Quels jobs pour les futurs diplômés ?

Face à un marché du travail capricieux, les jeunes diplômés doivent s'adapter. Et utiliser leurs armes – créativité, maîtrise des langues et des nouvelles technologies – pour réussir. Voici sept secteurs pour se lancer dans la chasse à ce fameux « premier vrai poste ».

La fièvre monte dans les amphis. Les examens approchent et bientôt, les étudiants s'apprêteront à faire leurs premiers pas sur le marché de l'emploi. En ce début d’année, la conjoncture économique incite les entreprises à l’attentisme. Pourtant, de nombreux observateurs discernent quelques lueurs d'espoir. Un coup d'œil sur les petites annonces permet de constater que les commerciaux, les consultants ou encore les ingénieurs pour l'industrie et les services informatiques ont la faveur des recruteurs. Pour autant, les jeunes diplômés doivent s'armer de courage et de détermination : ils sont nombreux et les jobs le sont... beaucoup moins.

Finance

Réglementations renforcées, évolution des produits financiers et des attentes des investisseurs : les entreprises spécialisées en banque, finance et assurance recrutent aussi des jeunes. La principale conséquence de la crise financière pour les diplômés est une modification de leurs débouchés professionnels dans les banques. En volume, mais aussi en nature d’emploi. Ces secteurs recherchent surtout des comptables et des juristes, des bacheliers directement opérationnels, explique Régis Amichia, responsable de la division Banque et Assurance chez Page Personnel. Les métiers se réorganisent autour des nouvelles stratégies, désormais plus axées sur la couverture des risques que sur la spéculation. Certes, il y a des vagues de licenciements. Surtout en agences. Mais la plupart des départs seront remplacés par de jeunes diplômés. Si ING réduit la voilure, Belfius annonce 250 recrutements de diplômés d'ici 2016 pour des postes IT, marketing et online banking. De son côté, BNP Paribas Fortis place ses objectifs de recrutement à 200 par an jusqu’en 2015, dont une majorité de jeunes.

Conseil et audit

Même tendance dans les domaines du conseil, de l’audit et de l’expertise comptable. Beaucoup d’entreprises souhaitant contrôler et optimiser leurs coûts. En ligne de mire : les Big Four, où les jeunes diplômés représentent 70 % à 80 % des recrutements. Le cabinet Deloitte prévoit 300 recrutements de juniors en 2013. Nos besoins ? Des diplômés en économie appliquée, des masters en droit, des ingénieurs civils et industriels, des bacheliers en comptabilité et en fiscalité, et des profils IT, énumère Jurgen Moenaert, responsable du recrutement et de la mobilité. Stabilité également et mêmes besoins chez KPMG, avec 100 nouvelles embauches avant septembre. PwC recherche encore 100 candidats fraîchement diplômés pour commencer dès l’été 2013. Les débouchés se recentrent sur les grands classiques que sont les métiers du chiffre, la comptabilité, le révisorat. La partie advisory voit son portefeuille de missions se spécialiser. Conseils en organisation, en management, voire en systèmes d'informations sont également recherchés.

Informatique

Dans certains secteurs d’activités, les ingénieurs sont tellement courtisés que les jeunes sont recrutés avant même la fin de leurs études. L’informatique, par exemple, est constamment en demande de diplômés. Mais la mobilité et la modernisation des systèmes d’information affichent également une belle croissance. Internet, pour sa part, continue à générer de nombreux emplois. Et c’est pourquoi start-ups ou agences web recrutent des ingénieurs spécialisés présentant des profils de développeurs front office ou d’architectes Java. Le développement récent du Cloud Computing (stockage informatique sur des serveurs à distance) suscite aussi de nombreuses embauches.

Industrie

Les besoins se situent à différents niveaux de qualification. Dans l’industrie, les entreprises recherchent à la fois des techniciens, avec des spécialisations en maintenance, méthodes ou qualité, et des ingénieurs, principalement en recherche et développement, car l’innovation est essentielle pour marquer la différence face à la concurrence. Le plus grand secteur employant des ingénieurs est celui des bureaux d’études et des sociétés de conseils indépendants. Une prédominance qui traduit essentiellement une externalisation des activités d’ingénierie dans de nombreuses entreprises. Autres filières en tension : l’aéronautique et les transports. En pleine modernisation, la SNCB compte recruter 1 500 personnes cette année. La moitié de notre personnel part à la retraite. Nous avons besoin de jeunes ingénieurs et de bacheliers techniques pour prendre la relève, explique Mireille Protin, responsable du recrutement.

Énergie

Autres domaines en pleine effervescence : la chimie, l’énergie, l’industrie pétrolière, le gaz, l’électricité ou le nucléaire. Tous recrutent dans la production et ciblent à la fois des géologues, des spécialistes électriques ou des ingénieurs procédés. GDF Suez poursuit ses embauches d’ingénieurs dans le nucléaire, à la suite de nombreux départs en retraite. Sa filiale Cofely Fabricom recherche, quant à elle, des profils plus techniques : des monteurs, des électromécaniciens, des brigadiers, ainsi que des jeunes qui souhaitent diriger une équipe. L’environnement offre de nombreuses perspectives, les filières vertes étant en plein essor, notamment dans les domaines du traitement de l’eau et des déchets.

Commerce

La demande de commerciaux est de plus en plus forte. Toutes les entreprises ont besoin de vendre, quelle que soit leur activité, dans le domaine des services, la distribution spécialisée, l’e-commerce ou les industries. Le secteur des télécommunications, et du multimédia, embauche également. Et reste une valeur sûre, une fois le diplôme en poche, pour trouver un emploi. À ce titre, Mobistar prévoit d’engager 200 personnes. Beaucoup de ces postes concernent des agents pour notre service clientèle et des vendeurs en magasin. Pour ces fonctions, Mobistar engage des profils très variés parmi lesquels également de nombreux jeunes terminant leurs études ou n’ayant qu’une première expérience professionnelle, indique Catherine Coussement, responsable du recrutement. L’intelligence commerciale est essentielle : savoir écouter, comprendre les besoins du client, créer un climat de confiance. Les recruteurs s’intéresseront donc davantage à des candidats ayant une ouverture d’esprit, une culture générale, une capacité de raisonnement, un potentiel d’évolution. 

Non-marchand

Autres pourvoyeurs d’emploi importants, la santé et le social où la pénurie de certains profils, en particulier les infirmières et les spécialistes du grand âge, reste problématique. Enfin, pour ceux qui se découvriraient une vocation, 16 913 emplois seront créés dans les écoles de Bruxelles et de Wallonie d’ici 2017. Dans le détail, le ministre de l’Enseignement Jean-Marc Nollet (Écolo) souhaite créer 10 464 emplois rien qu’à Bruxelles et 6 449 nouvelles places en Wallonie, pour faire face à une pénurie importante.

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