Ouvrir l’électromécanique aux femmes

S’il y a bien un domaine dans lequel l’égalité des sexes a encore des preuves à faire, c’est plus que probablement le monde du travail. Si, en la théorie, rien n’interdit à une femme l’accès à une profession, il faut reconnaître que, dans les faits, certaines professions ont encore un accent fort masculin.

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C’est notamment le cas des métiers techniques où les chiffres sont parfois interpellants. Ainsi, chez Engie Cofely, la branche spécialisée dans la maintenance et les métiers techniques du fournisseur d’électricité, seuls 8 % des 2.000 travailleurs sont des femmes. Un pourcentage qui tombe même à 5 % lorsqu’on ne considère que les fonctions vraiment techniques.

Néanmoins les choses pourraient évoluer favorablement dans les années à venir. C’est du moins le souhait affiché par l’entreprise. La société d’énergie a en effet lancé, l’année dernière, une formation en électromécanique destinée en priorité aux femmes. « Notre secteur manque de main-d’œuvre et nous sommes persuadés qu’il y a un vrai potentiel de recrutement chez les femmes », explique Daniel Gillardin, responsable de formation chez Engie Cofely.

« Les femmes plus motivées »

En 2016, douze femmes ont suivi la formation étalée sur l’année civile, à raison de huit heures de cours par jour, cinq fois par semaine. « La formation est assez poussée avec, notamment, une journée à horaire décalé pour les habituer au rythme de travail de la profession, qui est parfois changeant. Elles ont également suivi deux stages d’observation et un pratique, détaille Daniel Gillardin, qui a pu constater une réelle envie d’apprendre. Seules deux étudiantes ont arrêté, dont une parce qu’elle avait trouvé un emploi. Les femmes sont beaucoup plus motivées et attentives lors des cours. Elles sont également beaucoup plus minutieuses lors des travaux pratiques », explique encore le formateur visiblement content de ses étudiantes.

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Et il n’est pas le seul, visiblement. Leur mémoire tout juste rendu, les douze étudiantes se verront, en cas de réussite, offrir une place au sein de l’entreprise.

A l’heure du premier bilan, Engie Cofely se dit satisfait de cette expérience. Une nouvelle édition de la formation est d’ailleurs prévue pour cette année. « Les cours débuteront le 23 janvier. Le programme est ouvert à tous, mais nous favorisons en priorité les femmes, continue Daniel Gillardin. Il reste encore quelques places, mais nous limitons le nombre d’étudiants à quinze afin d’assurer une bonne efficacité, notamment au niveau des travaux pratiques », conclut le formateur.

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