Travailler à l’étranger : Jeroen Gheysens est Deputy Regional Manager au Brésil pour le groupe de dragage DEME

Jeroen Gheysens
Âge :
33 ans
Lieu de résidence : Rio de Janeiro, Brésil
Fonction : Deputy Regional Manager pour le Cono Sur
Entreprise : Groupe DEME
Formation : ingénieur civil en mécanique
En service depuis : août 2002, fonction actuelle depuis janvier 2013

À 33 ans à peine, Jeroen Gheysens, originaire de Wielsbeke, a déjà un parcours international pour le moins impressionnant. En tant que Deputy Regional Manager pour le groupe de dragage DEME, il recherche de nouveaux projets à prendre en charge dans le Cône Sud de l’Amérique latine – appelé le ‘Cono Sur’. Et il y a beaucoup d’argent en jeu : les ‘petits’ projets avoisinent les 10 millions d’euros, et les projets de 100 à 200 millions d’euros sont loin d’être rares. Nous avons demandé à Jeroen ce qui lui plaît dans le monde du dragage, à quoi ressemble précisément son travail et comment il a réussi à faire aussi rapidement carrière.

Jeroen Gheysens : J’ai pu démarrer au sein de cette entreprise immédiatement après mes études. Des journées d’entreprise sont organisées en dernière année à la KULeuven et DEME s’y était présentée. J’étais très intéressé et j’avais déjà mon contrat en poche avant même de passer mon dernier examen. J’ai alors commencé en tant qu’‘ingénieur de projet’, fonction qui consiste à soutenir des projets en cours. J’ai dû aller visiter des chantiers à l’étranger dès le début. J’ai ainsi suivi entre autres des projets au Royaume-Uni, en France, au Nigeria et au Mexique, mais c’est au Brésil que j’ai passé la plupart de mon temps."

Comment avez-vous évolué jusqu’à la fonction que vous occupez à présent ?

"En acquérant de l’expérience en tant qu’ingénieur de projet, on apprend comment les choses se déroulent sur les chantiers et on peut alors être promu Works Manager, puis Project Manager. Chez DEME, il est possible d’obtenir très rapidement de grandes responsabilités. J’ai moi-même été ingénieur de projet pendant environ cinq ans, après quoi j’ai évolué. Lorsque j’étais Project Manager au Brésil, une opportunité s’est présentée à moi. Mon chef de l’époque a quitté l’entreprise et j’ai pu prendre sa place comme Resident Manager. Je suis resté à ce poste jusqu’en décembre 2012 et depuis le début de cette année, j’ai encore un certain nombre de pays supplémentaires sous ma responsabilité : l’Uruguay, l’Argentine, le Chili et le Pérou. Je travaille en étroite collaboration avec l’Area Manager de ce secteur. Nous nous partageons le travail d’acquisition et de suivi de projets."

Combien de personnes dirigez-vous ?

"Cela varie énormément. Notre bureau au Brésil occupe une équipe de douze personnes, mais lorsque de nouveaux projets viennent s’ajouter, une équipe de projet complète est formée et elle passe également sous ma responsabilité. La taille de ces équipes peut atteindre plusieurs dizaines de personnes."

En quoi consiste précisément votre fonction actuelle ?

"À beaucoup travailler en réseau et chercher de nouvelles opportunités dans la région, mais aussi à constituer des dossiers d’appel d’offres et en effectuer le suivi. Et naturellement, lorsqu’un projet nous est attribué, le démarrer et le suivre. Les Project Managers me font des rapports, mais je vais moi-même visiter les chantiers au moins une fois par mois. Et comme les projets ne se déroulent jamais entièrement comme prévu, je dois aussi souvent aider à trouver des solutions aux problèmes qui se présentent."

Quels projets sont actuellement en cours ?

"En Amérique du Sud, nous sommes pour le moment actifs entre autres au Brésil, au Mexique, au Panama, en Colombie et au Venezuela. Nous attendons encore beaucoup de travail au Brésil, mais nous ne savons pour l’instant pas exactement quand ces projets apparaîtront sur le marché."

Quelles sont les compétences requises pour faire votre métier ?

"Il faut savoir comment se comporter avec les gens et les diriger. Une connaissance technique du dragage est en outre très importante. Ce n’est toutefois pas quelque chose que l’on apprend à l’université, mais plutôt sur le tas, au sein de l’entreprise. Connaître les langues est également essentiel. Dans mes premières fonctions, je pouvais m’en tirer avec l’anglais, mais on ne peut rien faire au Brésil sans une solide connaissance du portugais. Enfin, il faut aussi savoir lire les contrats et connaître la manière dont ils sont rédigés."

Qu’est-ce qui vous plaît particulièrement dans ce métier et chez votre employeur ?

"La liberté, et le fait qu’une carrière internationale comme celle-ci représente également une grande aventure. Bien sûr, en tant qu’expatrié, je suis aussi très bien payé et dorloté par DEME."

Y a-t-il également des inconvénients ?

"Votre vie sociale s’en ressent évidemment. Entretenir les liens avec mon cercle d’amis en Belgique demande un effort supplémentaire car je suis à l’étranger environ dix mois par an. Mais les nombreux réseaux sociaux facilitent nettement la communication."

Des études d’ingénieur sont-elle la meilleure préparation à un métier dans le monde du dragage ?

"Des études d’ingénieur sont évidemment une bonne base. La spécialisation n’est pas importante en soi, car les connaissances sur le dragage ne s’acquièrent pas à l’école. L’entreprise organise même un programme de cours complet sur le dragage, étalé sur plusieurs années. Outre les ingénieurs, DEME est aussi constamment à la recherche de profils financiers."

Qu’est-ce qui rend le secteur du dragage intéressant à vos yeux ?

"Il est unique. Les travaux de dragage appartiennent au secteur de la construction civile, mais ils représentent une branche à part. La plupart des gens pensent probablement que le dragage s’articule autour de vieilles technologies, mais ce n’est absolument pas le cas. Nos bateaux sont équipés avec une technologie de pointe et DEME innove continuellement. Il s’agit pour moi d’un monde fascinant et je trouve intéressant de pouvoir travailler pour une telle entreprise."

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