Qui sont les employés les plus heureux ?

Rédigé par: Virginie Stassen
Date de publication: 19 févr. 2024

Pas les Belges, en tous cas ! En effet, selon une étude[1] menées auprès de plus de 23 000 employés en Europe, en Amérique du Nord et en Australie, la Belgique s’avère être l'un des pays où les travailleurs sont… les moins heureux !

happy at work

Pas une très bonne nouvelle pour les employés de notre pays… En effet, la Belgique se classe en septième position dans une étude internationale sur le bonheur au travail. Le rapport a évalué 23 000 professionnels actifs en Europe, en Amérique du Nord et en Australie. Les employés les plus heureux travaillent aux États-Unis, en Allemagne et aux Pays-Bas avec des scores respectifs de 71,8, 71,2 et 69,9 sur une échelle de 0 à 100. A l’opposé, les pays où les employés se disent les moins heureux au travail sont la France (63,8), la Belgique (65,2) et l’Angleterre (67,2). La Belgique se trouve donc bonne avant-dernière devant la France, qui arrive dernière. Pourtant, le chiffre de 65,2% de travailleurs satisfaits peut sembler important dans l’absolu, mais en constatant que la moyenne mondiale est de 66%, il s’agit d’un résultat plutôt décevant.

Quels sont les vecteurs de bonheur au bureau ?

Les facteurs de bien-être sont nombreux, mais parmi les plus fréquents, nous citerons le sentiment de progresser, le respect de l’équité, l’efficacité dans les processus de travail, le soutien de la hiérarchie et une organisation saine… Autant d’éléments qui favorisent le bien-être au travail, et donc la motivation des employés.

Ces principes varient toutefois d’un pays à l’autre. En Belgique (comme en France, en Allemagne et en Australie), « le traitement équitable et respectueux, le sentiment d’appréciation et de liberté » arrive en première place. Aux Etats-Unis, en Angleterre et au Canada, on retrouve aussi la fierté d’appartenir à l’entreprise. Aux Pays-Bas, un « travail utile » est également primordial pour se sentir heureux.  

Les Belges, moyennement stressés

L’étude de Robert Half s’est également attardée sur le niveau de stress des employés. A ce niveau, la Belgique s’en sort un peu mieux puisqu’elle arrive à la cinquième place, donc dans la moyenne. Nos voisins du Nord sont les moins stressés, suivis par les Australiens, les Anglais et les Américains.

La Belgique obtient également de bons résultats en termes d’implication (elle se hisse en quatrième position). Les Allemands se sentent néanmoins les plus impliqués en entreprise, suivis par les Hollandais et les Américains.

Principes scandinaves : la clé du bonheur ?

Lorsqu’on parle du bonheur en général, les pays du Nord se hissent aux premières places. En entreprise aussi. C’est du moins ce que révèle une enquête réalisée par le prestataire de services Tempo-Team[2] en 2019. Selon l’étude, les salariés les plus heureux travailleraient  dans des sociétés qui appliquent les principes scandinaves dans leurs ressources humaines, notamment en ce qui concerne l’encadrement et la planification des carrières, la recherche d’un bon équilibre entre travail et vie privée, l’esprit d’équipe et les perspectives de progression internes. On parle aussi d’un travail d’équipe solide et de l’attention portée à l’épanouissement individuel.

Globalement, un tiers des salariés seraient heureux sur leur lieu de travail (ils s’attribuent une note de 8 sur 10 sur l’échelle du bonheur) contre un quart d’insatisfaits qui s’accorde moins de 6 sur 10.

Or, il faut savoir qu’être heureux dans son travail rend plus productif,  permet un plus grand engagement (79% contre 40%), offre une meilleure santé (86% contre 49%), rend le travail plus passionnant (81% contre 25%) et le salaire (ou les attentes que l’on en a) plus satisfaisant (62% contre 39%).

Quelles sont les doléances des employés ?

Les salariés moins heureux considèrent que leur entreprise ne parvient pas à attirer les bonnes personnes (43% contre 15% pour les plus heureux), ni à retenir efficacement les collaborateurs talentueux (55% contre 31%).

