Talentum Hainaut : le secteur hospitalier recrute à tour de bras

Rédigé par: CAROLINE DUNSKI
Date de publication: 21 sept. 2022
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Six hôpitaux ou groupes hospitaliers seront présents au salon Talentum Hainaut organisé le 29 septembre à Charleroi. C’est peu dire que le secteur a besoin de nouveaux talents. Et pas seulement dans les métiers du nursing.

Jolimont

Sur leur site Internet, à la rubrique « jobs », chacun des six hôpitaux ou groupes hospitaliers inscrits au salon Talentum Hainaut organisé le 29 septembre à Charleroi propose des dizaines d’emplois, mais aussi des offres de stages et des jobs d’étudiants. Si les métiers de soins en tant que tels constituent bien sûr la majorité des offres, il est flagrant qu’ils ne sont pas les seuls.

Avec son équipe, Isabelle Gonçalves, responsable développement humain du groupe Jolimont, s’occupe de tout ce qui concerne le recrutement, la formation et le développement de carrière. Elle confirme que « le groupe Jolimont ne recrute pas que du personnel soignant, mais aussi tous les corps de métiers que l’on retrouve dans les entreprises du secteur marchand. Par exemple, en ce moment, on relance trois offres d’emploi pour l’IT, on recrute pour les ressources humaines, pour la finance, où on embauche notamment un contrôleur de gestion, qu’on appelle chez nous un µgestionnaire de performancesµ, un comptable et un responsable comptable. On va également recruter pour les cuisines, des chauffeurs… tous ces métiers qui permettent qu’une institution hospitalière puisse tenir. »

Le défi que doivent relever les hôpitaux est d’être attractifs pour ces différents profils, de permettre aux personnes qui y correspondent de percevoir tout le sens que peut prendre le fait de travailler dans le secteur des soins de santé où des valeurs d’entraide et de respect se ressentent concrètement chaque jour. « La crise Covid a amené pas mal de personnes en recherche d’emploi à se remettre en question et à se tourner vers le secteur parce qu’elles étaient en quête de sens, poursuit Isabelle Gonçalves. C’est une motivation que l’on retrouve beaucoup chez les candidats qui postulent chez nous. »

Des métiers inattendus

Pour son département infrastructures, le groupe Jolimont – qui regroupe six hôpitaux, huit maisons de repos et de soins, six crèches, un service d’accueil extrascolaire, un service de promotion de la santé à l’école et quatre centres de santé mentale dans le Brabant Wallon et le Hainaut – va prochainement engager un architecte qui assumera la fonction de pilote de chantiers. Cinq hôpitaux du groupe seront reconstruits dans les prochaines années, tandis que celui de Tubize, qui organise une journée portes ouvertes ce samedi 24 septembre, a été entièrement rénové.

Pour recruter de nouveaux collaborateurs, comme les autres groupes hospitaliers, Jolimont utilise différents canaux. « Pour tout ce qui concerne le nursing, le premier canal de recrutement se fera via les stagiaires et les étudiants, et donc les écoles d’infirmières sont de vrais partenaires. Pour les autres métiers, on travaille notamment avec le Forem, qui nous aide à recruter le personnel de cuisines, les techniciens et techniciennes de surface. On publie assez régulièrement nos offres d’emploi sur le site du Forem. Nous travaillons aussi avec la plateforme de recrutement µTalent Finderµ, qui nous permet de diffuser nos annonces tant sur notre propre site internet que sur des sites extérieurs. Nous travaillons aussi sur Le Guide social pour les fonctions paramédicales. »

Ponctuellement, quand les profils sont plus spécialisés, la responsable développement humain externalise aussi le recrutement en postant les offres sur des sites spécialisés, comme ce sera probablement le cas pour la fonction de responsable comptable ou comme ce fut le cas pour les profils IT ou pour le poste de la responsable juridique récemment engagée. « Notre équipe est composée de quatre recruteurs et on essaye de garder le recrutement en interne. On va plutôt utiliser des sites comme Step Stones ou Références. »

