Quatre secteurs recrutent activement à Bruxelles

Rédigé par: Pauline Martial
Date de publication: 25 mars 2019
Catégorie:

Mobilité

Le marché de l’emploi bruxellois se porte bien. De nombreuses opportunités sont à pourvoir, principalement dans quatre secteurs clés: l’enseignement et les administrations, les services aux entreprises et commerces, les soins de santé et aides aux personnes et, last but not least, le secteur IT.

Si les inquiétudes se multiplient quant au ralentissement conjoncturel annoncé par le Bureau du Plan dans les prochaines années, celles-ci ne semblent actuellement pas nuire à la bonne santé du marché de l’emploi bruxellois. L’emploi à Bruxelles se porte bien, plusieurs secteurs recrutent d’ailleurs en masse. «Quatre secteurs ont actuellement le vent en poupe à Bruxelles. Il s’agit du secteur de l’enseignement et des administrations, des services aux entreprises et commerces, des soins de santé et aides aux personnes ainsi que le secteur IT», affirme Grégor Chapelle, directeur général d'Actiris. Preuve en est: le nombre d’offres d’emploi que reçoit chaque année l’organisme en charge de l’emploi à Bruxelles. «A titre d’exemple, l’an dernier nous avons reçu 2.134 offres d’emploi de la Stib, 471 de la Communauté française, 500 d’Axa Belgique et 510 des Cliniques universitaires Saint-Luc. L’emploi est donc au beau fixe dans ces secteurs», développe Grégor Chapelle.

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Pénurie de main-d’œuvre qualifiée

Sur papier en tout cas. Car les offres d’emploi ont beau être nombreuses, les employeurs concernés peinent de plus en plus à trouver des candidats qui correspondent aux profils qu’ils recherchent. En cause? La diminution progressive de la réserve de main-d’œuvre qualifiée. Une réalité que rencontre chaque secteur à son niveau. Aux Cliniques universitaires Saint-Luc, par exemple, on recrute chaque année 800 collaborateurs. Et, sans surprise, c’est du personnel infirmier dont il manque aujourd’hui cruellement. «L’an dernier, nous avons engagé 200 personnes rien que pour le département infirmier. C’est difficile de trouver des candidats qui nous conviennent parce que le métier d’infirmier figure parmi les métiers en pénurie. Et ça ne risque pas de s’améliorer puisqu’avec la réforme des études, aucun étudiant ne sortira de bachelier cette année», explique Monique Durieux, responsable du recrutement aux Cliniques Saint-Luc. Une situation qui pousse le département des ressources humaines à formuler des annonces attractives mettant l’accent sur les spécificités de travailler dans un hôpital universitaire à la pointe des avancées médicales. «Cela passe également par les formes de contrats que l’on propose, précise Monique Durieux. Nous n’avons pas intérêt à proposer un CDD à une infirmière alors qu’elle aura peut-être cinq autres opportunités en CDI dans d’autres hôpitaux. On propose donc des CDI même dans le cadre d’un remplacement.»

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Cette nécessité de recrutement, Axa Belgium, qui emploie pas moins de 2.700 collaborateurs à Bruxelles, y est également confronté: «En tant qu’assureur, nous devons être capables de nous transformer pour répondre à l’évolution constante des besoins de nos clients et du marché. Cette transformation implique de facto une recherche constante de talents», explique Marie Willo, responsable du recrutement chez Axa Belgium. Parmi les profils les plus recherchés figurent des experts et des gestionnaires mais aussi, en raison de la digitalisation croissante, des profils de niche tels que des actuaires, des informaticiens ou encore des spécialistes de l’intelligence artificielle. Et là aussi, la phase de recrutement est loin d’être aisée. «La recherche de ces profils très spécifiques conduit à une véritable guerre des talents dans le monde de l’assurance. Les différents acteurs du secteur sont confrontés aux mêmes enjeux de transformation et sont donc en compétition pour dénicher les talents qui feront évoluer leur entreprise», assure Marie Willo.

L’atout de la capitale

Outre le manque de formation de la main-d’œuvre et les situations de concurrence, la difficulté pour les entreprises de trouver des candidats qui répondent à leurs attentes s’explique aussi en partie par le caractère bilingue de la Région, à en croire le directeur général d’Actiris. «De nombreux demandeurs d’emploi ne maîtrisent pas le néerlandais. Or, nous estimons que quelqu’un qui apprend le néerlandais double ses chances de trouver un emploi à Bruxelles. 50% des offres emploi que nous recevons exigent, en effet, la connaissance du néerlandais», précise Grégor Chapelle.

Enfin, si la capitale belge représente un atout en termes de recrutement pour de nombreuses entreprises, elle peut également constituer un frein pour de nombreux candidats. «Bruxelles attire de nombreux travailleurs de par ses ressources et la présence de nombreuses institutions, mais d’autres, en revanche, sont réticents à cause de l’éternel problème de mobilité de la capitale», estime le directeur général d’Actiris. Une situation qui, à en croire Grégor Chapelle, pousse parfois de grosses entreprises à quitter le territoire bruxellois pour s’installer en périphérie.

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