Un quart des Belges travaillent pendant leurs congés

En moyenne, les cadres reçoivent 85 mails par jour. Ils seraient frappés d’« infobésité », qui serait une pathologie de « surcharge informationnelle ».

 

Noyés par les mails (qui sont tous munis du petit point d’exclamation indiquant leur importance primordiale), ils ne savent plus auxquels accorder priorité et se retrouvent à interrompre leur travail toutes les cinq minutes pour répondre aux diverses requêtes qui leur sont adressées. Finalement, ils deviennent des versions améliorées des chiens de Pavlov : la bave leur apparaît à la commissure des lèvres avant même que la cloche ne retentisse !

Des e-mail addicts

Vous connaissez le syndrome : vous aussi, vous actualisez régulièrement votre page mail pour vérifier si vous n’en avez pas reçu de nouveaux. Vous anticipez votre situation de sursollicitation. Via votre smartphone, vous répondez encore en vitesse à quelques mails sur le chemin du retour, ou même à la maison, le soir après le boulot ou le week-end. Vous avez l’impression d’être un véritable « addict » : c’est plus fort que vous, vous ne pouvez pas vous empêcher de « rester à jour » pour votre boulot. Vous n’êtes pas le/la seule…

Un quart des vacanciers travaillent

La société Regus vient de publier une étude menée par l’organisme indépendant Mindmetre sur 26 000 cadres supérieurs et chefs d’entreprise à travers le monde. Ceux-ci ont été interrogés en ligne en janvier 2013 à propos de leurs occupations pendant leurs congés. Près d’un quart (24%) d’entre eux continuent de travailler en vacances.

En Belgique, 27% des employés masculins ne changent pratiquement rien à leur rythme de travail pendant leurs congés. C’est aussi le cas pour 19% des femmes, qui restent scotchées à leur boulot via leur smartphone ou autres tablettes, qu’elles emportent volontiers au bord de la piscine ou en terrasse de café. Ce chiffre monte en flèche dans les autres pays : 42% des hommes et 34% des femmes continuent de travailler « normalement » pendant leurs vacances. C’est le Japon qui décroche la palme d’or des workaholics : près de 70% des employés de bureau continuent à travailler pendant leurs vacances.

La menace du burn-out

Attention au burn-out. L’on se croit souvent à l’abri de ce fléau qui est pourtant un phénomène « banal » dans trois entreprises sur dix. Pour échapper à cette maladie qui vous tombe dessus sans crier gare, il est essentiel de préserver un équilibre entre votre vie privée et votre vie professionnelle. Exercice qui peut s’avérer périlleux, comme en témoignent les chiffres révélés par le « baromètre du stress » publié en février 2012 par la CFE-CGC, le premier syndicat français des cadres et de l'encadrement.

Quelques chiffres édifiants

  •  89% des personnes interrogées estiment devoir travailler trop vite
  • 47% pensent que les objectifs individuels fixés par la direction sont irréalistes
  • 58% regrettent que leurs efforts ne sont pas reconnus à leur juste valeur
  • 33% trouvent leur travail très stressant
  • 73% jugent que la cause de leur stress est le fait d’être fréquemment interrompus dans leur travail
  • Pour 85% des employés sondés, les smartphones et autres outils de communication électroniques exigent des temps de réponse toujours plus courts
  • 83% d’employés possédant un smartphone/une tablette voient le volume d’informations à traiter augmenter, ce qui est également vrai en dehors des horaires et du lieu de travail pour 75% d’entre eux

Même constat pour l’IFOP

En avril 2012, l’IFOP a également mené une enquête sur l’équilibre entre le travail et la vie privée de 1001 cadres français. Les chiffres de cette étude sont tout aussi parlants :

  •  40% des cadres estiment que l’équilibre entre ces deux valeurs s’est détérioré au cours des cinq dernières années (il n’a pas changé pour 37% des personnes interrogées)
  • 75% des cadres français travaillent le soir, après avoir quitté le bureau
  • 64% travaillent le samedi et 49% les jours fériés et pendant les vacances
  • 67% pensent que les smartphones ou tablettes professionnelles permettent de travailler plus sans rémunération
  • Pour 58% des personnes sondées, les smartphones constituent une entrave à la vie privée

Avouons que ces résultats ne sont pas des plus réjouissants. À bien des égards, le smartphone, souvent intégré dans le « pack de bienvenue » des entreprises peut ainsi paraître comme un cadeau empoissonné. Aux États-Unis, certains ont déjà introduit des plaintes, exigeant le paiement des heures supplémentaires liées à l’utilisation des smartphones. À méditer…

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