Majordome, wedding planner ou… prostituée : des métiers qui « s’apprennent » en Belgique

C’est bientôt la rentrée. Les choses bougent chez nous ! Cette année, deux nouvelles écoles ouvrent leurs portes, pour proposer des formations insolites. Dans quelques jours, la School for Butlers & Hospitality donnera ses premiers cours aux majordomes en herbe, à Bruxelles. En décembre, le Wedding Institute ouvrira ses portes dans la même ville et deviendra ainsi la première école de wedding planners en Belgique. Il y a quelques années, une autre école vit le jour à Anvers, pour former… des prostituées. Retour sur les formations inattendues au pays du surréalisme.


Wedding planner, un art qui s’apprend


Le mariage a le vent en poupe. En témoignent les émissions de téléréalité axées sur le sujet. En France, Quatre mariages pour une lune de miel rassemble chaque jour davantage de téléspectateurs hypnotisés ou navrés, tandis qu’aux États-Unis commencera une nouvelle émission dès la rentrée, suivant la lutte de tourtereaux « trop jeunes pour se marier » et qui ont décidé de s’unir envers et contre tous. Si le mariage a la cote, il se veut aussi de plus en plus grandiloquent : on rêve de château, de carrosse, de fontaine à champagne et de sculptures sur glace.

Or, pas toujours facile pour les jeunes couples qui travaillent de préparer comme il se doit  cet événement unique : il faut du temps pour dégoter le lieu idéal, choisir des faire-part originaux, trouver des nominettes conformes au thème du mariage, sans compter tous les mets qu’il faut gouter pour le vin d’honneur, le repas, le brunch et autres festivités maritales. Il peut donc être salvateur de recourir à un wedding planner, qui se chargera de tout cela à votre place.

Mais aujourd’hui, devenir wedding planner ne s’improvise pas. C’est aussi pour faire face aux nouveaux défis que soulèvent ces mariages d’un genre nouveau que le Wedding Institute proposera une formation aux organisateurs de mariage dès décembre de cette année. Objectif : en deux semaines, cette formation « apporte aux futurs 'organisateurs de mariages' les connaissances fondamentales sur le mariage (mariage civil, cérémonies religieuses, coutumes, statistiques, …) et les caractéristiques techniques de toutes les prestations de type ‘évènementiel’ (traiteur, animation, décoration, …), le forme à l’organisation d’évènements privés (budget, planning, gestion des imprévus, coordination, …) mais surtout lui enseigne les notions juridiques, commerciales, et comptables indispensables à l’exercice de son activités (contrat, devis, cahier des charges, droit de la consommation, …). » L’appel est lancé.


Une école de majordome : 1745€ la semaine de formation


Une autre école, qui ouvre à la rentrée, entend également surfer sur la vague de l’événementiel cérémoniel : la School for Butlers & Hospitality. Mais point question de trivialité ici : la prestigieuse école se veut avant tout traditionnelle et propose à ses candidats une formation dans l’art très « british » du métier de majordome. Elle recourt à des principes qui ont été « établis il y a des centaines d’années ». Les élèves y apprendront en quatre semaines à gérer une maison, un yacht ou un événement prestigieux. Ils devront plancher sur des cours de psychologie, d’organisation, de services et de technologies. Dans le luxueux hôtel Plaza du centre de Bruxelles, on leur enseignera l’art de composer un bouquet de fleurs, de préparer des amuse-bouches, des cocktails et autres boissons, et de tenir une maison de façon plus générale. Mais attention, cet enseignement ne sera pas donné à tout le monde : la formation de 4 semaines sera facturée… 6 980 euros. Les majordomes n’auront qu’à bien se tenir !


Une école pour le plus vieux métier du monde

En Belgique, le plus vieux métier du monde n’est pas interdit. Il tend même de plus en plus à être régularisé. Ainsi voit-on émerger des projets d’« eros centers » un peu partout : à Charleroi, à Liège, à Seraing, à Bruxelles. À Anvers, un tel complexe existe déjà : la Villa Tinto. Le but de ce genre de centres est de proposer aux prostituées des structures d’encadrement, qui leur permettent de pratiquer leur activité dans un cadre sécurisant et hygiénique.

C’est dans la même optique que, il y a quelques années, l’association Payoke a mis en place une formation destinée aux prostituées. Cette association vient en aide aux prostituées en difficulté. Elle a pour ambition de leur offrir (contre 37 euros) des cours de comptabilité, de droit, de gestion commerciale, de santé, d’hygiène et de techniques sexuelles à appliquer pour des cas « problématiques ». Les élèves y apprendront ainsi comment gérer un client handicapé ou dangereux. Si cette formation peut choquer, Payoke se défend de vouloir susciter des vocations, arguant qu’il s’agit bien plus d’encadrer ces femmes et de mettre un terme à la traite illégale des prostituées en Belgique.

 

 

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