Pas de chômage pour les financiers

Les grands comptes et certaines activités périphériques continuent d’embaucher. Leurs besoins se concentrent sur trois profils : commerciaux, comptables et professionnels du risque. Même si la sélection devient plus rude.

Wanted: comptables

La rentrée bat son plein. Et avec elle, s’ouvre la traditionnelle chasse aux talents. Si l'on note un frein assez net des recrutements dans le secteur bancaire, il reste encore une filière de métiers épargnée par la crise. Celle du « chiffre ». Comptable, auditeur, contrôleur de gestion... Ces fonctions austères de la finance restent étincelantes sur un marché de l'emploi morose. Depuis l’été, près de 60 % des demandes concernent des comptables, observe Margot Perrier, manager Finance et Comptabilité au cabinet de recrutement Page Personnel. Ces profils sont tellement pénuriques que seniors et juniors trouveront à coup sûr un emploi, pourvu qu’ils aient un profil évolutif et qu’ils soient bilingues. L'obsession de transparence, de suivi comptable et de réduction des coûts dans les entreprises semble favoriser les recrutements de contrôleurs de gestion, d'experts en pilotage budgétaire ou de spécialistes de la consolidation.

Dans les banques, le ton se veut plus méfiant. Toutes recherchent des moutons à cinq pattes, refusent de prendre des risques et temporisent leurs recrutements, confie Charles-Henri Rouvrey, manager Financial Services chez Robert Walters. Par effet de miroir, les candidats eux aussi se montrent moins mobiles. La profession reste sur le qui-vive, craignant l’étendue du « Liborgate » à la Belgique et son impact négatif sur l’emploi. Les cadres refusent le changement. Il y a peu de CV rentrants. L’avantage, pour les candidats, c’est qu’ils ne doivent plus se bousculer par quinzaines pour obtenir un poste spécialisé, souligne le consultant.

Des commerciaux « chasseurs »

Par précaution, les banques se replient sur des profils liés au risque, à la compliance et à l’IT. Un profil sort toutefois gagnant de ces mouvements contrastés : les commerciaux. En Belgique, la banque d’investissement fait partie du passé, résume sans fard Charles-Henry Rouvrey. L’avenir, c’est la banque de réseau, le retail et le private banking. Car si les services bancaires se sont complexifiés, les clients attendent plus que jamais de la transparence, de la simplicité et de la proximité. Dans le private banking, la priorité est donnée aux relationship managers, capables d’entretenir des relations à long terme avec leurs clients, observe Joël Poilvache, directeur chez Robert Half Permanent Services. Plus que jamais, elles recherchent aussi des commerciaux de type « hunters », qui n’hésiteront pas à explorer de nouveaux business ou qui amèneront leurs propres portefeuilles clients, explique le spécialiste.

Pas de surprise, les actuaires, une denrée rare, restent la cible des compagnies d'assurance. Dans le secteur, les spécialistes Solvency II et IFRS, auditeurs, risk managers et asset managers gardent aussi le vent en poupe. Beaucoup de métiers du middle office seront préservés en Belgique, car ils demandent une forte proximité avec le client, rassure Joël Poilvache. Mais ce secteur recherche davantage des cadres confirmés que de jeunes diplômés.

Les jeunes, quant à eux, trouveront plus facilement leur salut au sein des Big Four et des petits fiduciaires. S'il n'a plus la même aura qu'il y a dix ans, le secteur de l'audit-conseil reste une très bonne première expérience : Même en tant qu'auditeur ou consultant junior, on y apprend une méthodologie, des techniques comptables et fin ancières, on y travaille en mode projet, résume Joël Poilvache. Une bonne carte de visite, donc. Le secteur a toujours recruté en majorité des candidats sortis d'école, pour les former à ses méthodes. Et il rouvre la chasse. Ce mois-ci.

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