Puis-je être licencié après avoir insulté mon patron?

"Il y a quelques jours, mon patron et moi avons eu un désaccord. La discussion s'est envenimée jusqu'au point où, énervé, je l'ai insulté. Est-ce que je risque d'être licencié pour ma conduite?"
La réponse de Caroline Schoonejans, SD Worx

Insulter son patron: à  éviter

La loi relative aux contrats de travail prévoit expressément qu’un employeur et son employé se doivent respect et considération. Il n’est donc pas permis d’insulter son patron.

Motif grave?

L’employeur et l’employé peuvent à  tout moment mettre fin au contrat de travail pour motif grave.  La rupture du contrat prend alors immédiatement effet, sans prestation d’une période de préavis et sans paiement d’indemnité de rupture.

Un motif grave est un manquement sérieux, qui empêche définitivement la collaboration professionnelle entre l’employeur et l’employé. 

La loi ne stipule pas de liste exhaustive des manquements sérieux ; on n’y trouve que cette définition générale. Le principe de motif grave est donc parfois difficile à  déterminer. C’est pourquoi il incombe au tribunal du travail de juger de la gravité d’une faute. Celui-ci prononcera un jugement incontestable déterminant si le manquement nuit définitivement et immédiatement à  la collaboration entre employeur et employé.

Les insultes et injures adressées à  des supérieurs hiérarchiques ou à  des collègues sont souvent considérées comme cause de licenciement pour motif grave devant le tribunal. Evidemment, le contexte, la position hiérarchique de l’auteur et la fréquence des faits, tout comme un éventuel avertissement préalable, jouent un rôle important. La nature des insultes, leur gravité, le fait que l’auteur occupe un poste à  hautes responsabilités tout comme le fait qu’il adopte un comportement vulgaire en présence de collègues forment des circonstances aggravantes.

L’issue dépendra donc de la situation concrète et des preuves que détient l’employeur.

Cause de licenciement?

Il est également possible qu’un employé qui a insulté son patron soit licencié sans motif grave et doivent donc prester une période de préavis. Un tel licenciement ne doit pas être motivé.

Le travailleur a alors la possibilité de plaider l’abus de droit de licenciement (s’il est employé) ou le licenciement abusif (s’il est ouvrier). La chance que le juge donne raison au travailleur est toutefois très faible.

Insulter son patron peut donc être un motif de licenciement.

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