Les processus de recrutement raccourcis de 30 jours

Rédigé par: Pauline Martial
Date de publication: 7 juin 2021
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Le marché du travail reprend des couleurs et les entreprises s’arrachent à nouveau les talents. Pour éviter que ces derniers ne leur filent entre les doigts, les employeurs optimisent leur processus de recrutement, en le rendant plus court et plus efficace.

La crise du covid a eu un impact à bien des égards sur notre société, y compris sur le processus de recrutement en entreprise. Celui-ci est aujourd’hui plus court que l’année passée, c’est en tout cas ce que révèle une étude menée par la société Robert Half auprès de 300 managers belges. Plus de la moitié (56/%) des managers interrogés ont en effet déclaré avoir déjà mis en œuvre un processus de candidature raccourci au début de la pandémie ou avoir prévu de le faire au second semestre 2021. Mais le processus de candidature en lui-même se veut également plus fluide. «/Le délai entre l’envoi du CV et la prise de fonction a été considérablement réduit l’année dernière. Par rapport à l’année passée, où il fallait 73 jours en moyenne, une même procédure ne prend en moyenne que 43 jours en 2021. Il est donc très important que les employeurs accordent une attention suffisante à ce processus. La guerre des talents fait à nouveau rage, et une procédure de candidature fluide permet de recruter rapidement les bons talents afin de faire en sorte que les candidats potentiels ne se désistent pas/», déclare Joël Poilvache, directeur de Robert Half Belgique.

Un contexte propice à cette réduction

Il faut dire qu’avec la crise sanitaire, et l’accélération de la numérisation qui en a découlé, la demande de nouveaux profils et de nouvelles compétences s’est considérablement accrue. Résultat/: les entreprises doivent de nouveau batailler pour dénicher à temps les talents dont ils ont besoin. Or, dans un environnement aussi compétitif, pas question de se reposer sur ses lauriers. Il est plus que jamais impératif d’optimiser sa stratégie de recrutement, en s’efforçant notamment de rendre le processus de candidature à la fois plus court, mais aussi plus efficace. « Plusieurs facteurs contribuent actuellement à cela. La flexibilité offerte par le télétravail en fait partie. Il est en effet beaucoup plus facile de fixer un entretien d’embauche lorsque vous pouvez planifier votre journée à la maison que lorsque vous êtes tenu par des horaires de bureau. Une de nos précédentes études avait également montré que les Belges aiment postuler durant la journée, ce qui est évidemment plus facile lorsque vous n’êtes pas assis à côté de l’un de vos collègues au bureau. Le chômage temporaire rend également les candidats plus facilement disponibles pour les entretiens d’embauche. Et puis surtout, ces entretiens se déroulent aujourd’hui de plus en plus souvent en ligne, ce qui permet aux deux parties de consacrer moins de temps à cet exercice par rapport à un entretien d’embauche physique », développe Joël Poilvache.

Plus court, pas moins exigeant

Sans surprise, certains secteurs appuieraient particulièrement sur la pédale d’accélérateur de leur processus de recrutement. Ainsi, dans la finance, la comptabilité, l’informatique ou encore le secteur des fiduciaires, où la demande des talents est actuellement très importante, un candidat présenté est aujourd’hui presque systématiquement synonyme d’un collaborateur recruté. Si ces procédures d’embauche sont considérablement raccourcies, notez cependant qu’elles n’en sont pas pour autant moins exigeantes. « Les entreprises doivent se décider plus vite. Cela veut dire que parfois, elles sont contraintes d’accepter le fait de n’avoir le choix qu’entre un ou deux candidats, là où elles pouvaient choisir entre cinq ou six postulants sur un marché où l’employeur était roi. Mais cela ne signifie pas pour autant que les compétences attendues sont moindres ou que l’exigence du processus est moins élevée. Nous avons également observé l’an dernier que les entreprises qui ont continué à recruter ont embauché des profils très ciblés, avec de l’expérience », précise Joël Poilvache. Ce contexte a d’ailleurs porté préjudice aux profils juniors qui ont vu s’envoler de nombreuses opportunités pour lesquelles ils n’étaient pas suffisamment formés. Selon le directeur de Robert Half Belgique, cette tendance devrait néanmoins s’inverser : « Dans les prochains mois, on s’attend à ce que les entreprises se tournent à nouveau vers ces profils juniors. Des candidats compétents, avec du potentiel, mais qui ne correspondent pas à 100/% à leurs demandes. Car l’expérience exacte ne sera peut-être pas là au moment où ils en auront besoin. »

 

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