Mon premier emploi: Christian Panier, magistrat et professeur à l'UCL

Pendant 35 ans, Christian Panier a évolué dans le monde de la justice. D'abord, comme avocat, puis dans la magistrature qu'il vient de quitter. Mais avant cette carrière juridique, il a connu une autre passion : celle du théâtre, qui lui a donné de l'aplomb et l'amour du verbe.

Mon premier emploi

Durant mes humanités, j'ai effectué deux jobs d'étudiant : l'un, dans une agence bancaire où je devais contrôler l'envoi des extraits de compte, l'autre, comme garçon de salle dans une auberge. Deux boulots qui m'ont fait réfléchir à  la chance de pouvoir poursuivre des études. À la fin de mes secondaires, durant lesquelles j'avais eu l'occasion de vivre une expérience théâtrale très enrichissante au Collège Saint-Pierre, j'ai été auditionné par Jean-Pierre Rey, directeur du théâtre des Galeries. Il avait besoin d'un jeune garçon pour ses pièces de boulevard. J'ai eu la chance de jouer avec Christiane Lenain et Jean-Pierre Loriot. L'année suivante, c'est Claude Étienne, du Rideau, qui m'a retenu pour une pièce de Montherlant, La ville dont le Prince est un enfant, qui parlait de relations homosexuelles troubles. Un sujet alors précurseur.

Mon premier salaire

De mes jobs d'étudiant, je me souviens n'avoir pas gagné grand-chose : 10 à  12 000 BEF (à  peine 300 €). En tant qu'acteur, cela devait tourner autour de 500-600 € par mois.

Mes premiers acquis

En plus des représentations, en 69, j'ai suivi les cours à  l'IAD, où je ne me suis pas plu. L'année suivante, j'ai rejoint la classe de Claude Étienne au Conservatoire de Bruxelles. À la fin de cette année, il m'a convoqué, ainsi que mes parents, pour me dire qu'il ne me voyait pas embrasser cette carrière d'acteur, trop rude, trop incertaine. Et j'ai suivi son conseil : je me suis inscrit en droit et j'ai fait le parcours que l'on sait. Le théâtre m'a apporté une capacité de communication verbale et physique. Dans une salle d'audience, il faut tenir son public : dans le prétoire, le texte, c'est la loi avec une part de liberté, comme au théâtre.

Ma fin de carrière rêvée  

Celle que j'ai aujourd'hui : j'étais las de la magistrature, donc j'ai préféré partir à  la retraite. Je reste prof à  Louvain et conserve ainsi une possibilité de m'exprimer. J'aimerais me consacrer aux autres, à  travers une activité de bénévolat, peut-être en milieu carcéral. Je prépare également quelques voyages, en Afrique, en Amérique latine...

Mes conseils aux plus jeunes

Je pense avant tout à  ceux qui n'ont pas la chance de faire des études. J'ai aussi envie de dire qu'il faut aimer ce que l'on fait et si ce n'est plus le cas, changer, même si ce n'est pas facile aujourd'hui. Aux jeunes juristes, je dirais qu'il faut garder à  l'esprit que le droit est là  pour promouvoir et non pour entraver.

Retour à la liste