Métiers en pénurie cherchent candidats à la pelle

Rédigé par: Pauline Martial
Date de publication: 23 sept. 2019

Plus de 50 entreprises seront présentes le 26 septembre au salon Talentum de Liège. Parmi elles, nombreuses sont celles à devoir faire face à un sévère manque de main-d’œuvre qualifiée.

Infirmière

Deux semaines après son édition namuroise, le Talentum qui se déroulera à Liège le 26 septembre prochain sera l’occasion pour de nombreuses entreprises concernées par la pénurie de main-d’œuvre de recruter de potentiels candidats. «Nous nous trouvons dans une situation inversée du marché de l’emploi. Les employeurs n’ont plus le luxe de choisir leurs candidats. Il y en a tellement peu pour les places disponibles que c’est eux qui choisissent leur employeur. Les salons tels que Talentum représentent une opportunité à ne pas manquer», estime Rudy Goossens, responsable du recrutement chez Engie. Et si peu de secteurs sont épargnés, certains sont plus fortement touchés par cette pénurie, à commencer par le secteur de la construction. «On ne cesse de répéter que notre secteur est face à une pénurie importante de main-d’œuvre. On manque pour ainsi dire de tout en termes de main-d’œuvre qualifiée: des maçons, des couvreurs, des chauffagistes aussi», martèle Charline Vandeput, coordinatrice RH pour Thomas & Piron (T&P).

Des profils qui se font rares

Des profils que Charline Vandeput a déjà eu la chance de croiser lors des salons Talentum: «A Namur, le 12 septembre dernier, nous avons par exemple rencontré une équipe de maçons qui avaient pris connaissance du salon via Facebook. C’est une rencontre qui a de très fortes chances d’aboutir à un emploi. Donc on voit qu’on ne participe pas à ces salons pour rien». Un autre profil serait également particulièrement prisé chez T&P, celui de conducteur de chantiers. «Toutes les sociétés sont confrontées à ce problème. Il y en a très peu sur le marché, ils sont donc contactés et sollicités tous les jours par des sociétés comme la nôtre. Ce n’est en général pas sur les salons qu’on les trouve puisqu’ils n’ont pas besoin de faire cette démarche pour trouver un poste. Du coup, on doit faire preuve de créativité», reconnaît Charline Vandeput.

Outre les aspects techniques, les compétences recherchées varient en fonction de l’entité à laquelle est assigné le conducteur de chantier. «Par exemple, on attend d’un conducteur de chantiers qui fait le suivi d’une maison unifamiliale d’avoir une orientation client assez développée puisqu’il suit un client qui construit le projet d’une vie. Il doit aussi être organisé, pouvoir planifier le travail en fonction de l’avancement, pouvoir jongler avec les différents chantiers (entre 20 et 30 par conducteur de chantiers) ainsi qu’avoir une bonne résistance au stress», développe Charline Vandeput.

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Avec la réforme des études d’infirmier (ayant fait passé le nombre d’années d’études de trois à quatre ans), le secteur de la santé est, lui aussi, concerné par cette pénurie de main-d’œuvre. L’intercommunale de soins de santé Vivalia espère donc bien attirer des candidats lors du Talentum liégeois. «C’est un impératif pour nous, car avec l’année blanche au niveau de la sortie des étudiants que nous venons de vivre, nous nous trouvons dans une situation critique. D’autant que beaucoup d’étudiants privilégient le fait d’exercer dans les grandes villes et délaissent parfois la province de Luxembourg où nous sommes pourtant à la pointe dans de nombreux domaines. A l’heure actuelle, on parle quand même en ce qui nous concerne de 70 à 80 postes d’infirmiers vacants», affirme Bénédicte Leroy, directrice des soins infirmiers pour Vivalia. Les besoins concerneraient l’ensemble de la profession mais certains profils seraient toutefois particulièrement recherchés. «Le besoin le plus criant se situe au niveau des infirmiers et infirmières titulaires d’un bachelier en soins généraux ou d’un brevet. Deux spécialités posent également de gros problèmes: les infirmiers et infirmières spécialisés en gériatrie et en oncologie», développe Bénédicte Leroy.

Pouvoir s’adapter

Même son de cloche du côté d’Engie: «C’est difficile de nommer un poste qu’on ne cherche pas. On cherche de tout et on ne trouve rien en suffisance», confie Rudy Goossens, «Les profils les plus demandés en ce qui nous concerne sont des profils techniques: des électriciens industriels, des chauffagistes, des ingénieurs civils et industriels ou encore des personnes formées aux métiers de l’IT et du digital». Outre les compétences purement techniques exigées par ces différentes fonctions, Engie attend également de ses talents une grande capacité d’adaptation. «Nous travaillons dans un secteur novateur qui, contrairement à ce que certains pourraient penser, évolue très vite. Nous sommes à la recherche de talents dont les compétences allient à la fois la technique et la capacité à suivre la vitesse de note évolution», précise Rudy Goossens. A noter également que le groupe de service énergétique engage également des profils non expérimentés. «On cherche aussi des gens motivés qui en veulent et à qui nous pouvons aussi offrir un parcours de formation adapté à nos besoins. Le but n’est ici évidemment pas de transformer un juriste en ingénieur civil, mais on peut, dans certains cas, former les candidats au niveau que nous attendons», conclut Rudy Goossens.