Recherche d'emploi : dix erreurs à éviter

Publié : samedi 25 novembre 2017

Sur le marché de l'emploi, vous êtes confronté à  une intense concurrence pour un nombre de postes limités. Comment vous démarquer sans vous griller ?

Vous voulez orienter ou réorienter votre carrière ? Heureux ceux qui ont les nerfs solides, une confiance inébranlable, des amis fidèles, des compétences rares et un réseau professionnel épanoui... Car les temps sont durs. L'emploi « pour tous » n'est plus qu'une lointaine illusion. Et, en quelques années, les codes d'accès au marché du travail ont radicalement changé. Aujourd'hui, la recherche d’emploi ressemble à  un vrai champ de bataille dont seuls les plus aguerris sortiront vainqueurs. En raison d’un constat évident : jamais, il n'y a eu autant de candidats en compétition. Face à  cette abondance, le poste est attribué à  la personne qui se met le mieux en valeur et sait se positionner comme la solution au problème de l’employeur. Dans ce contexte, les méthodes classiques mènent soit à  l’échec, soit à  la frustration. Pour sortir du lot, il faut user de nouveaux moyens, parfois non conventionnels. Enfin, s’adapter, c’est aussi savoir démontrer d’autres qualités, comme son intelligence relationnelle, sa compréhension de l’entreprise, de ses besoins, de son fonctionnement, de sa hiérarchie. Pour vous aiguiller à  travers ce nouveau monde du recrutement, voici dix mauvais réflexes à  éviter. Et les stratégies de contour. Avec un seul désir : vous armer pour décrocher « votre » emploi.

1. Un CV trop exhaustif

Pour arriver en haut de la pile, le CV ne doit jamais être vague, incolore ou inodore. Il doit être direct et précis. En réalité, un recruteur ne passe pas plus de 6 secondes à  scruter un CV, avant de faire son choix. Si votre CV tient en une page, le recruteur bénéficie d’une vision d’ensemble. Il peut mieux le mémoriser et donc l’apprécier. En plus d’être chronologique et fonctionnel, le CV doit aussi démontrer à  l’employeur en quoi vous pouvez accroître ses bénéfices, l’aider à  faire des économies et à  devenir plus efficient. Tout en haut du CV, créez une section « Objectifs » ou « Compétences-clés » : placez-y soit l’intitulé d’un poste, soit une liste de compétences précises. C’est votre passeport.

2. Un CV sans mots-clés

Vous aviez dans l'idée de faire un e-mailing de masse ? Vous faites fausse route ! Vous devez bichonner votre interlocuteur et lui montrer que vous vous intéressez à  lui. Envoyez-lui un mail d'accompagnement personnalisé mentionnant l'emploi auquel vous postulez. Côté CV, adaptez au moins son titre à  l'intitulé du poste convoité. Enfin, gardez à  l'esprit que les employeurs utilisent souvent des logiciels pour faire un premier tri, basé sur une analyse sémantique. Vous aurez davantage de chances de décrocher un entretien en utilisant des mots-clés dans votre candidature. Analysez les attributions du poste et utilisez les mêmes mots et expressions pour décrire vos compétences et votre expérience.

>> À lire : Voici le meilleur moment pour envoyer votre CV 

3. Masquer les « trous » dans son CV

Chômage, année sabbatique, congé parental, arrêt maladie… Il ne faut jamais masquer un « trou » dans un CV ni truquer les dates d'une période de chômage. Car en cas de contrôle de référence, on verra qu'il y a tromperie et cela retire toute crédibilité à  une candidature. Quel que soit le motif d'interruption de carrière, il est fondamental de dire la vérité et d'expliquer quels moyens ont été mis en œuvre pour trouver un emploi. En évitant de fournir trop de détails sur sa vie personnelle. En cas de maladie, parlez de « période d'inactivité », sans entrer dans le détail. En revanche, n'indiquez pas vos périodes de chômage. Mais mentionnez si cette période a été l'occasion de suivre des formations ou que vous êtes resté actif dans les réseaux, associations, etc.

4. Faire l'impasse sur la lettre de motivation

Inutile, la lettre ou le mail de motivation ? Grave erreur. À CV équivalent, c'est elle qui fait la différence. À condition qu'elle ne soit pas un pauvre copier-coller de formules maintes fois rabâchées. Ou pire : un recueil de fautes de frappe, de fautes de syntaxe ou de conjugaison. Les CV décrivent le passé. Mais ce que recherchent vraiment les recruteurs, c'est un regard sur l'avenir. Il faut entrer rapidement dans le vif du sujet. L'accroche de votre lettre de motivation doit être percutante : la première phrase est primordiale. L'entreprise évolue dans un secteur sous tension ? Montrez que vous en connaissez les ressorts. Que vous êtes un « pro », animé par le feu sacré. Rassurez le recruteur, en insistant rapidement sur vos résultats.

