The Loft, Bruxelles : "Le sujet sensible, c’est le téléphone"

Coincé entre un garage automobile et un magasin de confiseries, The Loft passerait presque inaperçu sans l'inscription " coworking " placardée en grand sur les fenêtres de l'immeuble. Implanter un centre de bureaux partagés au beau milieu d'un parc industriel ? L'initiative peut surprendre. " Mais je cherchais un endroit pas trop cher, simple d'accès et possédant un parking gratuit ", justifie Bernard Perelsztejn, propriétaire des lieux. Tout ce que ce bâtiment situé à  Forest avait à  lui offrir.

The Loft est (avec The Hub et Betagroup) l'un des trois espaces de coworking que comporte la capitale. Le plus récent : il a ouvert ses portes en juin 2011. " On a chacun notre créneau. Le Hub cible plutôt les travailleurs expatriés, le Betagroup attire surtout les geeks et nous sommes plutôt centrés sur les entrepreneurs. "

Ce jeudi après-midi, seules quelques tables de cet open space de 300 m2 sont occupées. Dans le fond de la pièce, un duo de jeunes entrepreneurs bosse sur le lancement d'une start-up, un casque audio vissé sur les oreilles. " Signe tacite qu'ils n'ont pas envie d'être dérangés. " Au milieu, deux concepteurs de sites internet pianotent à  toute vitesse sur leur clavier. Un nouveau coworker franchit la porte. " Tiens, c'est Jean-Luc. Il travaille dans le risque financier. D'habitude, il y a aussi un agent immobilier, un ancien publicitaire... Au total, on compte environ trente membres. " Moyenne d'âge : de 25 à  60 ans.

L'atmosphère est studieuse. Pas un bruit, pas un mot plus haut que l'autre. Juste Pure FM en fond sonore. Au milieu de la pièce, un fauteuil en forme d'œuf. " Ce n'est pas uniquement décoratif ", glisse Bernard Perelsztejn. " Car le sujet sensible, c'est le téléphone. Alors celui qui doit passer un coup de fil peut s'asseoir ici pour être bien isolé acoustiquement. "    

Cet ancien manager d'une société de production audiovisuelle s'est lancé dans le coworking par conviction. " En tant qu'indépendant, je ne voulais pas rester chez moi et je voulais travailler avec des gens. Puis, j'ai trouvé que le concept répondait à  un réel besoin. "

Rentable, d'être le propriétaire d'un tel espace de travail ? " Disons que je ne suis pas en retard sur mon business plan. L'idéal serait d'atteindre une cinquantaine de membres d'ici six mois. Pas plus : l'objectif n'est pas que trente-cinq personnes se retrouvent ici simultanément. Mais mon principal problème, c'est que le coworking reste fort méconnu. Pourtant, presque 100 % de ceux qui l'ont essayé l'ont adopté. "

Petite précision : si vous passez un dimanche soir devant le Loft et que la lumière est toujours allumée, rien d'anormal. L'endroit est accessible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. " Parce que les indépendants n'ont pas d'horaire. La seule règle : le dernier qui part éteint tout. Comme il le ferait dans son propre bureau ! "

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