Les ruptures de contrat en baisse suite à la suppression de la période d’essai

Publié : mercredi 30 novembre 2016

30% en moins de licenciements et de démissions lors des six premiers mois après un engagement ont été constatés à la suite de la suppression des périodes d’essai. C’est ce que révèle l’analyse des données fournies par 40.000 employeurs, analyse réalisée par le spécialiste en ressources humaines Acerta, détaillent nos confrères de l’Echo.

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La suppression de la période d’essai et l’allongement des délais de préavis sont les conséquences de l’harmonisation des statuts ouvriers et employés entrée en vigueur en 2014. Les coûts de licenciement ayant considérablement augmenté, il est dorénavant bien plus difficile pour un employeur de se séparer d’un collaborateur durant les six premiers mois de son engagement : 18,7% des contrats prenaient encore fin avant le terme de la période d’essai en 2014, contre 13,4% aujourd’hui. Soit une baisse de 28%. Le licenciement d’un employé nouvellement engagé coûte ainsi maintenant 3.552 euros à l’entreprise entre le troisième et sixième mois. Il n’était “que” de 888 euros avant l’arrivée du statut unique.

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Ce sont les PME qui rompent le plus souvent les contrats à court terme. En effet, elles sont à l’origine de 17,4% des ruptures de contrat après 2014, contre 7% pour les grandes entreprises. En cause, les PME engagent plus souvent sur base de leur “feeling”, sans passer par une procédure de sélection approfondie, explique Benoît Caufriez, manager chez Arceta. Le risque de se tromper sur le candidat est donc plus élevé. “Beaucoup de patrons de PME s’imaginent que passer par une procédure de recrutement plus professionnelle, menée par un bureau externe, va coûter cher. Mais la bonne question qu’ils doivent se poser est : combien cela me coûtera-t-il si je me trompe”, explique-t-il à nos confrères de l’Echo. 

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Une des raisons de la diminution du nombre de ruptures de contrat durant les six premiers mois est aussi liée au fait que les employeurs ne sont plus contraints d’évaluer le travailleur avant la fin de la période d’essai, selon Benoît Caufriez. Cette évaluation était faite pour savoir si la fonction convenait à l’employé, pour aider l’employeur à prendre la décision ou non de salarier le nouveau collaborateur sur le long terme et pour lui proposer éventuellement un CDI. 

Dès lors, les entreprises auraient beaucoup à gagner en réintégrant les périodes d’essai. Le coût des licenciements baisseraient en outre et les préavis resteraient réduits sur le long terme pour certaines catégories de travailleurs, conclut l’Echo.

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Dans son étude, Acerta a toutefois constaté que les démissions sont plus fréquentes qu’auparavant. En effet, 34,6 % des décisions de rompre le contrat sont maintenant prises par le travailleur et 30,6% par l’employeur. Une tendance qui s’est inversée.

Peut-être faut-il voir une caractéristique propre à la génération Y, les jeunes travailleurs se révélant moins désireux de s’engager pour le long terme auprès d’un seul employeur, comme l’ont démontré plusieurs études récentes.

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Marine Martin 

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