déjà engagé quelqu’un en 24 heures », sourit Nicolas Finet.

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