Softskills, les compétences essentielles à l’avenir des travailleurs

Date de publication: 21 janv. 2019
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Des changements bouleversent le marché de l’emploi. Les formations continues deviennent donc indispensables et doivent mettre l’accent sur les «softskills».

Qu’il s’agisse de la grande distribution, du secteur bancaire ou encore de la téléphonie, les exemples ne manquent pas pour illustrer la mutation du marché du travail. Herwig Muyldermans, directeur général de la Federgon, la Fédération des prestataires de services RH, se veut, d’ailleurs, alarmant: «Nous devons tous nous préparer à la possibilité d’un jour perdre notre emploi.» Car, selon lui, il faut s’attendre à des changements profonds dans les années à venir. En cause? L’évolution technologique constante, la concurrence de plus en plus accrue avec l’intelligence artificielle mais aussi l’économie disruptive. «Beaucoup de postes vont changer et évoluer, d’autres vont carrément disparaître. De nombreuses personnes vont être licenciées, d’autres seront engagées pour de nouvelles fonctions», prévoit le directeur général de la Federgon.

Et si tous les secteurs seront concernés, c’est surtout «les travailleurs moyennement qualifiés qui seraient sur la sellette, estime-t-il. Il y aura toujours du travail pour les gens hautement qualifiés ainsi que pour les manœuvres par exemple. C’est plutôt pour les travailleurs qui se situent entre les deux qu’il faut se faire du souci.» De quoi nous pousser à nous interroger sur ce que signifie aujourd’hui la notion d’employabilité. Comment permettre aux travailleurs d’évoluer à l’intérieur du marché du travail? Grâce aux formations qui doivent être continues, selon la Federgon. «Des formations qui relèvent avant tout de la responsabilité du travailleur lui-même, considère Herwig Muyldermans, le travailleur doit s’autoformer via des cours du soir ou par internet. Il peut aussi solliciter son employeur.»

La formation, qu'elle soit initiale, continue, en horaire classique ou décalé, constitue encore et toujours le meilleur moyen de construire une carrière riche et épanouissante.
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L’intérêt des entreprises

Car ces formations sont également la responsabilité des entreprises. «Les entreprises doivent investir dans la formation dans leur propre intérêt et celui du travailleur», affirme la Federgon. Et le message semble déjà reçu dans de nombreuses entreprises. Selon des chiffres de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), plus de 8 entreprises belges sur 10 offrent des formations à leur personnel. Chez Engie, par exemple, près de 350.000 heures de formation ont été dispensées à 9.800 collaborateurs en 2018. «Nous assurons un programme continu de formations en fonction des profils et des besoins. Il s’agit principalement de programmes de nature technique destinés à nos collaborateurs actifs dans les centrales mais également au personnel des services énergétiques», explique Anne-Sophie Hugé, responsable presse d’Engie.

A la Stib aussi on investit, en allouant à chaque travailleur un budget de 1.300 euros par an destiné à sa formation. Et là aussi, l’aspect technique est visé. «Avec l’arrivée des bus hybrides et des bus électriques, les métiers de la maintenance évoluent de la mécanique à l’électromécanique. Nous avons donc mis en place un plan de développement considérable, tant pour nos chauffeurs que pour nos techniciens. Les formations sont données de manière classique en présentiel ou de manière digitale», développe Françoise Ledune, directrice de la communication.

Au sein de la société d’informatique NRB, des formations techniques et méthodologiques sont également organisées à la demande des travailleurs qui sont invités à réfléchir à leurs besoins individuels. L’employabilité n’est cependant pas pensée uniquement en termes de formation traditionnelle. «On mise beaucoup sur la communauté. Beaucoup de nos formations se font de plus en plus de manière informelle. On organise par exemple des lunch & learn, des séances de partage d’expertise qui se font sur le temps de midi», explique Sarah Thiry du département des Ressources humaines.

Accompagnements de carrière

Les gouvernements ont aussi un rôle à jouer. «En Flandre, on propose depuis plusieurs années des accompagnements de carrière. Il s’agit d’un coach externe qui aide le travailleur à réfléchir sur ses points forts/faibles sur le marché de l’emploi. C’est subsidié par le gouvernement flamand et c’est quelque chose qu’on devrait envisager aussi à Bruxelles et en Wallonie», estime Herwig Muyldermans. Un accompagnement qui s’avérerait d’autant plus utile que si l’aspect technique est le plus souvent visé par les formations, c’est pourtant dans les softskills qu’il faut aujourd’hui investir. Car, selon Herwig Muyldermans, le travailleur qui, à l’avenir, garantira son employabilité est celui qui sera capable de s’adapter et d’apprendre de nouvelles choses sans être désorienté par les situations nouvelles qui se présentent à lui.

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