Les soins à domicile : un job attractif et autonome pour les infirmiers

CSD

Etre infirmier à domicile présente de nombreux avantages, notamment sur le plan des horaires de travail ou encore en ce qui concerne l’autonomie. Pourtant, les structures qui offrent ce genre de services peinent à trouver du personnel…

En région liégeoise, la CSD, Centrale de Services à Domicile, propose une série de services permettant aux bénéficiaires de rester plus longtemps à domicile : aide ménagère, aide administrative ou encore passage d’infirmiers à domicile. « Les séjours à l’hôpital se sont raccourcis et le phénomène s’est amplifié avec le Covid, d’une part à cause d’une saturation des hôpitaux et, d’autre part, à cause du souhait des patients, quand c’est possible, de ne pas s’éterniser à l’hôpital, de peur de contracter le Covid ou une autre maladie », explique Nicolas Piette, directeur opérationnel à la CSD.

« De plus, la différence entre le domicile et l’hôpital sur le plan de la technologie, par exemple, se réduit aussi. Beaucoup de demandes (pompes à perfusion, dialyses…) peuvent être prises en charge à domicile », ajoute-t-il, précisant qu’il ne s’agit pas de mettre en opposition hôpital et domicile mais bien de préciser que certains soins peuvent se faire ailleurs qu’en milieu hospitalier.

Cela a évidemment des répercussions sur le travail des infirmiers et infirmières qui travaillent dans des structures comme la CSD. « Notre travail permet vraiment d’allier liberté et technologie », explique Cynthia Hocheit, infirmière en chef à la CSD. « L’aide à domicile, ce n’est pas juste faire les toilettes des bénéficiaires.

Ce sont les aides-soignantes qui s’en chargent. Les infirmiers et infirmières font, ici, davantage d’actes techniques. On est polyvalent et touche-à-tout. Nous avons régulièrement de nouvelles formations pour apprendre comment fonctionne le nouveau matériel. Je trouve qu’à domicile, on a un lien privilégié avec le patient. Il y a vraiment une plus-value à travailler de cette manière qui nous permet d’avoir plus de temps avec le patient même si, ne nous cachons pas, on court aussi beaucoup », ajoute l’infirmière.

Nicolas Piette

Nicolas Piette, directeur opérationnel à la CSD

Complémentaire à l’hôpital

« On crée des liens avec les patients, c’est différent de l’hôpital et même complémentaire ai-je envie de dire. Parfois, on suit des gens pendant 10 ou 15 ans. Le soin à domicile est, pour moi, le prolongement de l’hôpital. Une relation se tisse avec le patient et avec ses proches, de même qu’avec le médecin. On fait un peu partie de sa cellule rapprochée », note encore Cynthia Hocheit.

Malgré l’aspect attractif du métier, il est clairement en pénurie. « Nous sommes un lieu de stage reconnu pour les deux grandes écoles d’infirmiers de la région mais c’est clair que c’est compliqué de recruter. Les écoles ont parfois 40 inscrits en première année alors que quand j’ai fait mes études d’infirmiers, nous étions 400 en première année. Les études se sont allongées à 4 ans plus une année pour ceux qui veulent faire une spécialisation. Ça rend l’attractivité des études plus compliquée. Et puis, ça reste des salaries ‘’barèmisés’’. Il faut donc être attractif au niveau de l’ambiance de travail ou des horaires. C’est une liberté qu’on peut offrir à notre personnel », note encore Nicolas Piette, ajoutant que la CSD est actuellement en recherche de 10 équivalents temps plein pour des infirmiers et infirmières. « Mais la concurrence entre employeurs est très forte », conclut-il.

Cynthia Hocheit

Cynthia Hocheit, infirmière en chef à la CSD

Laurence BRIQUET

>> Participer au salon de la santé gratuitement

Retour à la liste