Se former à un métier n’a plus la même signification que par le passé

Cefora donne accès, gratuitement, à des formations pour quelque 404.000 employés issus de 55.000 entreprises belges. À cela se rajoutent également les formations proposées aux demandeurs d’emploi. Coller aux besoins du marché de l’emploi y est une priorité.

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Quelles sont les formations qui rencontrent le plus de succès au sein du Cefora ?

Les formations à la bureautique rencontrent un beau succès. Il s’agit, par exemple, d’accompagnements visant à maîtriser des logiciels comme Excel, Word ou encore OneNote, le programme de prise de notes de Microsoft. Ensuite, les formations en langue sont très demandées ainsi que les formations liées au bien-être au travail.

Qu’entend-on par formations liées au bien-être au travail ?

D’abord, c’est de la prévention au burnout. Ensuite, il s’agit de toutes les formations qui permettent d’améliorer la relation d’une personne dans son travail ou avec ses collègues. Ceci comprend le management de son temps, la communication, la gestion du stress, l’assertivité…

Nouveaux emplois, économie digitale… Les défis qui frappent à la porte des entreprises et de leur personnel sont nombreux. Ces entreprises et leurs travailleurs vous semblent-ils prêts à faire face à ces défis ?

Je vais répondre à cette question en partageant un ressenti, il ne s’agit en aucun cas d’une réponse basée sur des données empiriques. Dans ce processus de numérisation et de changement du monde du travail, nous n’observons pas encore de réponse forte face au changement, que ce soit au niveau des employés ou des entreprises. La preuve est que nos formations qui restent les plus fréquemment suivies sont celles de bureautique ou de langue… Il s’agit de formations plus que classiques.

Quelles sont les compétences qui vous semblent intéressantes à développer pour faire face à ces défis ?

Le World Economic Forum donne sa propre réponse à cette question en avançant qu’il faut être capable de répondre à quatre critères qu’il baptise les quatre « c » : la communication, la créativité, le sens critique et la coopération. Notre objectif pour cette année 2018 est d’aller dans ce sens et de parvenir à offrir des formations permettant de répondre à ces critères.

Comment mettez-vous cela en place au travers de vos formations ?

Cela demande un important travail de la part de nos formateurs. Aujourd’hui déjà, et cela se renforcera dans le futur, une formation ne doit plus s’orienter vers l’unique objectif d’apprendre un contenu. Il faut faire en sorte que la personne formée puisse, par elle-même, aller chercher l’information qui lui permet d’apprendre ce contenu et d’adapter ses compétences dans le temps.

Vers quelles entreprises sont orientées vos formations ?

Nous sommes issus de la CP 200 qui est la commission paritaire auxiliaire. Elle englobe toutes les activités qui ne correspondent pas à un secteur précis. Il y a donc 32 secteurs d’activité qui sont couverts par notre offre de formations. Cette dernière s’articule autour de trois types de formations. Tout d’abord les formations transversales qui sont des formations valables pour tous les types de métiers. Ensuite, ce sont des formations à des métiers que l’on retrouve dans tous les secteurs : comptable, responsable des ressources humaines, assistant de direction… Enfin, il reste les formations ciblées sur des compétences liées à un métier précis.

Nous évoquions la thématique du changement. Comment est-il possible d’adapter le monde de la formation à un marché de l’emploi qui semble changer sans cesse ?

C’est une question importante. Une statistique indique que 50 % des métiers qui seront exercés en 2030 n’existent pas encore. Quand on pense au marché de l’emploi à ce moment présent, il y a déjà une large série de métiers qui sont apparus récemment. Je pense notamment à celui de community manager, ou celui de data protection officer. Lorsque l’on parle de changement, il faut se rendre compte qu’aujourd’hui, le changement est tellement rapide qu’il a dépassé la capacité d’adaptation de l’être humain. Et cela implique de repenser les emplois et donc, le système de formation. Beaucoup de métiers doivent s’adapter au fait que petit à petit, les machines occuperont de plus en plus de place et qu’il faudra apporter une réelle plus-value qui justifie le fait de travailler à côté d’elles. C’est pourquoi il est aujourd’hui capital d’œuvrer à exercer les compétences cognitives des travailleurs et des demandeurs d’emploi que nous formons. Le rôle du formateur n’est plus celui d’un fournisseur de contenu mais d’un accompagnateur de la personne qui l’aide à développer ses compétences d’adaptation.

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