Les «soft skills» écrivent l’avenir du recrutement

Publié : mardi 14 novembre 2017

Les «soft skills». Derrière cet anglicisme se cache une part de mystère. Car ces compétences sont partout. Elles accompagnent le processus de recrutement de bout en bout et occupent une place de plus en plus importante lors de la sélection des candidats. Mais si ce sont des informations capitales, elles ne sont que peu mises en avant sur les CV des candidats. Contrairement aux «hard skills» qui s’accompagnent de diplômes, de formations, etc. les «soft skills» sont bien souvent difficiles à identifier et à valoriser. Pourtant, selon une étude récemment publiée par The Adecco Group, 81% des recruteurs ont déjà refusé des candidats aux soft skills insuffisantes.

Mais qu’entend-on exactement par soft Skills? Comment les développer et comment les mettre en avant lors d’une procédure d’embauche? Un enjeu remarqué très tôt au sein de la faculté de Gembloux Agro-Bio Tech, comme l’explique Aurore Degré, vice-doyenne à l’enseignement «nous avons remarqué que pour les employeurs, les compétences techniques étaient déjà en quelque sorte incluses implicitement dans le diplôme. Et qu’il existait un besoin d’y rajouter des soft skills. Nous l’avons donc introduit dans notre référentiel de compétences.» Un besoin qui s’est également fait remarquer du côté de Technofutur TIC, pôle d’expertise en technologies de l’information, «ces apprentissages deviennent critiques dans les métiers que nous enseignons en vue d’une réinsertion. C’est le cas dans nos métiers du numérique, mais également dans de nombreux autres métiers. Et pourtant, il n’est pas simple d’acquérir ces compétences», explique Yvan Huque, directeur du centre.

«Pas simple» parce que souvent, ces compétences ne s’apprennent pas de façon consciente. Astrid Corbeau, formatrice et coach chez Upskill, témoigne «prenons l’exemple d’une personne qui a pratiqué, durant des années, un sport d’équipe. Il aura appris à communiquer, à collaborer avec des partenaires. Ou une personne ayant fait les mouvements de jeunesse, cela lui a permis en quelque sorte d’apprendre le vivre ensemble. Ce type d’expériences va permettre à un recruteur de comprendre les centres d’intérêt du candidat et de décrypter son parcours pour appréhender, au mieux, sa personnalité, ce qui l’a motivé jusqu’à présent dans sa carrière.» D’où l’intérêt également de présenter, sur son cv et lors d’un entretien d’embauche, ces compétences au travers d’expériences passées, qu’elles soient professionnelles ou non.

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Exemples à la clé

Mais si elles sont si difficiles à acquérir, comment s’y prendre? Penchons-nous, dans un premier temps, sur le cas de l’implantation de Gembloux mentionnée ci-dessus, qui a mis en place différents dispositifs visant à aider ses étudiants vers l’apprentissage de ces compétences. Aurore Degré revient sur l’une des initiatives menées au sein de l’université, «les étudiants sont amenés, au cours d’un week-end, à évoluer au sein d’une entreprise virtuelle. Ils sont accompagnés d’un manager qui est psychologue du travail et des organisations et qui débriefe leur façon d’agir au cours des réunions, des échanges… L’objectif recherché est celui de la mise en situation.» Une mise en situation qui s’enrichit d’autres activités et de trois stages menés durant les études. Autant d’outils importants pour permettre aux étudiants d’acquérir ces précieuses soft skills.

Technofutur TIC partage cette volonté d’apprentissage via des exemples concrets et surtout, en groupe. Yvan Huque explique, «il y a une bienveillance qui se dégage des groupes lors des apprentissages liés aux soft skills, les personnes s’entraident et l’on sort de la relation d’autorité qui est mise en place avec un coach, ce qui est bénéfique pour l’apprentissage de ces compétences.» Bien que cette vision se double d’un accompagnement personnalisé des candidats, «un coach est assigné à chaque groupe. Il reste avec eux et leur propose de s’améliorer sur certaines compétences de façon individualisée. C’est une approche importante. Ces compétences dépendent du caractère de chacun et sont donc développées différemment chez chaque élève.» Ce type de formation aux «soft skills» a également fréquemment lieu au sein des entreprises, mais aussi au Forem, chez Actiris ou au VDAB.

Une évolution capitale selon Astrid Corbeau qui pense que ces compétences prendront toujours plus de place. «La logique de création de nouveaux métiers, se base sur la combinaison de plusieurs compétences. Il restera alors à trouver un nouveau nom pour ces métiers créés… Ce point d’attention mis sur les compétences, je l’observe fréquemment, comme par exemple, l’autre jour, lors d’une rencontre avec des recruteurs. Ces derniers se demandaient dans quelle mesure les offres ne devraient pas être publiées selon les compétences recherchées et non selon un nom de fonction».

R.DH.

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