Pourquoi changer d'emploi en 2014 ?

Rideau sur l’année 2013. S’il n’a rien d’infamant, le bilan sera forcément mitigé. Sans jouer les fiers-à-bras, tendons l'oreille au monde. On entend en Italie la chute d'un grand fraudeur. Plus loin, en Centrafrique, le fracas des obus. Ici, c'est le chauffage qui ronronne, le glaçon qui revit, la bouilloire qui frémit. L'hiver arrive, il faut se tenir chaud. L'an prochain, tout change. Fini l'immobilisme. Ce sera eux contre nous jusqu'à la mort. Il y aura du sang et de la mitraille, des rats dans la soupe et du shrapnel en pleine tête. L'an prochain, nous déclarons la guerre. Contre qui ? On verra bien. Pour l'heure, c'est la grosse remise en question professionnelle.

Comme vous, en fin d'année, un travailleur sur deux envisage de chercher un nouvel emploi. Et près de quatre Belges sur dix prévoient d’agir en ce sens dans les prochains mois. La raison ? Ils sont deux sur trois à ne pas entrevoir (suffisamment) d'opportunités au sein de leur entreprise actuelle. Ce besoin d'air frais est le plus vif chez les salariés du secteur financier et de la génération X (nés entre 1960 et 1980).

C'est la conclusion d'une enquête menée par le cabinet de recrutement Sthree auprès de 500 profils hautement diplômés, travaillant dans le secteur de la technologie (53 %), de la finance (29 %) et de l'industrie (18 %). Au cours des six derniers mois, certains ont fait des démarches concrètes afin de trouver un nouvel emploi : 55 % des travailleurs qualifiés ont parcouru des offres d'emploi, 30 % ont envoyé des lettres de candidature, 22 % ont participé à des entretiens d'embauche, 14 % ont introduit une candidature spontanée.

La conjoncture un peu plus favorable n'est pas leur seule source de motivation. Majoritairement insatisfaits de leur fonction actuelle, à peine 35 % des travailleurs qualifiés discernent « d'intéressantes opportunités de carrière » chez leur employeur actuel. Ils se plaignent aussi d'être vissés à une fonction, sans possibilité de mobilité interne : à peine 20 % des travailleurs estiment qu'ils pourraient « aisément trouver une autre fonction » dans leur entreprise. Par contre, 70 % d'entre eux sont convaincus qu'ils ont de fortes chances de trouver un autre emploi ailleurs.

Mais une conclusion vraiment surprenante ressort de cette enquête : les travailleurs de la la génération Y (nés après 1980) se sentent plus impliqués dans leur entreprise (68 %) que leurs collègues plus âgés de la génération X (58 %). Ils sont d'ailleurs plus satisfaits de leur poste de travail (68 % contre 60 %). Les salariés plus âgés ressentent davantage de stress négatif que les jeunes (36 % contre 26 %) et recherchent en plus grand nombre (63 %) un autre emploi que leurs benjamins (39 %).

L'image de la génération Y, impatiente, exigeante et volatile, n'est donc pas confirmée. Sans doute a-t-elle un peu vieilli et gagné en maturité. Elle décèle aujourd'hui davantage d'opportunités de croissance interne que ses aînés (46 % contre 36 %).

Et vous, comptez-vous changer de travail en 2014 ?

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