Patrick Vlasselaer, un jeune apôtre de la multimodalité

C’est l’entreprise GSK qui a remporté le dernier Mobility Manager Award, décerné tous les deux ans par l’Union wallonne des entreprises. Depuis avril 2018, Patrick Vlasselaer occupe cette fonction à temps plein dans l’entreprise brabançonne.

GSK

« Il y a un réel besoin de multimodalité, parce que chaque jour n’est pas identique aux autres », soutient Patrick Vlasselaer.

Pour l’Union wallonne des entreprises (UWE), GlaxoSmithKline (GSK) constitue l’incarnation du Mobility Management arrivé à maturité, en proposant et soutenant tous les modes de transports sur l’ensemble des sites de l’entreprise et en répondant aux besoins de travailleurs aux profils et horaires différents. Le prix récompense également le côté innovant et sans cesse revu et adapté de la communication en faveur des différents modes de transport, ainsi que la créativité dont fait preuve Patrick Vlasselaer en matière de promotion et de sensibilisation.

« Nous offrons un grand panel d’options, avec tous les modes alternatifs à la voiture individuelle, de façon à s’adapter à chacune des situations », explique celui qui a été embauché comme Mobility Manager à temps plein en avril 2018, alors qu’il était consultant dans un bureau d’études en mobilité dont GSK était client. « Nous avons mis à disposition une plateforme de covoiturage à laquelle peuvent accéder les travailleurs des entreprises voisines de GSK sur les trois sites. Elle totalise presque 2.000 utilisateurs, dont 90 % sont employés de GSK, et permet de bénéficier de l’avantage fiscal lié à la pratique du covoiturage. Nous promouvons aussi l’usage des transports publics et, quand il n’y a pas de bus des TEC, nous proposons un service de navettes. Nous faisons également la promotion du vélo, et GSKparticipe à l’opération µTous vélos-actifsµ, dans laquelle elle affiche cinq étoiles depuis trois ou quatre ans. Nous avons aussi créé les infrastructures nécessaires pour intégrer la voiture électrique dans notre plan de mobilité. Il y a un réel besoin de multimodalité, parce que chaque jour n’est pas identique aux autres. Les différents modes de transport sont utilisés en fonction du site de travail, des activités de la journée. Certaines idées sont mieux adaptées à un site qu’à un autre. Bien sûr, le Saint Graal des Mobility Managers est le télétravail, parce qu’on ne se déplace pas. »

Pendant près de dix ans, GSK a fait appel aux services d’un consultant externe, avant de se dire qu’il y avait un réel besoin d’offrir ces services à ses travailleurs et de prendre la décision d’engager Patrick Vlasselaer.

Flexible et agile quel que soit le mode de déplacement

Très flatté d’avoir reçu la reconnaissance professionnelle décernée par l’UWE, Patrick Vlasselaer rappelle que le Mobility Management de GSK repose sur des collaborations à la fois internes et externes. Pour exercer sa fonction, très variée en raison de nombreux paramètres à prendre en compte, il peut s’appuyer sur une communauté d’ambassadeurs dynamiques pour chacune des solutions de mobilité proposées. « Leur nombre varie », explique-t-il. « Ce sont des personnes qui m’ont fait part de leur envie de parler du vélo ou du covoiturage, de la navette, des transports en commun… Elles m’accompagnent sur le stand de la Semaine de la mobilité. L’avantage de ces ambassadeurs, c’est que ce n’est pas moi qui le dis parce que c’est mon métier, mais des personnes qui le disent à d’autres et partagent leur expérience. Par exemple, elles témoignent du gain social et financier que représente le covoiturage, mais aussi du bien-être que cela produit, parce que, pendant que le collègue conduit, elles peuvent dormir encore 45 minutes dans la voiture. »

Le jeune Bruxellois de 35 ans, détenteur d’un diplôme de bachelier en sciences économiques et d’un master en sciences sociales, est cycliste citadin, mais prend le train pour aller travailler afin de gérer ses mails à l’aller et d’appeler sa mère au retour. Ce qu’il aime dans son rôle, c’est d’être à la fois proche des collègues, pour répondre à leurs besoins, et d’être orienté Direction pour avoir une vision, une stratégie : « Ma fonction nécessite d’être assez flexible, pour m’adapter aux besoins de mes collègues. Je dois être agile sur les propositions, les arguments et les axes de communication à développer. Nous utilisons beaucoup de canaux, aussi bien l’oral que l’écrit. J’essaie de varier les thématiques et d’être inventif pour trouver une action d’accroche sympathique. Par exemple, cette année, pendant la Semaine de la mobilité, nous présentons un partenaire qui propose des motos électriques. »

100 idées ou actions à concrétiser

Le Mobility Manager a une liste de 100 idées ou actions à concrétiser, avec de la communication, la création de nouveaux services ou encore l’optimisation de services déjà en place. Il propose aussi une matrice pour aider à choisir celles qui seront menées en priorité. « Certaines prendront 4 ou 5 ans, d’autres nécessitent de travailler en collaboration avec les collègues, en matière de fiscalité par exemple. »

Certains collègues qui ont pu bénéficier du prêt d’un vélo électrique pour tester ce mode de déplacement pendant deux semaines, y compris les week-ends et pour des activités privées, ont ensuite acheté leur propre vélo, via le plan Flex de l’entreprise ou via la prime de 0,25 euro par kilomètre parcouru. L’entreprise a installé des parkings vélos sécurisés, des douches et des casiers, pour que les employés venant à vélo puissent se changer en arrivant. Comme le prix de l’UWE était assorti de deux trottinettes, elles aussi étaient prêtées pour permettre la découverte de cet engin.

Le Mobility Manager organise aussi des campagnes de promotion récurrentes, qu’il essaie de séquencer de façon saisonnière : « La campagne de promotion du covoiturage se fait généralement en fin d’année, parce que c’est un moment charnière, mais la campagne d’inscription à la plateforme se fait fin août, parce que les collègues sont plus réceptifs à ce moment, en rentrant de vacances. Depuis mon arrivée, il y a 2,5 fois plus de personnes qui déclarent venir à vélo et, même si les covoiturages ont diminué pendant le covid, le nombre de personnes inscrites sur la plateforme a très vite doublé. Je suis convaincu que ce que je fais a une utilité pour mes collègues et j’en suis ravi ! »

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