Thérapeute de loisirs, un métier en vogue outre-Atlantique

Vous aimez jouer ? Depuis toujours, vous cultivez un esprit espiègle et maîtrisez l’art du divertissement… Ce métier est fait pour vous : ludothérapeute ou thérapeute certifié de loisirs, un métier en vogue outre-Atlantique. Mais attention, il ne s’agit pas de jouer n’importe comment, avec n’importe qui, dans un but purement récréatif. Pour nos amis américains, la ludothérapie est un métier en soi, qui requiert une formation poussée et des qualifications spécifiques. Explications.

Une invention suédoise

La ludothérapie puise ses sources en Suède, où elle fut imaginée dans les années 1960 par la pédopsychiatre Ivonny Lindquist. Elle avait alors pour objectif principal de mettre à la disposition des enfants hospitalisés des jouets nécessaires à leur développement et à leur santé psychique. La thérapie par le jeu s’érigea ensuite en discipline, pour englober tout type de patients. On vit ainsi des ludothérapeutes se spécialiser dans le traitement des personnes plus âgées, afin d’entretenir leur vitalité physique et psychique et de diagnostiquer précocement des maladies liées au vieillissement, comme l’Alzeihmer ou le Parkinson. La pratique s’exporta en Amérique du Nord, où l’on fonda des associations afin de codifier et d’uniformiser ce qui était amené à devenir une discipline médicale à part entière. Ainsi naquit l’American Therapeutic Recreation Association (ATRA), qui compte aujourd’hui plus de 2000 membres.

Les avantages

L’ATRA explique les avantages de la ludothérapie :

  • La ludothérapie est un moyen efficace d’améliorer le fonctionnement physique, cognitif, social et émotionnel
  • Elle permet de développer les qualités nécessaires à l’indépendance fonctionnelle dans le cadre de la vie en communauté et de promouvoir une meilleure qualité de vie pour les individus et leur famille
  • Elle offre aux individus souffrant de handicaps des mécanismes palliant le déclin du fonctionnement physique, cognitif et psychosocial et leur permet par conséquent de réduire leurs besoins en matière de soins de santé

Vous l’aurez compris, la ludothérapie n’est pas un jeu d’enfants. Au États-Unis, comme au Canada, elle est enseignée à l’université et requiert quatre années d’études, au cours desquelles le futur thérapeute se familiarise avec l’anatomie humaine, la physiologie, la conception de l’intervention, la psychologie marginale, la terminologie médicale et psychiatrique, les caractéristiques des troubles et l’éthique de la vie professionnelle. Les études débouchent sur un stage de 480 heures en milieu hospitalier. Pour autant, les jeux ne sont pas faits une fois le diplôme en poche. Le ludothérapeute doit en effet posséder une panoplie de qualités spécifiques.

Des qualités spécifiques

Ainsi, aux yeux de la Canadian Therapeutic Recreation Association (CTRA), le ludothérapeute doit avoir :

  • le sens de l'organisation
  • une aisance de communication
  • la capacité d’analyse et un bon jugement
  • l’esprit d’initiative et d’autonomie
  • le sens de l’observation et de la vigilance
  • la capacité de travailler en équipe
  • une facilité d’adaptation

Un jeu qui vaut la chandelle

Mais si le ludothérapeute joue le jeu, les perspectives qui s’offrent à lui valent la chandelle : la CTRA assure que 90% des jeunes diplômés en ludothérapie trouvent un emploi dans ce domaine au cours des six premiers mois et peuvent compter sur un salaire attractif.
Vous sentez que vous pourriez vous prendre au jeu ? En attendant que cette discipline se développe sur le Vieux continent (qui est encore quelque peu vieux jeu en la matière), il faudra faire un petit détour outre-Atlantique pour, pourquoi pas, vous imposer comme précurseur à votre retour !

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