Primo-inscrits et diplômés, une évolution en dents de scie

Rédigé par: CAROLINE DUNSKI
Date de publication: 14 mars 2022
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Afin de lutter contre la pénurie d’ingénieurs, toutes spécialités confondues, et d’intéresser les jeunes aux STIM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques) en collaboration avec ses parte- naires (écoles, associations professionnelles, monde politique...), la FABI a inscrit la mise en valeur de ce métier dans ses missions prioritaires.

Pour les universités et les hautes écoles dont sortent les ingénieurs comme pour les entreprises, il est important d’attirer les jeunes vers les STIM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques).

Deux types d’ingénieurs sont formés en Fédération Wallonie-Bruxelles. Les ingénieurs civils, admis à l’université après un examen d’entrée, et les ingénieurs industriels issus des hautes écoles. Publié chaque année par la FABI (Fédération Royale d’Associations Belges d’Ingénieurs Civils, d’Ingénieurs Agronomes et de Bioingénieurs), le baromètre des ingénieurs indique le nombre d’inscriptions en Bac 1 et le nombre de diplômés en Master, pour ces études. La courbe globale des primo-inscriptions montre qu’entre 2001 et 2020, le nombre d’inscriptions est resté relativement stable, passant de 2795 à 2884, mais a connu une baisse constante entre 2001 et 2006, année où la FABI enregistrait le nombre le plus faible de 2083 primo-inscriptions, ainsi qu’une chute plus brutale, imputable à la baisse des inscriptions d’ingénieurs industriels en 2015.

Pour Valérie Seront, directrice de l’Ecole d’ingénieurs de la HELHa (Haute Ecole de Louvain en Hainaut) et présidente d’Ingéfor, association qui regroupe toutes les directions des écoles d’ingénieurs industriels, « l’explication de la baisse de 2015 est multifactorielle : Une absorption par les Hautes écoles, où le type long est minoritaire, nous faisant perdre notre identité ; Une concurrence plus marquée avec les universités – alors que nous n’avons pas les mêmes moyens – renforcée par le fait que les deux diplômes d’ingénieurs s’obtiennent en 5 ans depuis 2008. » Cette année-là, le nombre d’ingénieurs industriels diplômés a brutalement chuté de 680 en 2007 à 248, en raison de l’allongement des études de 4 à 5 ans pour les ingénieurs industriels. C’est aussi l’année charnière où le nombre d’ingénieurs civils diplômés jusqu’alors inférieur a définitivement dépassé celui des ingénieurs industriels.

Afin de lutter contre la pénurie d’ingénieurs, toutes spécialités confondues, et d’intéresser les jeunes aux STIM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques) en collaboration avec ses partenaires (écoles, associations professionnelles, monde politique…), la FABI a inscrit la mise en valeur de ce métier dans ses missions prioritaires. Son programme d’actions met aussi l’accent sur la sensibilisation des jeunes filles au métier d’ingénieure, dans le cadre de sa participation à la coalition « c’est génial   da’s geniaal ». Ce partenariat rassemble plus de 20 entreprises internationales et organisations locales qui proposent des expériences et des défis, principalement destinés aux jeunes et aux enfants de 10 à 14 ans, au travers d’un parcours inclusif et sensible au genre. Dans les jours qui viennent, la FABI diffusera aussi sur les réseaux sociaux des capsules vidéo dans lesquelles des ingénieures témoignent de la passion de leur métier qui les anime. Avec l’espoir de convaincre les jeunes filles qu’elles ont un rôle à jouer dans la société en apportant une complémentarité des approches et du travail collaboratif.