Métiers techniques : La transition énergétique crée un boom des emplois techniques

Rédigé par: Pauline Martial
Date de publication: 8 nov. 2021
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Cop26

La transition énergétique est au cœur de la COP26 qui se déroule en ce moment. Outre le fait de répondre en partie aux enjeux climatiques, elle devrait engendrer par la même occasion une large augmentation de l’emploi, en particulier pour les profils techniques et technologiques.

Le sommet de la COP26 bat son plein à Glasgow depuis le 31 octobre. Plusieurs accords y sont négociés pour répondre aux enjeux dressés devant nous avec un engagement à la hauteur de l’urgence climatique. En plus de donner un peu d’air à notre planète, cette transition énergétique pourrait bien aussi profiter à l’emploi. C’est en tout cas ce qui ressort d’un rapport publié par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) et l’Organisation internationale du travail (OIT). « La capacité des énergies renouvelables à créer des emplois et à atteindre les objectifs climatiques ne fait aucun doute. Les gouvernements doivent revoir à la hausse leur ambition d’atteindre le zéro émission nette », y déclare Francesco la Camera, le directeur général de l’IRENA. « La seule voie possible consiste à augmenter les investissements dans une transition juste et inclusive, et en récolter tous les avantages socio-économiques tout au long du chemin ». « Le potentiel des énergies renouvelables à générer des emplois décents montre clairement que nous n’avons pas à choisir entre la durabilité environnementale d’une part, et la création d’emplois d’autre part.

Les deux peuvent aller de pair », ajoute pour sa part Guy Ryder, le directeur général de l’OIT.

43 millions d’emplois d’ici 2050

Les travaux de l’IRENA et de l’OIT semblent en effet démontrer que la transition énergétique créera plus d’emplois qu’elle n’en fera perdre. Le nombre d’emplois liés aux énergies renouvelables dans le monde a atteint 12 millions l’année dernière, contre 11,5 millions en 2019. Un scénario de durabilité à l’horizon 2030, élaboré par l’OIT, prévoit maintenant la création de 24 à 25 millions de nouveaux emplois. Une augmentation qui viendra très largement compenser les pertes, estimées à six ou sept millions d’emplois. D’ici 2050, le secteur des énergies renouvelables pourrait ainsi employer 43 millions de personnes à travers le monde.

Sans disposer pour le moment de chiffres à l’appui concernant la Belgique, la fédération des entreprises développant des produits et services tournés vers la transition énergétique, Edora, partage cette analyse. « La croissance des emplois liés au développement de la transition énergétique est attendue et indéniable », assure Fawaz Al Bitar, directeur général d’Edora. « D’autant que notre pays table sur une progression quasi linéaire et soutenue des filières renouvelables à l’horizon 2030, ce qui assure une pérennité intéressante pour l’emploi ». Edora souligne en effet la position de leader mondial qu’occupe la Belgique en matière d’éolien offshore, mais aussi onshore :

« Même si la Belgique ne dispose pas de grands assembleurs, son emploi est justement plus stable et essentiellement indirect et diffus. Ainsi, des secteurs comme celui de la construction profitent indirectement de la croissance renouvelable locale. Au niveau wallon, on voit également qu’une filière socio-économique locale s’est créée grâce au développement éolien et photovoltaïque.

Il s’agit d’un emploi à haute valeur ajoutée et non délocalisable, qui offre également de belles perspectives d’avenir avec la domotique par exemple ».

Profils variés COP26

Des profils variés

De nombreux métiers techniques et technologiques devraient donc, plus que jamais, se voir attribuer l’étiquette ‘’porteurs’ dans les années à venir. Des ouvriers de chantier dans le secteur de la construction et des voiries aux ingénieurs de projets, en passant par les profils techniques recherchés pour des interventions ponctuelles sur chantier et pour des travaux de maintenance… Peu de profils devraient être laissés-pour-compte. D’autant que bien d’autres professions pourraient tirer profit de la situation. « On prévoit aussi pas mal de débouchés pour les bio-ingénieurs et autres profils scientifiques pour tout ce qui concerne la gestion des études d’incidences environnementales, la modélisation et les études prévisionnelles », insiste Fawaz Al Bitar. Des juristes, essentiels dans la défense des dossiers des multiples demandes de permis, souvent attaqués pour vices de procédures suspectés au niveau du Conseil d’Etat, s’avéreront également d’autant plus précieux dans ce contexte de transition énergétique. De même que les ingénieurs commerciaux actifs sur le plan de la revente d’électricité.

Pauline Martial