Pourquoi les filles sont-elles meilleures à l’école ?

Date de publication: 15 janv. 2024

C’est aujourd’hui un fait avéré : les femmes réussissent mieux leurs études que les hommes*, que ce soit dans l’enseignement primaire, secondaire ou supérieur. Elles sont plus concentrées, redoublent moins et restent davantage dans le général…

FILLES BEST AT SCHOOL

Certains indicateurs utilisés par l'OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économique) suggèrent une domination scolaire féminine dans les pays occidentaux, de l'école primaire à l'université. En effet, les filles obtiennent de meilleures notes et des  diplômes plus élevés que les garçons. Ainsi, en Belgique, 56,5 % des femmes âgées de 25 à 34 ans (contre 43 % des hommes), sont titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur.

Le même constat est observé dans le secondaire : les filles sont en effet plus nombreuses que les garçons dans l'enseignement général (53%). De leur côté, les garçons se retrouvent majoritaires dans l'enseignement professionnel (57%) et dans l'enseignement technique de transition (58%) et de qualification (52%). Enfin, les filles redoublent moins. En 5ème secondaire (général, technique et professionnel confondus), 47% des filles n’ont jamais bissé, contre 37% des garçons.

Pourquoi les filles sont-elles meilleures en classe ?
D’après une étude d’universitaires américaine, cette supériorité féminine sur les bancs de l’école serait liée au fait que les filles acquièrent plus vite que les garçons des compétences non cognitives comme l’attention, la persévérance, la volonté d’apprendre, la capacité à rester assis ou à travailler en autonomie.

Cette différence se manifeste aussi de façon matérielle. Ainsi, dès l’école primaire, les bureaux bien rangés des filles tranchent avec ceux des garçons, où il règne le plus souvent un véritable fouillis. Plus tard, à l’université, les filles prennent des notes sur des feuilles bien propres qu’elles rangent dans de beaux classeurs, avec des stylos de toutes les couleurs et des surligneurs. Les garçons, quant à eux, sortent un vieux stylo-bille de leur poche et griffonnent quelques mots sur un morceau de papier chiffonné qu’ils s’empresseront de perdre. Cet exemple est certes caricatural, mais pas si éloigné que ça de la réalité…

L’école favoriserait les garçons
Malgré le fait que les filles soient meilleures élèves, l’école soutiendrait malgré tout davantage les garçons. C’est en tous cas ce qui est apparu dans une étude relayée par l’Ufapec : des recherches ont montré que le comportement des professeurs, la confrontation aux contenus des programmes et des manuels scolaires favorisaient les garçons. En effet, les professeurs, de façon tout à fait inconsciente, auraient tendance à tolérer davantage de comportements d’agressivité ou d’agitation chez les garçons, à qui ils accorderaient aussi plus de temps et d’attention. Cette attitude convaincraient les filles qu’elles sont moins intéressantes que leurs homologues masculins, et que leur réussite est moins importante.

De plus, les valeurs masculines (confiance en soi, ambition, esprit de compétition) sont perçues par les professeurs comme des gages d’autonomie menant à la réussite, là où les valeurs féminines (conformisme, autodiscipline, sens de l'altruisme), pourtant véhiculées par l’école, sont moins estimées.

Les femmes choisissent des filières moins prestigieuses
Ce manque de confiance que les filles acquièrent durant leurs études les rend très dures envers elles-mêmes. Dès lors, elles s’évaluent beaucoup plus sévèrement que les garçons. Ce phénomène influence ensuite leur choix d’orientation. En effet, elles optent bien souvent pour des filières moins prestigieuses et des carrières moins rémunératrices que les garçons (les sciences humaines et sociales, l'éducation et la santé). Les garçons, en revanche, se dirigent davantage vers les sciences, la technologie, l'ingénierie, les mathématiques et l'informatique, bien plus valorisés sur le marché de l’emploi.

Le saviez-vous ?
Dans l'enseignement universitaire, c'est vers les sciences médicales (60% d'étudiantes), les sciences psychologiques et pédagogiques (79%), les langues et lettres (75%) et la communication (68%) que les femmes se dirigent. A l'inverse, les sciences économiques et de gestion (62% d'étudiants), les sciences de l'ingénieur (80%) et les sciences (66%) restent majoritairement masculines. C’est donc au niveau des domaines d’études, quel que soit le type d’enseignement supérieur, que des différences se marquent entre les sexes.

 

*Selon le rapport statistique "Égalité entre les femmes et les hommes en Wallonie" dédié à l'enseignement et publié par l'Institut wallon de l'évaluation, de la prospective et de la statistique (Iweps).