Les PME prêtes à faire des efforts pour une meilleure mobilité

Rédigé par: Pauline Martial
Date de publication: 9 sept. 2019
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Coworking WEB

Sept PME sur dix sont demandeuses d’une amélioration des transports publics ainsi que d’infrastructures cyclables plus nombreuses et de meilleure qualité. C’est ce qu’indique une étude menée par le prestataire de services RH SD Worx.

L’heure de la rentrée scolaire a sonné et avec elle reviennent les interminables embarras de circulation. Face aux problèmes de mobilité souvent rencontrés dans notre pays, le prestataire de services RH SD Worx a mené une enquête auprès de 815 PME, autrement dit des entreprises de moins de 100 travailleurs. Il ressort clairement de celle-ci que les PME sont demandeuses de meilleurs transports publics. «Sept PME sur dix se disent favorables à l’amélioration des transports publics pour une meilleure mobilité à Bruxelles et en Wallonie. En Flandre, la moitié d’entre elles considèrent cette amélioration comme une solution aux problèmes de mobilité», constate Vassilios Skarlidis, directeur régional PME chez SD Worx.

En deuxième place parmi les solutions envisagées pour une meilleure mobilité (avec 46%), figurent des infrastructures cyclables plus nombreuses et de meilleure qualité. «Cette solution occupe la deuxième marche du podium des solutions envisagées tant en Flandre qu’à Bruxelles et en Wallonie. C’est plutôt étonnant puisque le vélo n’est pas encore fortement représenté pour les trajets domicile-lieu de travail en Régions wallonne et bruxelloise. En Wallonie, le moyen de transport privilégié par les travailleurs des PME reste la voiture personnelle, tandis qu’à Bruxelles les transports publics sont les plus populaires», commente Vassilios Skarlidis.

Des efforts en contrepartie

Mais l’enquête menée par SD Worx révèle également que les PME ne considèrent pas la mobilité comme la seule affaire des instances publiques. «On voit d’ailleurs que le gouvernement a beau proposer des mesures comme le Cash for car (NDLR: permettant au travailleur d’échanger sa voiture contre une compensation financière), ça ne rencontre pas un franc succès. C’est pourquoi même nos plus petites entreprises estiment qu’une meilleure mobilité est une question couvrant deux aspects et qui exige des efforts de toutes les parties. Les PME ont des attentes envers l’Etat avec les transports publics et les infrastructures cyclables, mais en contrepartie, elles se disent prêtes aussi à s’engager à faire des efforts», confie le directeur régional PME de SD Worx. Les petites et moyennes entreprises identifient ainsi trois aspects sur lesquels elles pourraient agir: permettre davantage de possibilités de travail à domicile, encourager l’usage du vélo et octroyer des horaires flottants plus larges.

Certaines de ces solutions seraient d’ailleurs déjà bien implémentées au sein des PME, c’est le cas du télétravail. «Le travail à domicile est devenu une pratique courante dans de nombreuses PME ces cinq dernières années. Il se limite en général à un jour par semaine voire un jour toutes les deux semaines, mais cela fait une réelle différence. On constate d’ailleurs que de plus en plus de travailleurs choisissent de faire du télétravail les mardi et jeudi, les jours où les routes sont réputées pour être les plus embouteillées», développe Vassilios Skarlidis. La moitié des PME indiquent ainsi autoriser le travail à domicile: soit la PME l’autorise pour tout le monde, soit pour un nombre limité de fonctions pour lesquelles le travail s’y prête. Trois PME sur dix affirment également que chaque travailleur a le droit de travailler à domicile ou sans bureau fixe et qu’elles l’autorisent toujours.

Le vélo peine à s’imposer

L’usage du vélo resterait, lui, encore embryonnaire. Encore que le vélo occupe la troisième place au classement des moyens de transports les plus sollicités par les travailleurs des PME en Flandre et qu’une PME sur trois (29%) est intéressée par le fait de proposer des vélos électriques. «Près d’un employeur PME sur cinq (21,4%) manifeste un certain intérêt pour l’indemnité vélo. Et près d’un cinquième (18%) s’intéressent au budget mobilité, autrement dit l’échange d’une voiture de société contre une combinaison, par exemple, d’une voiture écologique et d’alternatives durables comme le vélo», précise également Vassilios Skarlidis.

D’autres aspects sont, en revanche, moins envisagés par les travailleurs des PME comme solution de mobilité. Ils doutent ainsi de l’impact que pourraient avoir des routes et autoroutes plus nombreuses et de meilleure qualité sur le trafic, mais aussi de l’usage de bureaux décentralisés. «C’est d’ailleurs étonnant parce que nous avions l’impression qu’une vague de coworking s’installait depuis plusieurs années, mais cette enquête nous révèle maintenant le contraire», souligne Vassilios Skarlidis. «Les normes environnementales plus strictes pour le parc voiture (bien que déjà d’application à Bruxelles) ainsi que la taxe kilométrique et le covoiturage communautaire clôturent le classement des cinq solutions qui convainquent le moins les travailleurs de ces entreprises.»