5. Ne pas soigner sa visibilité numérique

Avant un quelconque entretien, le recruteur doit déjà  vous connaître. Car votre ombre numérique vous précède. Blogs, forums, Facebook ou LinkedIn : les autres lisent vos interventions, jugent votre style, jaugent vos domaines de prédilection. Il est donc primordial de contrôler son identité numérique. Car être lu, c'est être évalué. Pour le recruteur, la tentation d'aller chercher ou vérifier la fiabilité des informations sur le candidat existe. Officiellement, les grandes entreprises condamnent le procédé et disent ne pas y avoir recours. Mais officieusement, toutes l'avalisent. Pour garder le contrôle, enlevez les éléments qui vous desservent : les photos compromettantes, des propos acerbes ou déplacés. Surtout, gommez toute critique envers votre ancien employeur.

>> Voir aussi : Comment optimiser votre profil LinkedIn 

6. Se contenter des annonces

C’est là  un problème chronique. En effet, environ 70 % des offres d’emploi ne figurent jamais dans les annonces. C’est ce que l'on nomme le marché caché du travail. Et il ne se dévoile qu'à  travers le bouche à  oreille ou la cooptation. La meilleure façon de trouver un nouvel emploi consiste donc à  contacter directement les employeurs. La communication, c'est la clé invisible qui vous ouvre ou vous ferme des portes professionnelles. Lorsqu’elle est passive, il est quasiment impossible de percer. Or, les affaires se font au téléphone et en face à  face. Si une entreprise vous intéresse, essayez de trouver une personne que vous connaissez et qui serait liée à  l’employeur et utilisez-la comme point d’ancrage.

7. Ne pas faire appel au réseau

Alors que le CV social en 140 caractères est déjà  à  la mode aux États-Unis et fait son apparition en Europe, avec les réseaux sociaux, rien n’est plus comme avant, ni pour le candidat, ni pour le recruteur. En effet, sur LinkedIn, les individus sont devenus des « candidats à  vie » et dévoilent leurs références, leurs compétences et leur cursus. Du coup, neuf recruteurs sur dix utilisent les réseaux sociaux à  un moment ou à  un autre du processus de recrutement. La clé consiste à  interagir avec eux et à  entrer en « conversation ». Enfin, depuis quelques années, CV et médias sociaux deviennent indissociables. Si vous avez un compte Twitter ou un profil sur LinkedIn, n'hésitez pas à  indiquer ces liens dans votre CV. Le recruteur aura juste à  cliquer dessus pour y accéder et mieux vous connaître. C'est toujours du temps gagné.

8. Chercher à  convaincre seulement le recruteur

C’est une loi immuable des entretiens d’embauche : seule compte la première impression. L’esprit humain requiert 8 à  60 secondes pour se forger une opinion lorsqu’il est face à  une nouvelle personne. Lors de votre entrée, le recruteur ne retient de vous qu’un seul adjectif : sérieux, pro, souriant, empathique… ou nerveux, distant, fatigué. En entretien, cet adjectif est votre passeport. Sous un halo favorable, il va vous porter. Seulement, voilà . Les candidats à  un emploi doivent se rappeler qu'ils n'ont pas que l'employeur à  impressionner. Les responsables de l'embauche ont l'habitude de demander l'avis de toutes les personnes qui ont interagi avec le candidat, qu'il s'agisse de la réceptionniste ou des futurs collègues potentiels. Morale de l’histoire : soyez parfait, en tout temps, envers tout le monde.

>> À consulter également : Les "soft skills" écrivent l'avenir du recrutement

9. Avouer ses faiblesses en entretien d'embauche

Nous avons tous des faiblesses. Savoir exprimer ses carences avec subtilité représente une marque de lucidité, d'honnêteté et une absence de prétention qui sera appréciée. Cela prouve qu'en tant que candidat, vous connaissez vos axes de progression. Mais faut-il chercher à  dissimuler toutes ses lacunes ou à  jouer systématiquement cartes sur table ? Assumez vos choix de vie, notamment ceux qui ont créé des « blancs » dans votre CV (congé parental, reconversion...). Mais ne dévoilez que ce qui peut être utile à  l’entreprise. Ou, du moins, les carences qui vous paraissent acceptables. Évitez aussi de montrer vos faiblesses sur des connaissances ou compétences qui sont cruciales pour le poste. Toute la subtilité est dans le dosage.

10. Ne pas envoyer de mail de « debriefing »

L’entretien d’embauche ne s’arrête pas à  la porte de l’entreprise. Si le recruteur est un « client » qui doit vous choisir, votre « service après vente » peut s’avérer déterminant. Remerciez vos interlocuteurs pour leur intérêt, réitérez votre motivation pour le poste et affinez l’image que retiendra de vous le recruteur après l’entretien, par un mail de « debriefing ». Peu pratiqué, il agit pourtant comme une prolongation cordiale. Un appendice utile, notamment auprès de ceux qui ont expressément signifié qu’ils ne souhaitaient pas être recontactés par téléphone. Vous voulez marquer des points ? Reprenez simplement les éléments et les mots-clés utilisés durant l’entretien. Il s’agit, en quelques lignes, de reformuler les deux ou trois idées fortes évoquées lors de votre discussion. Et de démontrer que vous avez bien intégré les besoins de l’entreprise. Plus le mail sera personnalisé, plus il sera efficace auprès du recruteur.

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