Talentum Hainaut: l’emploi transfrontalier

Tournai

Actuellement à Tournai ce sont les carrières, les hôpitaux et les écoles qui sont les principaux employeurs de la région. Travailleurs locaux et transfrontaliers profitent de cette ville agréable qui compte de nombreuses attractions touristiques, comme ses deux monuments classés au patrimoine de l’UNESCO et tous les établissements HoReCa qui les entourent.

 

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Aller au contact des entreprises de la région, ça fait partie du travail du bourgmestre de Tournai, Paul-Olivier Delannois. Il aime discuter avec les différents entrepreneurs et recueillir leur vision du marché de l’emploi. Au fil de ses sorties, il établit le constat suivant: la plupart des entreprises recrutent mais peinent à trouver de la main-d’œuvre qui leur correspond. Ainsi, un entrepreneur de l’Union industrielle Tournaisienne lui a confié avoir une machine flambant neuve qu’il est forcé de garder à l’arrêt parce qu’il n’a pas encore trouvé la personne capable de la faire fonctionner. «J’ai toujours la même remarque: du boulot il y en a mais on ne trouve pas de travailleur. Il faut faire coïncider l’offre et la demande» souligne le bourgmestre. Il tente de remédier au problème à sa façon, notamment au travers d’une page Facebook et d’une lettre d’information «Emploi Tournaisis». Dès qu’un entrepreneur a un poste à pouvoir, il partage l’annonce à la population par ces canaux. En effet, l’emploi est une matière très importante aux yeux du bourgmestre: «C’est la base de tout. Avoir un emploi, c’est avoir une vie sociale et être inclus dans une société. C’est important pour aller plus loin dans la vie.» explique-t-il.

Faire coïncider les offres d’emploi et la demande, c’est aussi tout le but du Talentum qui se tiendra dans la région du Hainaut ce 15 octobre. Ce salon de l’emploi et de la formation se déroulera de façon virtuelle entre 13h et 18h. Il permet aux employeurs de rencontrer et de discuter via chat avec différents candidats. Les profils sont variés: jeunes fraîchement diplômés, travailleurs souhaitant se reconvertir ou demandeurs d’emploi. À ce titre, le salon Talentum vise également à intégrer le monde de la formation au monde du travail. En effet, même si plusieurs entreprises forment sur le tas, il est important de faire correspondre les formations aux attentes du monde du travail et à l’inverse, d’informer sur les débouchés possibles lors des formations.

Actuellement à Tournai, ce sont les carrières, les hôpitaux et les écoles qui sont les principaux employeurs de la région. Au Talentum, ce seront tout de même des entrepreneurs de secteurs variés qui seront présents dont plusieurs acteurs publics comme la Ville de Tournai ou le SPW. Plusieurs centres de formations seront également connectés pour renseigner les candidats.

Paul Olivier Delannois

Paul-Olivier Delannois, Bourgmestre de la Cité aux cinq clochers, a toujours défendu une vision européenne: «Nous sommes proches de tout. Nous sommes proches de la Flandre, de la France, nous sommes dans un contexte d’Eurométropole. Lille est une ville qui jouxte Tournai, on a pas mal de Français qui viennent travailler sur notre territoire. À l’heure où on parle d’Europe, ce n’est pas inintéressant de s’ouvrir au monde extérieur et aussi à la Flandre.»

 

Plusieurs projets de logements

Comme de nombreuses villes, Tournai a été confrontée à un vrai défi: loger tous ses habitants et nouveaux travailleurs dans les meilleures conditions. Pour y remédier, plusieurs projets sont en cours. Des logements déjà existants seront rénovés grâce à 18 millions d’euros de subsides pour remettre le chauffage central aux normes. D’autres logements sont mis en vente vis-à-vis d’un public plus défavorisé. Et enfin, le quartier de la gare, en coopération avec le SPW et la SNCB, sera rénové. Tous ces projets réjouissent le bourgmestre et ce notamment par les chantiers qu’ils engendrent. «Quand vous avez des travaux, il n’y a pas que la grue. Derrière chaque grue, il y a des marchés. Derrière les marchés, il y a de l’économie. Et derrière l’économie, il y a des gens qui peuvent effectivement en bénéficier.» souligne-t-il.

