La prudence s’impose toujours dans le recrutement

Plus de neuf employeurs belges sur 10 (91 %) interrogés fin juillet par le groupe Manpower n’envisagent aucun changement dans leurs effectifs, tandis que 4 % prévoient une hausse contre 3 % une diminution. C’est donc la stagnation qui s’impose pour le quatrième trimestre consécutif.

« L’incertitude consécutive au ralentissement de l’économie mondiale, au vote en faveur du Brexit et à l’instabilité permanente des marchés financiers influence le climat de confiance sur le marché de l’emploi en Belgique, commente Philippe Lacroix, Managing Director de ManpowerGroup Belux. Les employeurs belges restent encore sur la réserve pour le prochain trimestre et rapportent des intentions de recrutement assez stables. »

Réalisé avant ce mois de septembre noir, marqué par de sombres nouvelles pour les travailleurs de Caterpillar, d’AXA, de Douwe Egberts, CP Bourg, Eurostation ou TUC Rail, entre autres, cette enquête ne donne peut-être qu’un aperçu déjà daté du marché de l’emploi. « Cette incertitude pourrait s’accentuer suite aux annonces récentes d’importantes restructurations », reconnaît Philippe Lacroix.

Création nette de 90.000 postes de travail

« Mais ces annonces et cette prudence ne doivent pas occulter la tendance générale actuelle du marché de l’emploi en Belgique qui évolue de façon positive, même si le taux de croissance reste assez faible, poursuit-il. Selon les chiffres de la Banque nationale, le nombre de personnes au travail en Belgique a augmenté de 1,02 % au cours des deux dernières années, passant de 4.537.600 au 1 er trimestre 2014 à 4.628.500 au 2 e trimestre 2016, soit la création nette de 90.900 postes de travail. »

C’est en Flandre que le marché de l’emploi devrait être le plus favorable au cours du prochain trimestre. La « prévision nette d’emploi », soit l’indicateur utilisé par Manpower pour clicher la tendance, affiche une valeur « prudemment positive » de +3. Les prévisions d’embauche sont également légèrement positives en Wallonie (+1), en hausse de 1 point par rapport au 3 e trimestre 2016 et de 4 points par rapport au 4 e trimestre 2015. A Bruxelles, la tendance est légèrement négative.

Peu alarmiste au regard de la récente actualité, ce baromètre est conforté par un autre indicateur diffusé quant à lui par SD Worx. Le propos ? « Pas moins de 40 % des PME envisagent d’avoir plus d’employés au cours de l’année qui vient. Ce pourcentage est le plus élevé depuis septembre 2010 dans le cadre de (notre)enquête trimestrielle », note-t-on chez SD Worx. L’optimisme est apparemment partagé par les trois régions. « En comparaison avec février 2016, les intentions d’embauche ont bondi en Flandre de 19 % à 42 %. La progression est également substantielle en Wallonie (de 27 % à 39 %) et pour la Région de Bruxelles-Capitale (de 16 % à 33 %) . »

De quoi donc relativiser les récentes annonces, sachant qu’il faut bien évidemment un tissu de PME particulièrement dense, solide et dynamique pour parvenir à compenser les restructurations, d’un autre ordre de grandeur, des grandes entreprises…

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