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Partir pour grandir ? - partie 2

Rédigé par: Philippe Van Lil
Date de publication: 12 sept. 2023
Catégorie:

Les voyages forment la jeunesse. Suivre un enseignement à l'étranger confirme l’adage. Deux jeunes femmes nous livrent le fruit de leur expérience, toute personnelle, parfois très loin de chez nous… en termes géographiques comme de formations académiques.

Partir à l'étranger

De la Belgique au Canada

Oonagh Humblet, 25 ans, est née en France d'un père belge et d'une mère canadienne d'origine irlandaise. Elle avait 3 ans lorsque ses parents ont décidé de venir s'établir à Uccle, où elle a grandi et suivi son parcours scolaire dans le système belge. La suite la fera encore bouger…

Sur l'insistance de sa mère, avec qui elle parlait en anglais à la maison, elle est entrée à la British School of Brussels (BSB), à Tervuren, pour parachever ses secondaires, de 16 à 18 ans. « Mon anglais est ma langue maternelle, mais elle souhaitait que je puisse faire un baccalauréat international afin de pouvoir effectuer des études universitaires à l’étranger par la suite. »

Puis, Oonagh a opté pour un baccalauréat de 4 ans au Canada. « J'ai choisi la Queen’s University, dans l'Ontario, où ma mère avait fait ses études. Je l'avais visitée au préalable. Elle avait l’allure d’un de ces campus à l'américaine, très beau et très différent de ce qu’on trouve généralement en Belgique. Ce fut l'occasion de me rapprocher de la culture canadienne, qui faisait déjà partie de moi. »

Attirée par les arts et par la mode, Oonagh désirait initialement s'orienter vers une formation dans ces domaines. « Comme on m'avait toujours dit qu'étudier ces matières ne menait pas à grand-chose, j'ai opté pour l'économie, qui m’ouvrait plus de perspectives professionnelles. Toutefois, l’une des particularités du système canadien est de pouvoir panacher une formation majeure avec une autre orientation mineure qui peut être totalement distincte. Vu mon goût pour la littérature, j’ai choisi de suivre en parallèle une formation en philosophie. »

De cette expérience canadienne, elle retient notamment la grande ouverture d’esprit des gens et le fait d’avoir pris de l’assurance et de l’assertivité sur le plan personnel. Toutefois, elle n’idéalise pas tout pour autant : « La diversité culturelle et la culture générale qu’on trouve en Europe me manquaient, non seulement dans mon environnement, mais aussi dans mes cours. »

Oser changer de cap

Au terme de ce baccalauréat, ce fut le retour au pays… en pleine crise du Covid. Oonagh s’est alors mise en quête d’un stage. « J’en ai décroché un auprès d'un réseau d'investisseurs lié aux institutions européennes. Il organisait notamment des événements en lien avec le financement de startups. Mais, vu la crise sanitaire, tout se passait en ligne, ce qui n’était pas très motivant. »

La suite de son parcours s’est faite à coups d’essais dans diverses directions. « Je me suis lancée dans un master en économie publique à Erasmus Rotterdam, que j’ai très vite abandonné. J’ai enchaîné avec un nouveau stage au sein d'une grande entreprise de cosmétiques, puis avec un premier boulot au sein d'une agence de marketing et de communication, où j’ai pu faire des choses un peu plus créatives. En parallèle, j’ai suivi ce que me dictait vraiment mon cœur depuis toujours : travailler sur le côté artistique, notamment en suivant des formations en photographie et en direction de production artistique dans des établissements londoniens. »

Poursuivre ses rêves

En fin de compte, ce changement de cap aura été salutaire : Oonagh a réalisé que le monde de la mode, de la production visuelle et du développement de l'image de marque représentait ce qui l'attirait vraiment. « Aujourd’hui, je suis une formation en management de la mode et du luxe en e-learning dans une école à Paris, avec des stages chez des créateurs belges à l’appui. »

À terme, elle envisage de devenir responsable du département image d’une marque « Cette fois, j’ai l'impression d'avoir trouvé ma voie. Au début, changer sans cesse de direction me stressait un peu, car je ne voulais pas donner l'impression d'être indécise. Au bout du compte, je pense qu’avoir décidé de changer de cap est une véritable force. Si on a un rêve, il faut le poursuivre, sans se soucier du regard des autres. »

Oonagh Humblet [square]

Oonagh Humblet