Certains profils comme les éducateurs spécialisés ou les psychologues se trouvent plus facilement via les canaux internes de l’entreprise. « On n’a pas encore de grands retours sur la cooptation par des collaborateurs – ambassadeurs, qui consiste à faire de notre personnel des ambassadeurs qui, eux-mêmes, cooptent des collègues, des connaissances, des amis. On utilise aussi beaucoup avec les réseaux sociaux qui sont certainement des moyens de recrutement. Pas seulement LinkedIn, mais aussi Facebook et Instagram. On se demande aussi si on ne doit pas aller sur TikTok pour les plus jeunes. Les étudiants et les stagiaires sont nos collègues de demain, et on doit les choyer et les accueillir au mieux. » Cet été, plus de 250 étudiants jobistes ont travaillé en cuisine, dans le nettoyage ou dans des postes administratifs, dans l’ensemble des pôles du groupe et le service des ressources humaines a reçu plus de 1.000 candidatures.

Valoriser des métiers peu connus en travaillant avec les écoles

« De manière générale, le recrutement est compliqué aujourd’hui. Il y a beaucoup de métiers en pénurie. On parle du soignant, dans un hôpital, mais ici, on a cherché pendant plus de quatre mois un acheteur spécialisé en marchés publics. Je sais que les trois postes à recruter en IT, ça ne va pas être évident. Le marché de l’emploi est très tendu et le recrutement est compliqué, parce que les gens ont l’embarras du choix pour pas mal de métiers et que cette nouvelle génération n’est pas si facile à apprivoiser. Pour la séduire, les leviers sur lesquels on peut appuyer vont être différents en fonction de la personne et de sa situation de vie. Par exemple, on peut mettre en avant les différentes choses mises en place en termes de mobilité. Ça fait 15 ans que je travaille dans les ressources humaines et je constate un tournant très fort ces dernières années. Mais c’est un tournant challengeant ! »

Pour le métier en pénurie de technologue en imagerie médicale, Isabelle Gonçalves se dit qu’il serait bien de réaliser un travail avec les écoles, y compris les écoles secondaires, pour expliquer ce métier peu connu. « Quand on sait que l’année passée, il n’y a que 8 élèves qui sont sortis de cette filière dans certaines écoles. On pourrait se rendre dans les classes de 5e et 6e secondaires pour présenter les études et les débouchés. On a tendance à penser hautes écoles et études supérieures, mais certains métiers nécessitent peut-être d’aller vers les écoles avant le supérieur. »

La Province de Hainaut propose des formations menant aux métiers de la santé, depuis le secondaire au supérieur, en passant par l’enseignement de promotion sociale. Parmi les 30 établissements d’enseignement secondaire provinciaux, 7 proposent des formations dans le domaine des soins aux personnes. L’Institut provincial paramédical de Tournai, par exemple, propose des formations aux métiers en pénurie, dans les 2e, 3e et 4e degrés de l’enseignement professionnel. Du côté de l’enseignement de promotion sociale, la Province forme des secrétaires médicales et des assistant.e.s logistiques en milieu hospitalier. Elle permet aussi aux aides-soignant.es d’acquérir les connaissances nécessaires à l’élargissement de leur fonction à celles d’infirmières déléguées. Mais la crise Covid a mis en lumière la pénibilité du travail dans les métiers de soins et le passage des études d’infirmiers et infirmières de 3 à 4 ans n’encourage pas les jeunes à s’inscrire. À Charleroi, l’Institut provincial Lise Thiry propose essentiellement des formations dans les domaines pédagogique et paramédical. Alors que les autres années, l’institut enregistrait une trentaine d’inscriptions pour la seule section des infirmiers, cette année, seules 11 personnes se sont inscrites…

Isabelle G

Isabelle Gonçalves, responsable développement humain du groupe Jolimont.