Plus d'accidents de travail?

Les accidents de travail dramatiques tels que l'écrasement d'un ouvrier dans la construction attirent plus d'attention que les plaintes de maux de dos ou d'épaules plus discrètes. Qu'en est-il de la gestion des accidents du travail? Rien de très glorieux non plus de ce côté: pour la première fois depuis des années, la tendance n'est plus à  la baisse.

En 1998, il y a eu 210.555 accidents de travail en Belgique. En 1999, il y en a eu 8000 de plus. Pour 64 employés, ces accidents furent mortels. Et pour plus de 3000 personnes, il s'en suit un handicap ou des séquelles permanents. Le secteur de la construction reste bien sûr le premier en la matière, tant d'un point de vue proportionnel qu'au niveau de la gravité des accidents. La métallurgie est seconde, suivie par l'industrie du bois.

Les accidents de travail en Belgique
Secteur Nombre de travailleurs Nombre d'heures à  risque Nombre d'accidents
Construction 94.490 142.580.139 11.094
Industrie du bois 18.042 27.579.863 1.711
Métallurgie 152.965 231.000.723 12.007
Industrie chimique 74.341 115.598.305 2.135
Autres industries 285.304 419.714.894 17.822
Tertiaire 1.276.423 1.742.915.879 51.518
Total 1.901.565 2.679.389.803 95.987
Accidents vers et sur le lieu de travail 16.699  
Source: Nationaal Instituut voor Statistiek

Contrairement à  ses secteurs voisins cités plus haut, l'industrie chimique s'en sort plutôt bien. Grâce aux petites et grandes catastrophes publiées par nos journaux, les producteurs de produits chimiques semblent avoir bien intégré les principes de sécurité. En réunissant tous les accidents de travail des secteurs autres que la construction et la métallurgie, on obtient un nombre inférieur au nombre d'accidents de ces deux secteurs.

Il faut peut-être nuancer la hausse de 4% d'accidents de travail en la regardant de façon proportionnelle avec l'augmentation de l'emploi grâce au regain économique. Plus il y a de personnes au travail, plus il y a des risques d'accidents.

Paul Olivier est directeur des systèmes de certification chez AIB-Vinçotte. Voici ce qu'il nous a dit sur les risques dans le domaine de la construction: " En traversant les rues, on voit encore tous les jours des ouvriers travaillant sur un toit ou sur une échelle sans harnais, sur un échafaudage sans rampes. C'est devenu presque impensable pour les gros entrepreneurs de sites industriels. La majorité des gens exigent d'ailleurs que les entrepreneurs soient en possession d'un certificat LCSEC (Liste de Contrôle de Sécurité pour Entreprises Contractantes), une sorte de liste de contrôle de sécurité pour entrepreneurs. Si vous vous promenez sur un gros chantier aujourd'hui, vous verrez que tout le monde porte un casque. Les échafaudages auront des rampes à  hauteur du tronc et il y aura des filets en dessous des structures métalliques. Les scies et les compresseurs ne s'utilisent presque plus sans protection pour les oreilles. Les câbles électriques ne traînent plus par terre, mais sont suspendus. La résistance et la qualité des câbles et des tracteurs mécaniques sont contrôlées régulièrement. Tout ceci est récent. Avant, la mentalité consistait à  dire qu'en tant qu'ouvrier dans la construction, il fallait pouvoir assumer certains risques. Mettre des gants ou un casque était ridicule. Heureusement, les temps ont changé."

Retour à la liste