Pour décrocher un entretien, mieux vaut habiter à Uccle qu’à Molenbeek

On savait déjà que le nom, l’âge, le sexe, l’origine, l’handicap, l’orientation sexuelle ou le physique d’un candidat postulant pouvait être facteur de discrimination. Mauvaise nouvelle pour les habitants de zones considérées comme "défavorisées" : l’adresse en serait un aussi.

D’après une étude de l’Observatoire des zones urbaines sensibles (France), une "mauvaise" adresse diminuerait jusqu’à trois fois les chances d’être invité à un entretien d’embauche. Pour cette enquête, les chercheurs ont envoyé plus de 3000 faux CV aux recruteurs. Tous dépeignent le même genre de candidat, au nom neutre et aux parcours professionnel semblable. Une seule variable dans ces faux CV : le lieu de résidence. Le but ? Mesurer l’impact que peut avoir la réputation de l’une ou l’autre localité sur la décision du recruteur.

Et impact il y a : un serveur par exemple recevra 10% de réponses favorables s’il habite en Seine-Saint-Denis, contre 20% s'il réside à Paris. Les chercheurs ont également constaté une discrimination à l’intérieur même de Paris, en fonction des quartiers défavorisés ou huppés.

CV anonyme?

D’après l’enquête, cette discrimination varie d’une fonction à l’autre. Les serveurs semblent ainsi souffrir davantage de discrimination en fonction de leur adresse que les cuisiniers. Un écart qui pourrait s’expliquer par le fait que les patrons pensent qu’habiter dans un quartier défavorisé présentemoins bien face aux clients.

Cette enquête relance en tout cas une fois de plus l’idée des CV anonymes.

Source : lexpress.fr

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