Premier emploi : sans expérience mais pas sans compétences

Publié : jeudi 23 novembre 2017

Rédiger pour la première fois son CV est une expérience quelque peu déroutante. Pour beaucoup de futurs travailleurs, cette pratique peut aller très vite. Le temps d’écrire l’intitulé de son diplôme et de rougir au moment d’essayer de compléter la rubrique « expérience ». Mais pourtant, s’arrêter à ces deux seuls éléments serait une grave erreur. Car lorsqu’ils lisent un CV de jeune cherchant de l’emploi, les recruteurs font attention à un grand nombre de détails qui peuvent bien souventmener à une embauche.

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Mais qu’indiquer ? Ses stages, ses hobbys, les sports que l’on a pratiqués, d’anciennes adhésions à un mouvement de jeunesse ? La réponse à cette question est nuancée : cela dépend du poste pour lequel on postule. « Pour certains emplois, on se rend compte qu’il est devenu pertinent de mettre en avant sa pratique de jeux vidéo parce que ceux-ci peuvent démontrer une forme d’organisation, de stratégie…», note, amusé, Raphaël Darquenne, chercheur spécialisé dans la thématique des jeunes et de l’emploi. Il poursuit : « Je pense que les jeunes doivent avant tout se construire un CV en fonction du type d’employeur chez qui ils veulent postuler. Car les attentes seront tout à fait différentes selon le type d’entreprise dans laquelle le jeune postule. (…) C’est pourquoi il est très important de se renseigner à l’avance sur les activités de l’employeur. Aujourd’hui, c’est devenu facile avec le nombre important d’informations que l’on peut trouver sur internet. »

Un point de vue que Stéphanie Wyard, porte-parole pour le Forem, soutient : « Il ne faut pas non plus mettre en avant la moindre option que l’on aurait suivie en humanité… Mais par contre, il ne faut pas hésiter à le faire lorsque cela a du sens dans le cadre de la fonction pour laquelle on postule. »

Car c’est là que réside tout l’enjeu : arriver à identifier ses compétences et les valoriser lors de la recherche d’un emploi. Ce déclic est encore difficile auprès de nombreux jeunes, « bien souvent, les jeunes ont acquis tout une série de compétences qu’ils n’identifient pas », précise Raphaël Darquenne, qui présente, avec des exemples à la clé, des compétences qui intéressent les recruteurs et qui sont acquises bien loin des bancs d’école. « Prenons l’exemple d’un jeune qui a organisé un voyage à l’étranger, dit-elle. Il développera dans ce processus toute une série de compétences qui intéressent les recruteurs : l’organisation, la communication… Prenons ensuite l’exemple d’un jeune qui doit s’occuper très tôt de ses petits frères et sœurs suite à des problèmes familiaux. Il va, sans le savoir, acquérir de très nombreuses compétences utiles dans le monde du travail. »

La vague des « nouveaux emplois »

Mais pourquoi les recruteurs s’intéressent-ils tant à ces compétences qu’il n’est pas toujours simple de justifier ? Geert Vaerenberg, directeur d’Experis, explique que ces compétences seront celles qui permettront de faire face aux défis du monde de l’emploi de demain, « nous remarquons que les métiers changent, et que d’ici 2020, de très nombreux nouveaux métiers apparaîtront sur le marché de l’emploi. C’est pourquoi il est capital en tant que recruteur d’apprendre à détecter les jeunes qui ont une volonté d’apprendre et d’évoluer en permanence. Et cette attitude peut être détectée au travers d’une large série d’éléments. »

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Et ces éléments tournent principalement autour de la volonté du jeune de prendre son destin en main dans son processus de recherche d’emploi, « quand nous recrutons un jeune sans expérience, nous recherchons à identifier la façon dont le candidat a tenté d’influer sur son parcours pour le prendre en main et éviter de le subir. (…) C’est quelque chose que nous regardons surtout pour les jeunes sans emploi. Je pense que le bon réflexe à adopter dans ce cas est de ne pas accepter la situation telle qu’elle est. Chaque employeur, même si vous n’avez que peu été au chômage, vous demandera ce que vous avez fait lors de votre période de non-emploi. De très nombreuses formations sont disponibles car le principal est d’éviter une situation de statu quo. »

Un point de vue partagé du côté du Forem, « il est effectivement important de montrer que l’on n’a pas de trous dans sa carrière. Ces trous paraissent louches aux yeux des recruteurs, et il ne faut pas hésiter à les remplir avec des stages, de l’alternance… Et cela est également une bonne occasion de témoigner d’une première prise de contact avec le monde du travail. »

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