Technologie : Agoria ambitionne de créer et pourvoir 16 emplois par jour ouvrable d’ici 2030

Rédigé par: Pauline Martial
Date de publication: 11 oct. 2021
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Agoria

Un total de 40.000 emplois supplémentaires en dix ans, c’est la promesse que s’engage à tenir la fédération technologique. Elle a dressé son état des lieux semestriel cette semaine.

La crise du coronavirus semble déjà être un lointain souvenir pour le secteur de la technologie. Les employeurs reprennent confiance et se montrent optimistes à l’idée de réinvestir dans l’avenir. Et pour cause, leur secteur enregistre des chiffres records à bien des égards.

Sur le plan financier, d’abord. Puisque, selon Agoria, la technologie engrangera un chiffre d’affaires de 137 milliards d’euros en 2021, soit 5 milliards de plus qu’en 2019, avant le début de la crise sanitaire.

En matière d’emploi, ensuite. Fin mars 2021, les 15.359 employeurs que compte le secteur de la technologie employaient pas moins de 314.398 personnes. « Ce sont 1.500 de plus qu’au début de la crise du coronavirus », souligne Dominique Demonté, directeur Context d’Agoria. « Jamais, en dix ans, il n’y avait eu autant de personnes travaillant dans le secteur de la technologie. Les trois cinquièmes travaillent dans l’industrie manufacturière, le reste est actif dans le secteur des services, en particulier des solutions IT, sous-secteur que l’on sait en pleine croissance. »

« On aurait pu encore mieux faire »

Si ces chiffres auraient de quoi faire verdir de jalousie d’autres secteurs, ils n’en revêtissent pas moins un caractère frustrant aux yeux d’Agoria. « Les carnets de commandes de nos membres sont pleins, on sait donc qu’on aurait pu encore mieux faire. Nous aurions pu créer beaucoup plus d’emploi et de croissance si des freins n’entravaient pas notre niveau d’activité », estime Dominique Demonté.

Première entrave, et non des moindres : le problème d’approvisionnement en puces, acier, métaux non ferreux, bois et autres produits logistiques, auquel vient s’ajouter la hausse des prix de l’acier, de l’aluminium du cuivre et de l’énergie. Selon la fédération, les fermetures dues à ces problèmes d’approvisionnement ont d’ailleurs entraîné une perte de chiffre d’affaires de 1 milliard d’euros.

Deuxième frein majeur : l’explosion du nombre de postes vacants dans le secteur. « Notre taux d’emploi n’a jamais été aussi élevé. Mais à côté de cela, le nombre de postes vacants atteint, lui aussi, un niveau record de 15.860 », pointe Dominique Demonté, « A titre d’exemple, rien que depuis le début de la pandémie, 3.750 postes vacants se sont ajoutés. Alors, à quoi bon ouvrir des postes si ceux-ci ne trouvent pas preneurs auprès d’un personnel qualifié disponible ? »

D’autant que, selon Agoria, ce boom de la vacance de l’emploi représente une perte de chiffre d’affaires de 1,5 milliard d’euros pour le secteur. Pour la fédération technologique, la solution se trouverait dans ce qu’elle identifie comme « la troisième voie », à savoir l’activation des personnes présentes sur le marché du travail. « Actuellement, le taux d’inactivité dans notre pays est de 26 %, ce qui nous positionne dans le top européen non enviable », affirme Dominique Demonté, « Mais cela signifie surtout que dans la tranche d’âge de 20 à 64 ans, une personne sur quatre, soit 1,6 million de personnes, ne travaille officiellement pas et ne cherche pas non plus un travail. L’idéal serait de ramener ce taux d’inactivité à 18 %. Notre centre d’étude a également calculé qu’une baisse de 1 % du taux d’inactivité pourrait réduire le déficit public annuel de 2 milliards d’euros. Une donnée non négligeable pour les budgets de nos gouvernements. »

Un engagement ambitieux en faveur de l’emploi

A quelques jours du « state of the Union » du Premier ministre, Agoria, en sa qualité de première fédération sectorielle de Belgique, compte bien montrer l’exemple et propose aux différents gouvernements de notre pays son « new deal ». Elle s’engage ainsi à créer et, surtout, pourvoir 16 emplois supplémentaires par jour ouvrable entre le début de 2020 et la fin de 2030. En tout, on parle donc de 40.000 emplois supplémentaires, qui viennent s’ajouter aux remplacements des personnes qui changent de travail ou partent à la retraite.

Un engagement ambitieux ? « Certes, mais une ambition nécessaire si on veut remplir nos objectifs et qu’on veut atteindre un taux d’emploi de 80 % d’ici 2030, souhait formulé par nos différents gouvernements », considère Dominique Demonté.

Pour l’heure, Agoria se montre confiante quant à la réussite de cet engagement, conditionnée cependant au fait que le secteur puisse maintenir ou renforcer sa position concurrentielle et que le marché du travail permette une mobilité vers le haut suffisante, grâce à la formation continue de tous les travailleurs.