Quatre travailleurs heureux sur 10 déclarent aussi que leur entreprise accorde plus d’attention à la forme physique et à une alimentation saine, entre autres en organisant des initiatives sportives (29%), en aménageant des postes de travail ergonomiques (26%) et en distribuant moins de snacks et de boissons sucrées (20%). Or seul un quart des salariés moins heureux affirment que leur employeur s’y attèle aussi. Le fait de sentir que l’entreprise vise au bien-être augmenterait donc directement le niveau de bonheur des employés.

Et qui dit heureux au travail, dit aussi plus équilibré dans sa vie privée (7,7 contre 5,4 sur 10).  

Dans quelles entreprises est-on le plus heureux ?

Afin de déterminer dans quelles entreprises les salariés étaient les plus heureux, Speak & Act, la plateforme française de marque employeur et école, a lancé son label Best Workplace Expérience – Happiness Barometer. Voici, d’après son enquête, les dix entreprises où le degré de bonheur des employés est le plus élevé…

1            ADIKTS Conseil (IT)

2            Alenia Consulting (Conseil / IT)

3            GlobeDreamers (Marketing)

4            Welmo (Immobilier)

5            L’Atelier (Conseil)

6            Solantis (Recrutement)

7            HMT (Conseil)

8            Critizr (Conseil)

9            LIFEAZ  (Médical)

10         BlaBlaCar (Services)

A domicile et avec flexibilité

Selon la même étude de Speak & Act, le télétravail et la flexibilité constituent eux aussi des facteurs majeurs de bien-être. La crise sanitaire couplée au développement des techniques digitales a en effet généralisé le télétravail. La flexibilité s’en est trouvée améliorée, et les travailleurs s’y sont pour la majorité bien accommodés. En effet, cette nouvelle façon de travailler a permis de mieux gérer ses horaires, d’être plus souple dans son organisation de travail, de bénéficier d’un meilleur équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle… Désormais, le télétravail semble une évidence au sein des entreprises (au moins quelques jours par semaine). Le taux de satisfaction concernant la flexibilité au travail est ainsi passé de 78% en 2021 à 81% en 2022.

La responsabilité sociale joue aussi

L’un des autres vecteurs de bien-être au travail est la politique RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises) ainsi que les mesures prises envers la diversité et l’inclusion. Il s’agit en effet de valeurs fortes pour les employés, qui se sentent davantage impliqués dans une entreprise qui les respecte.

Les entreprises qui souhaitent rester compétitives et retenir leurs meilleurs éléments sont donc poussées à mettre ces sujets à l’honneur dans leur stratégie de recrutement et dans leur culture d’entreprise.

Les chiffres de Speak & Act avancent que les collaborateurs sont particulièrement satisfaits de leur entreprise concernant la démarche RSE et la question de la diversité : elles atteignaient en effet un taux de satisfaction de 77% en 2021, et de 79% en 2022.

Concernant l’inclusion et la diversité, la parité femme-homme se trouve sous les feux des projecteurs. De gros efforts ont été fournis à ce sujet ces dernières années, amenant un taux de satisfaction de 80% auprès des employés qui ont participé au sondage.

Créer un cercle vertueux

Selon un coach en entreprise, la satisfaction des employés serait avant tout liée à la productivité et à l'innovation de l’entreprise, car ces dernières poussent les travailleurs à se montrer plus impliqués et donc plus productifs, ce qui crée une ambiance de travail positive et efficace.

D’un autre côté, le rôle des employeurs est primordial dans cette recherche du bien-être au bureau : en favorisant la communication et la reconnaissance de leurs employés, ils favorisent leur implication et leur satisfaction. Un cercle vertueux à mettre en place aussi souvent que possible !


[1] Menée en 2017 par le bureau de recrutement mondial Robert Half, une société spécialisée dans l’épanouissement professionnel.

[2] L’enquête a été menée auprès d’un échantillon représentatif de 2 100 travailleurs. La marge d’erreur maximale de l’enquête est de 2,94%.