Tournai: cité de l’Eurométropole

Située à quelques kilomètres de la frontière française, la ville de Tournai peut sembler écartée du reste de la Belgique et surtout loin des grands pôles économiques. Un argument balayé du revers de la main par le bourgmestre qui croit dur comme fer aux avantages de cette frontière: «Nous sommes proches de tout. Nous sommes proches de la Flandre, de la France, nous sommes dans un contexte d’Eurométropole. Lille est une ville qui jouxte Tournai, on a pas mal de Français qui viennent travailler sur notre territoire. À l’heure où on parle d’Europe, ce n’est pas inintéressant de s’ouvrir au monde extérieur et aussi à la Flandre.» C’est pour mettre en valeur cette situation stratégique que la ville a veillé à rénover ses voies de communication. Les nombreux travaux qui ont mené à l’élargissement des quais de l’Escaut offrent une opportunité à la ville dans le secteur de la navigation. Un moyen de transport considéré comme un atout notamment sur le plan environnemental.

Tournai fait partie du groupement européen appelé Eurométropole. Ce nom désigne avant tout un territoire qui regroupe la Wallonie picarde mais aussi 90 communes françaises et plus de 150 communes flamandes. Au total, Eurométropole englobe 2 millions d’habitants. Cette organisation vise à faire coopérer les différents acteurs décisionnels pour avoir une concordance des modes de vie dans toute la zone et impulser de nouvelles dynamiques. En ceci, est compris l’emploi. Les acteurs économiques et politiques se retrouvent autour de la table pour discuter de leurs problèmes en la matière. Par exemple, Eurométropole s’est occupée des prix des trains à la frontière. Plusieurs villes proches, comme Lille et Tournai, étaient chères à relier à cause des différentes sociétés de transport. Pour les travailleurs transfrontaliers, le coût du déplacement était très important, il a donc fallu les réduire et surtout coordonner la SCNB et la SNCF. Mais pour le bourgmestre de Tournai, Eurométropole doit davantage se développer.

Cette avancée dans la vie pratique des transfrontaliers doit en amener d’autres notamment en termes de pollution atmosphérique ou d’inondations.

De nombreux travailleurs transfrontaliers

L’avantage de cette frontière avec la France, c’est aussi la langue commune. Les échanges transfrontaliers sont accessibles. Ainsi, de nombreux Français passent la frontière pour travailler dans le Tournaisis. Pas de quoi parler de concurrence entre Belges et Français selon Paul-Olivier Delannois: «J’ai une vision européenne depuis toujours. Je n’ai aucun problème à ce qu’un Français vienne travailler dans nos zonings.» Il ne manque d’ailleurs pas de rappeler à tous ces transfrontaliers de profiter du reste de la ville. Les attractions touristiques de Tournai, comme ses deux monuments classés au patrimoine de l’UNESCO, et tous les établissements HoReCa ne sont qu’à deux pas.

Une collaboration similaire existe avec plusieurs entreprises flamandes. Si elles viennent s’implanter dans la région du Tournaisis, c’est principalement parce qu’elles recherchent des terrains, ce qui devient rare de l’autre côté de la frontière linguistique. Bien sûr, dans ce cas-ci, un mauvais niveau de néerlandais peut compliquer le partenariat. Mais ça ne constitue pas une barrière importante selon Paul-Olivier Delannois: «J’ai été visiter une nouvelle entreprise. Avec le patron, on avait du mal à se parler en français. Pourtant, je peux vous assurer qu’on a passé une heure et demie ensemble et que l’on a bien compris ce que l’un et l’autre voulaient.» Bien sûr, les échanges fonctionnent dans les deux sens. La région de Courtrai, qui connaît un taux d’emploi remarquablement haut, emploie de nombreux francophones.

Le Talentum Hainaut c’est donc aussi un peu celui de Lille et de Courtrai.

 

 

 

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