Peut-on se passer d’une voiture de société ?

Publié : vendredi 17 avril 2015

Combiner divers transports, sur le chemin du travail, plutôt que de stagner dans les embouteillages ? Un réflexe « logique » pour la majorité des entreprises. Mais qui, dans la pratique, a du mal à  s’imposer. Selon une enquête menée par le prestataire de services RH SD Worx, neuf organisations sur dix se plaignent de leur difficulté d’accès. Quatre entreprises sur dix avouent être à  peine accessibles en transports en commun. Et, fait marquant : une entreprise sur cinq a déjà  été confrontée à  des candidats refusant un emploi, en raison de problèmes d’accessibilité...

Près de la moitié des entreprises se plaignent des files, et cette proportion passe à  trois entreprises sur quatre à  Bruxelles, indique l’enquête. Les embarras de circulation ne sont pas seulement gênants pour les automobilistes. Ils représentent également un coût pour l’entreprise : à  la fois indirect – par la fatigue et la nervosité occasionnées, par les absences et retards des travailleurs, des fournisseurs et des clients – et direct, par l’obligation, par exemple, de construire des places de parking supplémentaires.

Pour inverser la tendance, une poignée d’employeurs expérimente des mobility packs, depuis 2009 déjà . Avec des succès, certes mitigés, mais prometteurs. Dans la même lignée, le CD&V plaide pour l’instauration d’un « budget mobilité ». Le principe : sur base volontaire, les entreprises mettraient à  disposition de leurs travailleurs un cadre financier qu’ils pourraient utiliser pour combiner plusieurs moyens de transport. Vélo d’entreprise, train, tram, métro, carsharing… Chacun pourrait choisir son mode de transport, à  la carte, dans les limites du budget alloué.

Seule condition : le système ne doit pas faire augmenter le coût salarial. La valeur brute du package salarial reste donc inchangée. Une proposition de loi vient d’être déposée en ce sens. Permettra-t-elle de passer du conditionnel au concret ? Pas sûr. La voiture de société est aujourd’hui une routine, profondément ancrée dans la culture de la réussite. Si elle est nécessaire pour les travailleurs hypermobiles, elle reste, pour beaucoup de cadres, un « compliment » extrasalarial, difficile à  concurrencer.

Persuader votre cadre sup d’emprunter les transports en commun (souvent bondés), de marcher, de pédaler ou de pratiquer le covoiturage n’est pas une mince affaire. D’ailleurs, les sondages sont éloquents : deux tiers des individus imaginent aisément des alternatives à  l’automobile, mais seuls quelques-uns sont prêts à  s’en passer.

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