Microsoft parie sur la formation des jeunes

Une formation en informatique ? Rien de très novateur. Mais si cette formation est dispensée grâce au concours d’un géant du secteur… Depuis deux ans, Microsoft soutient financièrement et logistiquement un module d’apprentissage de ses programmes informatiques. Une initiative baptisée Youthspark et qui vise à former 860 jeunes demandeurs d’emploi d’ici juin 2013.

L’informatique, Ioana Varzaru connaît. Un peu : traitement de texte, surf, réseaux sociaux… Plus quelques techniques héritées de son master en business management. Mais insuffisant pour les offres d’emploi pour lesquels elle postule, où une connaissance pointue des outils est la plupart du temps demandée. 

Alors, Ioana, 25 ans, a décidé d’approfondir ses connaissances. Elle fait partie des 860 jeunes demandeurs d’emploi qui, d’ici juin 2013, auront suivi cette formation gratuite, baptisée Youthspark et dispensée par le COF (Centre d’orientation et de formation en bureautique), Bruxelles Formation Tremplin et Microsoft.

Un géant de l’informatique qui investit 500 000 € dans la pédagogie ? Ça peut sembler difficile à croire mais, lorsque Bill Gates a fondé cette société, il avait dans la tête une réflexion sociétale. Il avait non seulement l’ambition de mettre un PC dans chaque maison, mais aussi la volonté d’expliquer à chacun comment s’en servir, raconte Bruno Schröder, directeur technologique pour Microsoft Belux. Or, aujourd’hui, certaines personnes souffrent toujours de la fracture numérique. 

D’où l’idée de mettre sur pied un programme d’apprentissage d’abord ouvert à tous lorsqu’il a été lancé il y a deux ans, mais depuis 2012 réellement recentré sur les jeunes, expose Laurence Verriest, responsable des projets sociétaux au sein de l’entreprise informatique. Un partenariat a donc été lancé avec l’ASBL COF, d’abord pour organiser des cours en Wallonie et en Flandre puis, depuis deux mois, à Bruxelles.

Bruxelles, une volonté spécifique de la part de Microsoft, dixit Stéphanie Close, directrice adjointe du COF. Car Bruxelles, c’est 32 139 jeunes de 18 à 29 ans sans boulot et, parfois, sans diplôme. Pour l’instant, environ 900 postes sont vacants dans le secteur informatique. Ce qui signifie que l’école ne forme pas suffisamment, estime Bruno Schröder. Nous ne sommes pas là pour nous substituer à ce que proposent les pouvoirs publics. Nous sommes là pour proposer quelque chose qui n’existait pas. 

Soit quatre modules d’une semaine chacun : un multimédias (création de vidéo, utilisation d’outils numériques), un ICT (initiation aux principaux programmes Office) et deux cursus certifiants : l’un pour Excel, l’autre pour Word. Le tout ouvert à tous les demandeurs d’emploi de maximum 30 ans, même si nous souhaitons toucher en particulier les jeunes plus défavorisés et ceux qui n’ont pas terminé leurs études, précise Laurence Verriest.

L’objectif est de les raccrocher à la vie active, enchaîne Stéphanie Close. Soit en leur donnant envie de suivre une formation plus poussée, soit en leur donnant le coup de pouce nécessaire pour décrocher un travail. Lors de la première année, le taux d’insertion (formation ou travail) avoisinait les 70 %.

Pas d’amalgame, toutefois : le suivi de ces modules ne permet en aucun cas d’être engagé chez Microsoft. Quoique, si la personne poursuit son apprentissage et acquiert toutes les compétences nécessaires, cela puisse arriver…, lance Bruno Schröder.

Robin de Wouters, 26 ans, n’en demanderait pas autant. Juste un boulot dans le secteur hypersaturé de la communication. Cette formation Youthspark est pour lui un moyen de s’occuper, car il déteste passer ses journées à ne rien faire, depuis deux mois qu’il est inscrit comme demandeur d’emploi. Une certification Microsoft, c’est tout de même reconnu internationalement. Je ne sais pas si ça me permettra de trouver du travail, mais j’espère en tout cas que ça ajoutera une ligne intéressante sur mon CV… 

 

Former 300 millions de jeunes dans le monde

Youthspark, c’est l’histoire d’une initiative mondiale lancée par Microsoft dans 100 pays. Si, en Belgique, c’est la capacité des jeunes à trouver un emploi qui préoccupe particulièrement notre entreprise, selon le directeur technologique Bruno Schröder, le projet revêt des objectifs différents selon les contrées dans lesquels il est lancé. On ne va pas mettre en place les mêmes initiatives en Europe, aux États-Unis ou en Afrique, simplement car les problèmes ne sont pas les mêmes. 

En France, par exemple, la firme de Redmond participe à deux initiatives, Web @cadémie, une association qui vise à former les jeunes sans qualification au métier de développeur web en deux ans, et Rêve et réalise, qui a pour but d’aider les 18-25 ans à devenir entrepreneurs sociaux. Aux États-Unis, l’initiative a pris la forme d’un hub créé pour mettre à disposition, dans le cloud, tous les outils nécessaires à la formation.

L’ambition de Youthspark, d’ici 2015, est de soutenir 300 millions de jeunes dans le monde.

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