Quelles sont les entreprises préférées des Belges?

Qui sont les meilleurs employeurs du pays ? Si, au plan national, les travailleurs plébiscitent l'industrie pharmaceutique et les médias, c'est Audi qui remporte le prix du jury.

Malgré les soubresauts du secteur, l'automobile continue de faire rêver. C'est le résultat du classement réalisé par Références et Vacature à la suite d'une vaste enquête nationale. Réalisée en collaboration avec la Vlerick Business School auprès d'un panel de 8 000 répondants, l'enquête a, pour la première fois, été suivie d'un audit RH, réalisé in situ par le groupe Acerta. Objectif : déterminer le degré de concordance entre l’image perçue par le monde extérieur d’une organisation en sa qualité d’employeur et ce qui se passe effectivement au sein de cette organisation. Sans compromis. Au total, 600 organisations réparties à travers 29 secteurs ont été jugées par nos lecteurs sur 14 critères, incluant le contenu du travail, la santé financière, l’engagement sociétal ou encore les possibilités de développement... Cette première évaluation a donné lieu à 60 nominations. Mais les prix n’ont été décernés qu’aux 9 organisations ayant survécu au « crash test » d’Acerta et à l’analyse minutieuse de leur dossier RH.

Audi, meilleur employeur du pays

En première place du secteur marchand (profit) figure le constructeur Audi, qui se paie le luxe de damer le pion à deux stars du branding, à savoir Coca-Cola Enterprises et Bayer.

Dans la catégorie non-profit, le SPF Emploi arrive en troisième position, juste derrière l’Université catholique de Louvain et le gouvernement flamand.

Enfin, dans le secteur social, la palme revient à la Croix-Rouge, talonnée par la mutualité Partena et l’hôpital UZ Brussel.

Ces lauréats obtiennent d’excellents scores dans plusieurs fondements : package salarial, sécurité de l’emploi, équilibre travail-vie privée, santé financière, qualité du management, possibilités de carrière, formations et contenu de la fonction. Un choix qui s’explique aussi par une adéquation intelligente entre le management et le département des ressources humaines. Celui-ci écoute ce qui se passe sur le lieu de travail et veille à ce que la gestion du personnel reste cohérente, explique Peter Tuybens, directeur Consultancy & Development du service RH d’Acerta. Et de préciser : Nous avons également prêté attention aux nouvelles façons de travailler, indépendamment du temps et du lieu. C’est crucial pour une gestion compétitive du personnel. En outre, nous avons plus que jamais investigué sur la pénétration de la stratégie d’entreprise sur le lieu de travail. Parce que finalement, tout le monde devrait contribuer aux résultats de l’entreprise. 

Le Belge préfère le profit

Mais un constat s’impose : si les résultats ne devaient dépendre que de la perception du public, ils seraient différents. En effet, au-delà des prix du jury, le top 20 du secteur marchand révèle une forte présence des entreprises d’origine belge. À l’exception de la multinationale Coca-Cola qui culmine en haut du classement, près de la moitié des vingt premières entreprises préférées des Belges est occupée par des sociétés nées au Royaume, avec Solvay (2e), suivi de Janssen Pharmaceutica (5e), AB Inbev (7e), Belgacom (9e) ou encore Brussels Airlines (11e). Les autres entreprises présentes dans le top 20 confirment un intérêt marqué pour les entreprises européennes, ainsi que le savoir-faire germanique ou, du moins, le sacre de ses compétences technologiques et industrielles.

Audi est un bel exemple de tout cela. L’entreprise a été surprise de sa nomination en tant qu’Employer of the Year, mais si vous regardez le chemin parcouru par cette organisation au cours des cinq dernières années, l’award est certainement justifié, confie Peter Tuybens. En 2007, Volkswagen Forest a été rebaptisé Audi Brussels, à la suite d’une restructuration qui a causé beaucoup d’agitation sociale. Audi a réussi à inverser la tendance au sein de son organisation. Le produit Audi fonctionne bien et l’entreprise a investi de manière très consciencieuse dans son capital humain, observe l’expert d’Acerta.

Si l’on compare le public et le privé, l’enquête révèle que, malgré sa recherche de stabilité et de sécurité d’emploi, le Belge privilégie nettement les employeurs de la catégorie du profit. Le privé, dans son ensemble, obtient un score d’attractivité de 73,7 %. Le secteur le plus attractif est l’industrie pharmaceutique (22,7 %), suivie des médias (21,8 %). Mais le secteur non-profit et les services publics gagnent au change. Dans le non-profit et le social profit, l’engagement personnel est très fort, observe Peter Tuybens. Beaucoup de gens veulent servir la société et apprécient leur employeur pour la richesse du contenu de leur fonction. Le SPF Emploi par exemple est souvent réduit à l’inspection sociale dans les médias, mais si vous parlez aux employés, vous obtenez une image beaucoup plus riche et constructive. L'image du « fonctionnaire de carrière », figé dans la même administration, appartient définitivement au passé.

Rafal Naczyk

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