Mondial 2018: "Entre 10.000 et 30.000 emplois pour la Belgique"

Le sénateur Alain Courtois est l'ambassadeur du projet d'organisation commune de la coupe du monde avec la Hollande. Pour notre pays, cela représenterait entre 10.000 et 30.000 jobs sur sept ans. Nous y sommes... Dans quelques heures, la Belgique et la Hollande sauront si le privilège d'organiser le plus grand évenement planétaire leur sera accordé ou non. Nous avons joint par téléphone l'un des portes-drapeaux de cette candidature, Alain Courtois, avant qu'il ne s'envole pour la Suisse. L'avocat, comme à  son habitude, s'est fendu de quelques déclarations bien senties.

Pour lui, les choses sont limpides. "Après l'expo de 1958, ce serait fabuleux d'accueillir 60 ans plus tard un autre évenement planétaire. Si nous devons passer notre tour aujourd'hui, ce sera pour un siècle alors... Car ce sera alors le temps des nations émergentes puissantes comme l'Inde."

M. Courtois, en terme d'emplois créés, quelles seront les retombées sur notre pays?

"Entre 10.000 et 30.000 emplois fixes sur sept années (2011-2018). Ce ne sont pas mes chiffres mais ceux du Bureau du Plan auquel le gouvernement fédéral a commandé une enquête économique. Et si nous décrochons le sésame, il faudra dès janvier 2011 engager une équipe hyper performante et pluridisciplinaire: informatique, sécurité, ticketing, mobilité... "

Il y a bien entendu aussi le secteur de la construction qui pourrait profiter du Mondial 2018?

"La construction est importante puisque nous allons peut-être devoir construire sept nouveaux stades. Mais n'oubliez pas toutes les entreprises en aval de la construction: fournisseur de sièges, de solutions électroniques et informatiques... Ainsi que toutes les sociétes de services, de marketing, de publicité qui vont s'emparer de l'évenement. Le mondial 2018 aura aussi un label vert. Plusieurs entreprises nous aideront donc à  tenir nos promesses en la matière. Je tiens aussi à  signaler que nos partenaires commerciaux privilégiés auront à  coeur de baser leur quartier général chez nous. Avec, vous vous en doutez, des emplois à  la pelle..."

Un tableau plutôt positif. Un mondial cela booste réellement un économie?

"Je le martèle sans cesse: le football n'est qu'un prétexte. Et pour un pays qui connaît un tel taux de chômage de sa jeunesse dans certaines régions, je ne vois rien de négatif, bien au contraire. De plus, pour certaines grandes entreprises comme la SNCB, cela demanderait de réèls investissements en matériel dès demain. Une belle oppotunité pour affronter mieux le marché.

En terme de PIB, on parle de +0,01% à  +0,02% sur les sept années qui précèdent le mondial et sur les deux suivantes. Pour schématiser grossièrement, le mondial est quatre fois plus importants que les JO !"

Vous avez toujours dis que vous ne vous impliqueriez plus après ce 02 décembre. Qu'allez-vous faire?

"Absolument. Je ne ferai pas partie du comité d'organisation si nous gagnons. Par contre, je compte continuer à  m'assurer du bon déroulement des relations publiques et des relations entre les deux gouvernements. Pour le reste, je vais encore m'investir dans mes activités politiques et la commission justice du Sénat. En janvier 2011, il sera également temps de se demander si je veux jouer un rôle spécifique dans les élections communales de 2012."

Professionnellement, quelle expérience tirez-vous de cette candidature?

"Que nous restons un pays de compétence et de performance quoique certains en disent... Et que des hommes et des femmes dans ce pays compliqué parviennent encore à  porter un projet commun malgré les différences. Malheureusement, il y a un gros point noir. Selon moi, on a pas bien saisi chez nous l'intérêt d'un tel évenement international.

Et cela démontre un manque d'ambition et d'élan général. Combien de temps encore la Belgique va-t-elle se satisfaire de l'état actuel de ses infrastructures viellissantes? Pouvez-vous imaginer que la capitale de l'Europe n'ait pas de centre de presse international? Que nous ne pouvons organiser un congrès médical mondial pour 8000 personnes? Veut-on rester les bras croisés encore des décennies?"

Avec votre expérience, quel serait votre conseil aux jeunes qui se lancent dans des études ou sur le marché de l'emploi?

"Les langues, les langues, les langues... Il est inadmissible qu'une région comme Bruxelles qui accueille autant d'organisations internationales, de missions diplomatiques, de cabinets de lobbyistes affiche des taux de 20% de chômage dans certaines communes. Croyez-moi, si tous ces jeunes sans emploi connaissaient le néerlandais, l'anglais ou l'allemand, ils travailleraient au sein de ces institutions. Mais tout a-t-il été fait pour leur apprendre? C'est un combat que je veux mener en toute occasion."

Photo: www.didier-reynders.be

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